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Procès Johaug, jour 1 : « c’est totalement absurde »

JUSTICE – Therese Johaug, fondeuse norvégienne contrôlée positive au clostébol, s’est présentée devant les juges.

 

 

Aujourd’hui s’ouvrait le tant attendu procès de l’affaire Johaug. Pour rappel, la fondeuse a été contrôlée positive au clostébol, un anabolisant, le 16 septembre dernier. Le test montrait une dose de 13 nanogrammes par millilitre. L’avocat de l’agence antidopage norvégienne et la chef du laboratoire d’analyse du dopage norvégien sont unanimes : cette dose est si minime qu’elle ne pouvait avoir aucun effet sur les performances de Therese Johaug. 

En tout cas, elle correspond bien à l’utilisation de la crème et non l’ingestion ou injection du produit directement dans son corps. 

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Reste à définir le degré de culpabilité de l’athlète. Tout comme l’avait déclaré la joueuse de tennis Maria Sharapova, la fondeuse a clamé que son utilisation de la crème Trofodermin n’était pas intentionnelle (pour rappel, la peine de Sharapova a été réduite de 24 à 15 mois car elle n’a pas été jugée entièrement coupable de ses actes). 

Mais un détail affaiblit sa défense : comment a-t-elle pu ignorer le logo sur la boîte indiquant que celle-ci contenait un produit dopant ? « Elle avait déjà demandé deux fois à Fredrik Bendiksen (alors médecin de l’équipe nationale) si il n’y avait aucun risque, c’était suffisant pour elle », a expliqué l’avocat de l’accusée, Christian Hjort. S’il admet que le logo était clair, il tient pourtant à préciser qu’il n’était inscrit qu’au dos de la boîte et qu’il était donc tout à fait plausible que Therese Johaug ne l’ait pas remarqué.  

 

Le médecin sur la sellette

Bien évidemment, le camp de la fondeuse rejette de nouveau la faute sur le médecin. Il a d’ailleurs été démontré que c’est bien lui qui a acheté un stock de crème Trofodermin en Italie (des tickets de caisse ont été retrouvés). De plus, la Norvégienne était dans l’obligation de suivre ses prescriptions, comme mentionné dans son contrat paragraphe 5.2.1i : « l’athlète doit se conformer à l’avis et aux conseils fournis par le médecin ou le personnel médical de la fédération nationale de ski norvégienne (NSF). »

Pour l’agence anti-dopage norvégienne, cet argument reste tout de même insuffisant. Pour elle, l’athlète aurait dû être capable de vérifier par elle-même les médicaments qu’elle utilise. Sauf  que Therese Johaug n’a jamais suivi le cours proposé aux athlètes sur la lutte antidopage et le rôle que doivent jouer les athlètes. « Je ne savais même pas que ce cours existait avant de recevoir la lettre de la fédération après que mon test ait été déclaré positif », se justifie Johaug. Et son cas n’est pas isolé : d’autres athlètes de haut niveau n’ont jamais participé à cette formation.  

Au cours de l’audience, Therese Johaug a bien entendu été autorisée à prendre la parole. « c’est totalement absurde que je sois ici, je devrais être sur les compétitions. » Et d’ajouter : « J’ai attrapé une insolation et un coup de soleil sur les lèvres. Dès que je mangeais ou buvais, la plaie s’ouvrait de nouveau. Quand le médecin m’a donné la crème, je lui ai demandé deux fois si elle était autorisée, la notice était en italien, alors je lui ai fait confiance. »

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J’ai même perdu la joie d’être sur les skis.

 

La fondeuse a alors fondu alors en larmes. « Ma vie a été bouleversée, je perds ma famille, l’équipe de fond, la participation à des compétitions pour lesquelles je m’entraîne chaque jour. J’ai même perdu la joie d’être sur les skis, alors que c’était la chose la plus importante pour moi. Je suis terrifiée à l’idée de ne pas aller aux mondiaux, alors que c’était mon plus gros objectif et je perds peut-être aussi la chance de pouvoir me qualifier pour les Jeux Olympiques avant Noël prochain, a raconté Johaug. Si je prends 12 mois, je pourrais participer aux compétitions de novembre, mais si je prends 14 mois, je n’aurais plus qu’un mois pour me qualifier pour les Jeux. »

Il serait donc bien trop dangereux pour elle de faire appel une fois le verdict rendu. En effet, si la fondeuse écope de 14 mois de suspension et demande à ce que sa peine soit revue par le tribunal des sports, elle s’exposerait au risque d’un verdict plus dur et une suspension plus longue. Elle risquerait même une peine de 4 ans et dirait alors adieu aux JO 2018. 

Quant à la FIS et l’AMA (Agence Mondiale Antidopage), les deux instances ont assurées qu’elles feraient appel si la peine était jugée trop légère. 

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L’agence d’antidopage norvégienne, elle, a rappelé lors de cette première journée qu’elle demandait une peine de 14 mois, jugeant Therese Johaug responsable de ses actes mais non-coupable d’avoir voulu se doper. 

Photo : capture d’écran NRK

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