Q. Fillon-Maillet : « Je me surprends moi-même »

Le Jurassien Quentin Fillon-Maillet a signé son premier podium sur la mass-start de Ruhpolding. Au lendemain de son exploit, le jeune biathlète raconte sa course parfaite ; « j’avais des jambes de feu », dit-il. Fier et ravi de sa performance, il revient aussi sur sa constante progression depuis le début de la saison.

 

Quentin Filllon-Maillet, avez-vous réalisé l’exploit signé ce dimanche avec votre deuxième place de la mass-start de Ruhpolding ?
Je m’en rends mieux compte maintenant avec tous les messages que j’ai reçus hier soir et ce matin. J’ai eu plein d’images dans la tête cette nuit. Sur le coup, j’ai eu du mal à comprendre que j’avais fait un podium en coupe du monde.

 

Ce n’est pas votre première “course parfaite à 20/20” puisque déjà à Hochfilzen, vous aviez signé une magnifique remontée lors de la poursuite (parti 45e, il termine 15e). Restait à reproduire ce schéma sur une mass-start !
C’est clair que ce genre de course parfaite paye sur une course en mass-start ou sur un individuel. Tous les ingrédients étaient réunis ce dimanche. Mais en effet, je pense que je peux comparer ces deux résultats car j’ai abordé ces deux courses sans me prendre la tête : d’abord mettre les balles et skier correctement avant de penser à la suite. La différence c’est surtout ce dernier tour de la mass-start où je passe à rien de la victoire. Mais je suis très fier de cette deuxième place.

 

Quentin Fillon Maillet félicité par le staff tricolore.

Quentin Fillon Maillet félicité par le staff tricolore.

A quel moment avez-vous commencé à penser au podium ?
A la sortie du dernier tir seulement ! Avant, j’étais concentré sur mon tir. En sortant 2e, j’y voyais une possibilité de podium mais ça me paraissait difficile car il y avait des cadors derrière moi ! Finalement, Schempp, après 500 m en tête, a levé le pied et m’a laissé passer. Je ne voulais pas voir les autres rentrer. Personne n’a ensuite pris de relais. J’ai vu que ça allait bien alors je suis resté devant. Il fallait être à cette position pour gérer au mieux les virages avant le stade d’arrivée et choisir ses trajectoires. A ce moment là, je me suis rendu compte que je pouvais signer le podium. J’ai tout donné jusqu’à la ligne d’arrivée et même si la victoire n’est pas au bout, je suis très content.

 

Je savais que ce n’était pas un avantage de tirer le groupe

 

Sur ce dernier tour justement, ce fut un coup de folie de mener pareille cadence ou vous sentiez-vous vraiment fort ?
Je savais que ce n’était pas un avantage de tirer le groupe mais à un moment donné je préférais faire 5e en perdant au sprint que de laisser rentrer Shipulin, Johannes Boe et d’autres pour faire 20e ! J’ai bien compris qu’il ne fallait pas traîner sur la piste.

Fillon-Maillet : "Tous les ingrédients étaient réunis ce dimanche"

Fillon-Maillet : “Tous les ingrédients étaient réunis ce dimanche”

Vous laissez derrière vous Svendsen, Bjoerndalen ou Shipulin sur cette course. Avez-vous le sentiment de passer un cap et de lever des barrières grâce à ce genre de bagarre au plus haut niveau ?
Oui ça m’a fait du bien mentalement pour la suite. Je vois les choses différemment car je me sens désormais capable de faire un podium. On a fêté ça tous ensemble en prenant un verre lors d’une soirée organisée à Ruhpolding, mais ça reste gentil car on a une semaine de coupe du monde qui commence à Anterselva !

 

Stéphane Bouthiaux me disait que je pouvais faire un podium mais je ne l’avais pas cru

 

La prochaine mass-start est prévue du côté de Kontiolathi pour les mondiaux. De quoi rêver un peu ?
J’essaye de donner le meilleur de moi-même sur chaque épreuve. La mass-start est une course très difficile, qui plus est à Ruhpolding. Aussi, c’est un rêve d’y signer une 2e place. Si j’avais imaginé un podium, ça aurait été sur une poursuite ou sur un sprint, mais sans doute pas sur une mass-start. Je suis quelqu’un de fort en ski mais plutôt diesel que sprinteur. J’aime gérer mon effort tout au long et accélérer sur le dernier tour. Hier, j’avais des jambes de feu.

 

Finalement, compte-tenu de votre début de saison avec des top 15 puis top 10, ce podium est une suite logique même si rien n’est jamais gagné d’avance en biathlon. Alors à quand la première victoire ?
Suite logique, je ne sais pas ! Depuis l’an passé au Grand-Bornand jusqu’à aujourd’hui, j’ai conscience d’avoir évolué. Ça reste un sport difficile où il faut beaucoup d’ingrédients pour réussir. Ce sera un gros défi de reconduire une course comme celle d’hier. Je revois aussi mes objectifs à la hausse à savoir un nouveau podium ou une victoire pourquoi pas ! Je peux aussi viser le top 20 au général voire mieux. Je ne suis pas quelqu’un qui me fixe des objectifs impossibles. En visant des choses réalisables et donc plus faciles à atteindre, ça me permet d’avancer plus vite dans la saison comme dans ma carrière. Stef Bouthiaux (l’entraîneur des bleus, NDLR) me disait que j’étais capable de faire un podium mais je ne l’avais pas cru.

Solide sur la piste, le Jurassien a signé un dernier tour d'anthologie.

Solide sur la piste, le Jurassien a signé un dernier tour d’anthologie.

Sans oublier votre podium collectif avec le relais à Oberhof que vous avez terminé en dernier relayeur en lieu et place de Martin Fourcade ?
Les choses vont assez vite en fait ! Il y a deux ans, le but était d’attraper une sélection en coupe du monde. Maintenant, je vais chercher des supers courses ou un podium comme dimanche. Je me surprends moi-même. Je ne voyais pas faire de genre de résultats dès cet hiver. J’ai bien travaillé cet été et je suis ravi que ça paye aussi bien même si une course est toujours plus difficile qu’un entraînement. C’est le jour J où il faut être présent !

 

Vous serez cette semaine à Antersleva sur un site qui vous a réussi par le passé
Oui, on est déjà sur place depuis ce matin. L’an passé, j’y avais signé ma meilleure performance de l’année (14e de la poursuite, NDLR). C’est un site magnifique avec beaucoup de spectateurs, un endroit que j’affectionne. Ça me motive pour la suite. J’ai hâte d’être sur la ligne de départ.


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1 Comment

  1. durand

    19/01/2015 à 18 h 18 min

    Tu feras bientot parti des meilleurs, quentin

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