Ragnar Bragvin Andresen… dans La Maille du filet

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CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : Ragnar Bragvin Andresen.

 

 

Mais qu’a-t-on dans la tête quand on est un spécialiste du ski-roues ? Et d’autant plus norvégien ? Quand on voit que ma prise du jour travaille en Chine sans avoir son téléphone sur écoute, et à une personnalité française favorite très surprenante… on veut vite comprendre pourquoi Ragnar Bragvin Andresen, récent champion du monde de ski-roues cet été, préfère son sport au ski ! Et accessoirement, quelle est l’image qu’il a des skieurs célèbres de son pays.

 

 

  • Vivre à Oslo quand on est skieur, il y a quoi de mieux ? 

C’est dur comme question. Je pourrais être dans un endroit où il y a plus de routes de campagne. Je connais deux vallées, Sørkedalen et Maridalen, se sont des coins fantastiques pour le ski-roues, mais pas encore tout à fait autant diversifié que la dans la région où j’ai grandit. Østfold c’est le paradis pour le ski-roues, mais il n’y a presque pas de neige.

 

  • Si je te dis qu’en France très peu de gens connaissent le ski-roues, cela te surprend ?

Malheureusement non… Mais si on me l’avait dit quand j’avais 15 ans, j’aurais été surpris !  J’ai entendu dire que les Parisiens ne savent même pas ce qu’est le biathlon… et ça dans un pays avec de nombreux champions depuis des décennies !

 

  • Quelle est la première remarque qu’on te fait quand tu dis que tu es rollerskier ? 

La première chose est toujours de savoir comment on freine ! (rires) Et que ça à l’air d’être un sport « fun ». La semaine dernière encore, j’ai fait une initiation de ski-roues dans une banque à Oslo. Six personnes du groupe n’avaient jamais fait de ski-roues, et la seule question qu’ils m’ont posée avant de commencer a été : « pouvez-vous nous montrer comment on s’arrête ? » (rires) ! Après cinq minutes, ils ont tous dit que c’était plus facile que ce qu’ils pensaient.

 

  • Si tu devais donner aux gens une seule raison pour les convaincre que le ski-roues c’est mieux que le ski de fond ?

Les températures estivales et la sensation de « power » ! (rires) Le retour sous les skis que tu as sur la route est juste génial ! C’est plus « brutal », ça renvoie ! C’est une sensation parfaite ! La neige c’est cool, surtout quand c’est bien damée, mais quand tu veux vraiment accélérer et pousser comme une brute… il n’y a rien de mieux que le ski-roues ! Je m’éclate à chaque fois que je suis sur les roulettes ! (ndlm : sans jeu de mot)

 

  • Tu préfères plutôt être un inconnu au palmarès énorme ou une célébrité reconnue pour être toujours deuxième ?

Haha (rires) ! Celle-là n’est pas facile ! J’adore gagner, et rien ne remplace cette sensation de sprinter côte à côte avec un adversaire et le battre de quelques centimètres sur la ligne ! Donc je préfèrerais être un vainqueur inconnu !

Mais… si tu es complètement inconnu, tu n’as pas l’opportunité d’inspirer les jeunes et les gamins pour qu’ils aient envie de faire ton sport. Donc dans ce sens c’est dommage.

 

  • Tu travailles depuis plus d’un an au développement du ski-roues en Chine. Une seule question… pourquoi ?

Travailler avec la Chine c’est tout simplement très excitant. Développer le sport que j’aime pour des personnes qui n’ont jamais été de près ou de loin en relation avec le ski, c’est un gros challenge et une superbe opportunité ! La meilleure chose dans tout ça c’est de voir des gamins sourire en faisant du ski, et la plupart adorent. Il est clair que pour moi il n’y a pas de limites géographiques pour le ski. On peut skier de partout, il suffit d’apporter des skis-roues à tout le monde et le ski devient un sport international. Le ski-roue est la clé pour faire émerger le ski partout dans le monde !

  

  • Est-ce que ton téléphone est sur écoute ?

Haha (rires) ! Ils ont des caméras de sécurité partout dans le pays ! Je pense qu’il y en a tous les 20 mètres dans toutes les villes ! Donc ils n’ont pas besoin de mettre mon téléphone sur écoute pour savoir ce que je fais ! (rires)

 

  • Quelle est la pire des choses en Chine. Les gens, la nourriture ou la liberté d’expression ?

Des fois la nourriture est tellement épicée que j’ai l’impression que ma tête est entièrement en train de brûler ! (rires)

 

  • C’est quoi le cliché du Norvégien d’un point de vue chinois ?

On est grand et on mange des trucs sans goûts ! Ils pensent que notre bouffe est sans goût (rires) !… bien sûr quand on mange épicé…

 

  • Il est comment Ole Einar Bjoerndalen d’un point de vue norvégien ? 

Bjoerndalen est une légende vivante. À l’âge de 4 ans, il a eu sa propre statue dans son village natal. Je pense que tous les Norvégiens sont impressionnés de tout ce qu’il a accompli dans sa carrière sportive.

 

  • Et Heidi Weng ?

On a un comédien, Nicolay Ramm, qui a fait des sketchs sur toutes les situations stupides dans lesquelles elle s’est retrouvée. Donc je pense que les gens la trouve plutôt drôle… et maladroite (rires) !

 

  • Ta personnalité française préférée ? 

C’est évidemment Clément Mailler. C’est une légende ! Quelqu’un de vraiment incroyable ! Mais à part lui, je dirais Claude Monet. J’ai été fasciné par cet artiste pour la première fois quand j’avais 5 ans. J’ai toujours son œuvre accrochée depuis l’âge où j’avais envie d’apprendre à peindre comme lui. «  Le bassin aux nymphéas » était ma peinture favorite.

  • Et enfin, tu penses à quoi là tout de suite ?

Guérir de mon rhume pour pouvoir me préparer correctement pour les championnats du monde de ski-roues cet été !

 

Photo : Instagram Ragnar Bragvin Andresen

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