Raphaël Poirée : « ma méthode d’entraînement avec les Biélorusses »

Enfin, des nouvelles de Raphaël Poirée. Le nouveau coach de l’équipe de Biélorussie vient d’accorder une interview à Biathlon World (traduite par nos confrères de www.lebiathlon.fr.)

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Dans un premier temps, le biathlète aux huit titres de champion du monde raconte comment son nouveau job est arrivé jusqu’à lui. On avait laissé l’homme aux 103 podiums occupé à la construction d’un hôtel en Norvège (il était auparavant entraîneur de l’équipe nationale B, puis de l’équipe nationale junior féminine de Norvège) : « Un de mes meilleurs amis est un technicien de fartage français ; il travaille pour l’équipe biélorusse. Il m’a parlé de cette opportunité et j’ai dit : “pourquoi pas ?”. J’ai été invité pendant trois jours à Minsk, pour en parler avec plusieurs personnes et voir tout ce qui m’attendait. C’était très intéressant. » Notamment Anatoly Stromsky, Yuri Albers et Oleg Abyzov.

Après le feu vert de son épouse, le Drômois accepte la proposition. Il signe en mai dernier à Minsk un contrat de deux ans avec la fédération biélorusse. 

Or, le chantier est immense. Sergey Novikov, leader de l’équipe masculine, était classé seulement à la 51e place du général de la coupe du monde. « Le plus gros défi ? Il y a tellement de choses à changer avec cette équipe. Les Biélorusses s’entraînaient un peu comme les Russes il y a quelques années. » Or, la discipline a évolué et les instances du pays en ont pris conscience. « Elles regardent ce que font les équipes norvégiennes et françaises, indique le détenteur de 10 petits globes de cristal. Pour eux, ce sont les meilleures nations au monde avec l’équipe d’Allemagne.  Donc cela a été facile pour moi de changer les choses. » Et pas qu’un peu : « la nourriture, la technique, une façon de penser plus professionnelle » ont été corrigés.

Les plannings ont vu arriver des disciplines jusqu’alors inconnues : « Avant, ils travaillaient le tir et le rollerski, rien d’autre. On a changé les choses pour que ça soit plus amusant : paintball, karting, des activités en montagne… On essaye de se divertir. » De nouvelles destinations ont également fait leur apparition dans l’agenda : Hochfilzen, en Autriche, Ruhpolding, en Allemagne.

aaa.jpgRaphaël Poirée se félicite de la bonne volonté de ses sportifs, de la confiance accordée. « Ils croient en moi à 100 % ».

Les six biathlètes découvrent la méthode Poirée. Par exemple, une grande proximité physique pour une parfaite cohésion et compréhension. Explication : « Pour moi c’est très important de voir l’athlète, le corps donne beaucoup d’indications. Si tu regardes les cibles  à travers la lunette en permanence, tu ne vois pas l’athlète, tu ne vois pas comment il tir et comment il utilise son corps. J’ai appris cela quand j’étais athlète. »

« Une petite confrontation avec les Français »

Qu’en sera-t-il des résultats ? « Pour moi, les résultats n’ont jamais été un objectif. Si tu t’entraînes bien, que tu comprends bien les choses, les résultats viennent. Ça a toujours été ma manière de penser. »

Bien qu’entraîneur biélorusse, Raphaël Poirée vit toujours en Norvège. Du coup, précise-t-il, « j’entraîne l’équipe pendant 15 jours, puis je rentre 15 jours à la maison. » Où il continue de superviser les séances. « Donc ça se passe bien. »

D’ici l’hiver, le planning est chargé. « Après Ruhpolding, on va faire un stage à Minsk. En octobre, on fera un stage à Oberhof, où on ira dans le tunnel pour skier un peu, peut-être avec une petite confrontation avec les Français qui y seront en même temps. En novembre, on ira en Finlande et ensuite ça sera la saison. Ça va arriver vite, très vite. »

Photo : http://biathlon.by/eng/index.html