Robin Duvillard : « chaque départ en coupe du monde est un moment particulier »

SKI DE FOND – A Davos, lors du 30 km libre, le fondeur de Villard-de-Lans a pris son 100e départ en coupe du monde. Loin de regarder en arrière, l’un des piliers de l’équipe de France de ski de fond confie avoir encore beaucoup de choses qui le font rêver. Entretien.

 

 

Robin Duvillard, vous aviez coché ce 30 km libre de Davos sur votre agenda. Avec une 7e place à moins d’une minute de Martin Sundby, avez-vous le sentiment du devoir accompli ?

C’était effectivement mon premier gros rendez-vous de la saison. J’ai mis beaucoup en face pour arriver prêt pour ce 30 km. Cette 7e place me fait plaisir, c’est un très bon résultat. Je suis dans le coup, j’ai fait une course solide tout le long avec beaucoup d’engagement et d’intensité. Après, depuis deux ans, j’ai enchaîné de nombreuses places dans le top 10, alors je travaille dur dans beaucoup de directions ce petit quelque chose pour grimper sur ce podium ! Mais je suis quelqu’un de patient… et de déterminé !

Avec une superbe course d’ensemble marquée par la 2e de Maurice Manificat, la 5e de Jean-Marc Gaillard, votre 7e rang, les Français ont une nouvelle fois été très forts en Suisse. Qu’est ce qui explique cette alchimie entre les fondeurs tricolores et la station suisse ?

On ne va quand même pas donner notre secret non plus ! Non, je crois que plusieurs paramètres nous conviennent bien là-bas : l’altitude de 1500m que nous côtoyons fréquemment, le profil sélectif et régulier de la piste auquel nous sommes très habitués avec les montées de col l’été dans nos montagnes (que beaucoup d’autres n’ont pas chez eux), la neige des Alpes que nos farteurs domptent mieux, et puis le fait que beaucoup de nos supporters se déplacent à Davos et que l’on prépare beaucoup cet événement sûrement ! C’est dur à dire, mais il y a une sorte de magie qu’il ne faut pas forcément chercher à comprendre.

Sur cette course “longue distance” les Français ont été les seuls à se bagarrer avec les Norvégiens et le Suisse Toni Livers dans le top 10. Comment analysez-vous cette statistique ?

Eh ben quoi, les deux meilleures nations du ski de fond sont aux avant-postes, normal non ? Non, je plaisante ! C’est sûr que c’est flatteur de se retrouver à trois dans le top 10, au milieu de ces Norvégiens qui ont une équipe très homogène et qui trustent les premières places depuis quelques temps. Après, en skate, on est toujours présents les Français, donc ce n’est pas une surprise. C’est vrai que là, c’est un peu le burger Norvège/France, posé sur une assiette suisse. Cette fois, ça n’a pas souri aux autres nations, mais l’hiver est encore long !

 

Je me rappellerai de toutes mes courses pour longtemps !

 
D’un point de vue personnel, cette épreuve marquait pour vous le 100e départ en coupe du monde. Est-ce un moment particulier ? Y avez-vous pensé durant cette heure de course ? Ou après lors de la célébration du résultat collectif ?
Oui ça fait un petit cap quand même. J’avais regardé ça à l’automne, et avec ma planification, la 100e coïncidait avec Davos. Je trouvais ça chouette. Après, pendant la course, j’avais déjà assez de choses à penser ! Et puis chaque départ en coupe du monde est un moment particulier, parce que c’est une chance de vivre ces courses, et peu importe que ce soit la 12e, la 38e, la 100e ou la 378e. Je me rappellerai de toutes pour longtemps ! Et puis, pour la célébrer, c’est toujours dur quand vous avez dans l’équipe un ancien du gaz comme Jean-Marc qui en a pas loin du double… (la 200e sera sur la 4e étape du Tour de Ski, sur le skiathlon d’Oberstdorf!).

 

Robin Duvillard  (Photo : Vianney Thibaut/Agence Zoom)

Robin Duvillard :  (Photo : Vianney Thibaut/Agence Zoom)

Quel regard portez-vous sur votre chemin accompli en équipe de France avec une médaille olympique et une mondiale à Falun l’an passé ? De quoi rêvez-vous désormais ?

Je suis fier de ce que j’accomplis depuis mes début en ski de fond. Tout n’a pas toujours été facile. Techniquement, physiquement ou mentalement, j’ai dû me battre et sans cesse me renouveler et me dépasser pour gravir ces marches qui m’ont amené jusqu’à aujourd’hui, et ça c’est gratifiant. Le sport est une fabuleuse école de la vie, dont je tirerai parti également plus tard.
L’important dans la vie comme dans le sport c’est toujours d’avoir un rêve d’avance, comme ça, on ne se retrouve jamais au dépourvu.. J’ai encore beaucoup de choses qui me font rêver : remporter une coupe du monde, agrandir ma collection de médailles, être champion du monde du 50 km à Lahti, porter le maillot jaune, battre Martin en sprint classique… il y a de quoi s’occuper pour les années à venir !

Les Français, y compris en sprint, n’ont semble-t-il plus de tabous vis-à-vis des grandes nations du nordique. Comment expliquez-vous cette évolution des mentalités autant que celle des résultats en coupe du monde ?

Cela s’est fait petit à petit depuis plus d’une décennie. Vincent Vittoz a contribué à faire éclore toute une génération dans son sillage, après une période où les podiums semblaient inaccessibles, et maintenant l’équipe de France est forte, dense, homogène, et cela contribue à une forte émulation à l’entraînement ou pour gagner sa place. Logiquement, les résultats suivent.
Après, les sprinteurs ont eux ce petit grain de folie en plus, de par leur jeunesse et l’esprit qui entoure leur équipe. Cyril Burdet a contribué à créer cet environnement propice à leurs performances, ludique, varié et sérieux, où chacun a ses atouts à faire valoir et ça dépote à l’entraînement. Et comme l’ambiance en équipe de France est vraiment bonne entre tous les groupes seniors, tout le monde tire profit de tout cela. Eux apprennent de nous à ne pas manger dans l’assiette du voisin, et eux nous apprennent à nous faire pousser certains muscles !


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1 Comment

  1. Alain

    17/12/2015 à 12 h 50 min

    Merci pour cette interview et tous nos encouragements à l’équipe de France depuis Annecy pour cette Coupe du Monde qui s’annonce passionnante et disputée jusqu’au bout !

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