Roddy Darragon : « Il y a une part d’aléatoire dans le sprint »

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Unique médaillé olympique français de l’histoire en ski de fond, Roddy Darragon revient sur ce jour de février 2006 où il est devenu vice-champion olympique de sprint à Turin. Ce dernier livre également son analyse sur l’épreuve de Sochi où il veut croire que les Français ont un coup à jouer.

 

Quel souvenir gardez-vous de votre médaille d’argent olympique obtenue à Turin ?

J’aimerais bien ne plus être le seul fondeur français médaillé olympique, malheureusement, on n’est pas passé loin sur le skiathlon. J’espère que ça va sourire pendant ces deux semaines. Concernant ma médaille, c’était beaucoup de bonheur. C’était vraiment… vraiment l’une des plus belles courses de ma vie, si ce n’est la plus belle. J’avais une super forme, de super skis. En fait, j’avais tout pour réussir, tactiquement tout c’était bien passé, je n’avais connu aucune mésaventure dans la compet. Au final, je termine deuxième. C’était totalement inattendu mais j’ai pris la médaille avec grand plaisir. J’en suis encore très, très content et ça restera le plus beau moment de ma carrière.

 

Tout à concordé ce jour précis finalement ?

C’est exactement ça. J’étais dans un pic de forme, en fin de ce pic mais bien dedans. J’étais jeune, j’avais du gaz et de supers skis. Je fais 10ème de la qualification ce qui me permet d’être haut dans le tableau et d’avoir pu bénéficier d’une grosse pause entre mon quart et ma demie pour bien récupérer et de pouvoir enchaîner demie et finale sans problème. J’ai également eu la chance d’être avec Björn Lind qui gagne l’or et qui m’a beaucoup aidé pendant les courses parce que je me suis souvent retrouvé derrière lui et j’avais juste à le suivre ce qui suffisait pour lâcher les autres.

 

Quels sont les ingrédients de ce jour idéal ?

Il faut une piste qui nous plaît, une neige assez rapide et compact, se lever avec la forme, le sourire et l’envie de tout déchirer.

 

Comment ça s’accueille une médaille comme ça ?

Il faut reconnaître qu’elle m’est un peu tombée dessus. J’avais les moyens pour faire au moins arriver en demi-finale, intégrer le Top 10 et tout s’est bien enchaîné. Sur place, aux Jeux, on est un peu dans un cocon donc je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte. Pendant les mois qui ont suivi, j’ai vu les répercussions que ça avait et c’est difficile à vivre médiatiquement parlant mais en même temps, c’est très sympa. Il faut arriver à gérer.

Baptiste Gros

Roddy Darragon croit beaucoup en Baptiste Gros qu’il voit bien figurer en sprint

 

Quels conseils donneriez-vous à vos compatriotes si vous étiez avec eux pour ce sprint ?

Si j’en avais un, ce serait de se concentrer sur soi-même d’abord. Je pense que le moment où j’ai gagné une bonne partie de ma médaille, c’est en qualification, j’ai réalisé une bonne course comme en quart. J’ai réussi à être tout de suite bien « focus ». Par rapport à la piste, je crois qu’il faudra être bien placé à l’approche de la dernière bosse  car il n’est jamais évident de doubler dans une pente aussi raide. L’important, c’est qu’ils fassent leur course sans se préoccuper des autres.

 

Pensez-vous que les Français ont une chance de briller, ce mardi ?

Sur le papier, c’est une équipe de France pas mal. On a deux jeunes en forme avec surtout Baptiste (Gros) qui a de grosses qualités dans les tours mais dont le point faible réside dans la qualification où il devra faire attention. On a Renaud (Jay) aussi qui a tout à découvrir et qui va peut-être skier avec plus de relâche. Derrière, on trouve Cyril Miranda. Il faut qu’il passe la qualif car après c’est tout ouvert. C’est un skieur hargneux qui se bat bien et jusqu’au bout. L’autre Cyril, Gaillard, c’est la surprise du chef. Le sprint est assez dur, il est assez fin avec une bonne gestuelle et ça pourrait lui convenir. A mon avis, la meilleure chance, c’est Baptiste, s’il passe les qualifications car après c’est quelqu’un de vraiment costaud, capable d’aller très vite et possédant une très bonne ligne droite. Ce ne sera pas facile avec les Scandinaves, les Russes et les autres, après il y a une part d’aléatoire dans le sprint et j’espère qu’ils se lèveront avec l’envie de découper cette bosse finale et joueront de réussite. On n’oublie pas non plus Aurore chez les filles qui monte crescendo.

Photo Agence Zoom –

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