Rollerski | Clément Mailler : « Je me suis pris au jeu »

SKI NORDIQUE – Durant tout l'été, les athlètes du ski nordique tricolore se prêtent au questionnaire décalé de Nordic Magazine. Voici les réponses de notre chroniqueur spécialiste de rollerski, Clément Mailler.

ROLLERSKI – Clément Mailler a remporté le classement général de la troisième édition du Challenge Rollerski qui regroupe six courses en France. Le chroniqueur de Nordic Magazine explique comment il a géré son été, donne des nouvelles du Rollerski Racing Team et, pour une fois, répond à quelques questions façon La Maille.

 

  • Dimanche, vous avez remporté le classement général du Rollerski Challenge 2018. Pas mal pour un retraité ?

C’est une retraite active effectivement, je n’avais pas assez cotisé avant d’arrêter ma carrière ! Je ne pensais pas jouer le classement en débutant la saison à la Rollathlon, mais je me suis pris au jeu et je suis content d’avoir réussi.

  • Pourtant, on vous avait quitté avec un problème de santé à la jambe.

Oui, c’est pour cette raison que j’ai fait la saison de rollerski justement. Après avoir arrêté la compétition, il y a plus d’un an, j’ai contracté un souci de santé. Après plusieurs mois à chercher la cause, il s’est avéré que c’était incurable et progressif. J’ai donc eu envie de remettre le dossard, profiter de faire des compétitions et du sport avant que cela ne s’aggrave trop. Je suis pénalisé certes, mais pas encore complètement handicapé. C’était un défi, et maintenant je suis content de voir que je suis encore capable.

  • Vous réussissez à monter à quatre reprises sur le podium. En six courses, c’est tout de même pas mal. Est-ce cette régularité tout au long de l’été qui vous a mené jusqu’à la première place ?

Sur un classement comme le Rollerski Challenge, avec finalement peu de courses et une densité aléatoire, la victoire est primordiale. Il faut marquer des gros points sur chaque course. Essayer de remporter les courses que j’affectionne, c’était ma meilleure chance.

  • Parmi vos adversaires, qui vous a le plus inquiété ?

On ne sait jamais qui peut s’inviter au classement général, mais cette année, on s’est détaché avec Samuel Rege-Fujii. Mais je ne vois pas Sam comme un adversaire, l’important était de mettre le Rollerski Racing Team à l’honneur et sur la plus haute marche. De faire le challenge ensemble.

 

Le Rollerski Racing team se porte à merveille

  • Le Rollerski Challenge fédère six courses françaises. Depuis sa création, il a attiré 500 compétiteurs. Comment souhaiteriez-vous qu’il se développe pour attirer encore plus de concurrents et davantage de public ?

Pour le rollerski en France en général, on a besoin de rendez-vous importants, des courses qui deviennent des dates incontournables. C’est le cas de l’Aix Ski avec une équipe qui fait un travail formidable et un beau plateau d’athlètes au départ. La rollerski Romain Claudon suit ce chemin. On a aussi perdu un circuit national pendant plusieurs années, et on peut remercier Thierry Adam et le Rollerski Challenge de relancer la machine.

  • Vous qui connaissez aussi les compétitions scandinaves, qu’est-ce qu’il manque à la France pour faire aussi bien ?

Il y a déjà une grande différence de culture avec des gens qui suivent et pratiquent le ski et le ski-roues en Scandinavie. On n’imaginerait mal du rollerski à la télé chez nous, ou des courses avec 1500 rollerskiers au départ ! Mais je crois aussi qu’au niveau des athlètes et des instances, il n’y a pas la même approche. En Scandinavie, le rollerski est un moyen de faire parler du ski de fond pendant la longue période sans neige. Les athlètes voient les compétitions estivales comme un très bon moyen de se confronter avec les meilleurs, savoir où ils en sont, et aussi faire parler d’eux. Alors qu’en France comme dans d’autres pays frontaliers, on a l’impression qu’une course en été va mettre en péril la préparation.

  • Donnez-nous des nouvelles du Rollerski Racing Team ?

On se porte à merveille ! On est toujours présent sur quelques courses nationales et internationales, mais il n’y a plus l’objectif de performer au plus haut niveau mondial comme ce fut le cas il y a quelques années. Chacun avance dans la vie, mais on est une bande de potes inséparables et heureux de se retrouver pour faire des courses, faire bouger le ski-roues en France, voyager de l’Europe au Japon !

  • Dimanche, la dernière course de la saison a une nouvelle fois été l’occasion de se souvenir de Romain Claudon, décédé brutalement en 2015. Il a été l’un des fondateurs de votre team. Est-ce important de s’en souvenir ?

Oui pour deux raisons. La première est toute naturelle, on est une bande de potes, pas une équipe « classique » et Romain est avec nous dans tout ce qu’on fait. D’autre part, de manière plus générale, Romain a été un excellent rollerskier par son palmarès et aussi un fondateur du RRT. Il a donc œuvré pour le rollerski en France et il est important de se souvenir de cela.

 

Un nouveau périple au Japon

  • A part torturer les athlètes dans votre chronique «Dans La Maille du filet» chaque jeudi dans Nordic Magazine, quel est votre programme des prochains mois ?

Il est vrai qu’il serait un peu trop vicieux de ne faire que torturer les gens ! Pour combler mon impatiente entre le vendredi et le mercredi, je vais travailler cet hiver avec le service course Rossignol pour le suivi des athlètes sur la coupe du monde de biathlon. J’ai d’autres projets en tête, avec la sortie prochaine d’un livre des Chroniques de La Maille et un nouveau périple au Japon en préparation avec le Rollerski Racing Team.

  • Justement, La Maille vous aurait certainement demandé si, à apparaître dans le costume hyper moulant de Superman chaque semaine dans Nordic Magazine, vous aviez pu multiplier les conquêtes amoureuses ?

Superman n’est pas James Bond, il a fallut attendre plusieurs épisodes avant qu’il trouve sa femme ! Alors disons… Pas encore, il n’y a eu que trois interviews pour l’instant 😉

  • Du coup, quelle peut être la prochaine étape pour que ça marche ?

Superman n’est-il pas un journaliste qui s’est marié avec sa belle collègue de travail ? Alors quoi ? Chroniqueur n’est peut-être pas suffisant, la prochaine étape peut être de devenir journaliste !

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