Rollerski : le débriefing des France par l’entraîneur François Faivre

ROLLERSKI - L’entraîneur de l’équipe de France de ski de fond, François Faivre, revient sur les championnats de France de ski-roues disputés ce week-end en Auvergne. Et dévoile ses ambitions pour la saison de coupe du monde.

ROLLERSKI – L’entraîneur de l’équipe de France de ski de fond, François Faivre, revient sur les championnats de France de ski-roues disputés ce week-end en Auvergne. Et dévoile ses ambitions pour la saison de coupe du monde.

 

 

Rollerski : “Les leaders ont répondu présent”

  • François Faivre, quel premier bilan sportif dressez-vous des championnats de France de rollerski disputés ce week-end en Auvergne ?

C’est toujours un bilan sportif délicat à faire car les France de ski de fond d’été se déroulent au coeur d’une période de gros travail. La plupart des athlètes arrivent avec de la fatigue voire de la surfatigue parfois. C’est une période charnière sur la préparation. Mais cela permet de faire le bilan des forces en présence.
Ceci dit, sur l’ensemble des courses hommes, dames ou juniors, les leaders ont répondu présent comme Lucas Chanavat et Anouk Faivre-Picon sur le sprint. On a vu une course dense sur la poursuite avec peu de difficultés qui ont permis aux sprinteurs de jouer le finish et c’est tant mieux. C’est très bien car ça permet de travailler le scénario d’un potentiel dernier relayeur typé sprinteur sur un relais

 

  • Si les sprinteurs ont brillé sur le sprint libre, là où on les attendait, ils ont aussi animé la mass-start classique avec Baptiste Gros champion de France devant Renaud Jay. Surpris de cette « hiérarchie » estivale ?

Oui, surpris de les voir répondre aux attaques d’Adrien Backscheider ou de Clément Parisse à qui j’avais demandé de visser ! Habituellement, ils ont plus de difficultés à suivre. Avec Cyril Burdet (entraîneur des sprinteurs), on a décidé de travailler leur endurance sur un effort long. On a vu aux Jeux olympiques de Pyeongchang qu’on pouvait associer un sprinteur et un distanceur sur un team sprint. Au même titre, le relais n’est pas réservé aux distanceurs. Les sprinteurs sont capables aujourd’hui de jouer sur un 10 km, ça rentre dans l’idée de la prochaine saison avec des sprinteurs disponibles pour l’équipe. Ça créé plus d’émulation entre la douzaine d’athlètes qu’on a avec nous.

 

La vidéo des mass-start des championnats de France de rollerski

 

On n’est plus cloisonné comme au temps révolu des poneys

 

  • Le team sprint des Jeux a -t-il cassé un plafond de verre en associant Maurice Manificat et Richard Jouve ?

Je ne sais pas si on peut le voir ainsi mais c’est certain que l’association distanceur / sprinteur sur un team sprint olympique a été difficile à intégrer pour les purs sprinteurs. Le team sprint leur paraissait dévolu et on leur a montré que ce n’était pas complètement figé. Idem sur un relais où des coureurs très rapides comme Federico Pellegrino ou Johannes Klaebo sont alignés en dernier maillon. Les sprinteurs français peuvent aussi terminer le travail avec une vitesse de base suffisante dans le dernier tour et une pointe de vitesse intéressante pour jouer la gagne ou le podium.
En relayant ce discours, on va permettre aux athlètes de s’ouvrir l’esprit sur les distances inscrites au calendrier. Peut-être est-ce ainsi qu’on gagnera un relais ? L’équipe de France n’est plus cloisonnée entre distanceurs et sprinteurs comme au temps révolu des poneys. On vit tous ensemble, au sein de l’équipe de France de ski de fond et on voit les progrès des athlètes et leur évolution sur tel ou tel type de format de course…

 

  • Quel regard posez-vous sur le « renouveau » de l’équipe de France dames de ski de fond avec des jeunes comme Delphine Claudel et Laura Chamiot-Maitral qui trouvent petit à petit leurs places aux côtés d’Anouk Faivre-Picon ?

Anouk, pour des raisons personnelles, s’entraîne avec le team du Jura, elle prend ses responsabilités et c’est très bien. Elle reste la valeur étalon par rapport aux U23 avec qui on travaille. Les jeunes ont pu jouer avec Anouk lors de la mass-stars classique. Les voir progresser encore et se rapprocher d’Anouk sera le premier objectif à atteindre avec d’aller grapiller des places sur la coupe du monde.

 

Cet hiver, on va fonctionner avec des objectifs précis par période

 

  •  Il manquait ce week-end le tenant du titre, Maurice Manificat, mis au repos pour des soucis de dos. Comment va-t-il ?

Il connaît une bonne fatigue qui lui pose des soucis respiratoires et de dos. Il n’est pas bien. Il a fait des analyses de sang, et pendant 15 jours, il sera en mode entrainement adapté sans forcer sur la machine en espérant qu’il récupère bien. La période charnière arrive en septembre avant d’aller sur neige ; le plus sage était donc de préserver Maurice pour la suite.

 

  • Depuis le printemps dernier, vous travaillez avec Alexandre Rousselet sur le groupe distance. Concrètement, comment vous organisez-vous ?

Ça s’est passé de façon simple : on a un groupe de 9 athlètes avec, à moyen terme, l’objectif Pékin 2022. On compte donc sur Jean Tiberghien, Damien Tarantola, Jules Lapierre et Valentin Chauvin (les quatre nouveaux entrants dans l’équipe) pour viser cette date clé. A nous de préparer ces forces vives à viser le plus haut niveau. J’ai demandé à Alex de venir m’aider pour gérer, en particulier, ces quatre jeunes. De mon côté, je garde la main sur la conduite d’entraînement des cinq autres : Maurice, Jean-Marc, Clément, Adrien et Robin. On travaille ensemble sur la planification lors de chaque stage.

 

  • Après Oberhof puis Tignes, la nouvelle saison arrivera très vite. Avez-vous un plan pour les mondiaux de Seefeld dans la lignée de la belle campagne olympique de Peyongchang (deux médailles de bronze olympiques) ?

Oui, on va fonctionner de la même manière avec des objectifs précis par période. On a coché le 30 km skate à Beitostolen et le 15 km de Davos qui sont des formats favorables à nos coureurs. En janvier, Planica et Nove Mesto seront des étapes importantes. Et enfin, sur les mondiaux de Seefeld, on visera le sprint skate où Lucas Chanavat avait fait podium l’an passé. Sur le relais, on veut défendre notre 3e place des Jeux, il y aussi un 50 km skate où nos athlètes peuvent jouer sur leur expérience et pourquoi pas le team sprint en classique où des coureurs pourront aussi s’exprimer.
Photo d’archives : Nordic Magazine

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