Sacha Devillaz : “Je suis fait pour les longues distances”

Après une saison pleine marquée par deux top 20 sur des courses internationales de renom, Sacha Devillaz dresse un bilan complet de son année. Le coureur du team Salomon, premier traileur du team Chamonix Mont-Blanc, y affirme son amour pour les longues distances. 

 

Sacha Devillaz, votre premier 100 km, la Grande traversée disputée ce week-end dans les Pyrénées, s’est mal terminé avec une entorse à la cheville. Et pourtant, vous étiez en tête de cette épreuve longue distance. Racontez nous cette course ?

La Grande Traversée, c’était ma dernière course trail de l’année, j’avais à cœur de finir la saison sur une bonne note. J’étais content d’aller dans un endroit que je ne connaissais pas du tout, chaque kilomètre aurait été une découverte. En fin de saison, la fatigue est prédominante, il faut faire avec l’énergie qui reste, être plus vigilant pour éviter la blessure. Lors de la descente après la première ascension de 1500m de dénivelé positif, je me suis tordu la cheville… Manque de vigilance justement, je n’allais vraiment pas vite et je ne sais pas du tout sur quoi j’ai marché. J’étais certes en tête avec Mickael Pasero (qui a remporté la course), mais il restait encore un grand bout, rien n’était joué. Je me sentais super bien, tous les éléments étaient réunis pour que tout se passe bien.
Cette mésaventure ne récompense pas mon investissement de fin d’année, c’est sûr, mais cela n’efface pas cette très bonne saison. Des courses, j’en ferais encore beaucoup d’autres et ça ne reste qu’une entorse. J’étais surtout embêté pour mon père qui m’avais accompagné car c’était la première fois qu’il venait me voir sur une course.

 

Qu’est ce qui vous attire sur la longue distance alors que vous semblez plus à l’aise sur des formats marathon ?
Justement non, je n’ai jamais dit que j’étais plus à l’aise sur des formats marathon… Il se trouve que mon point fort réside dans le fait que je sois fait pour des longues distances, je suis résistant et je ne veux jamais abandonner. Je ne me l’explique pas mais je suis toujours en meilleure forme sur les secondes parties de courses. En revanche, j’ai plus de mal à me lancer…

 

Je suis content de ma saison… mais reste l’éternel insatisfait !

 

Cette blessure ne doit pas ternir votre superbe saison marquée par une 17e place sur le Matterhorn Ultracks et surtout une 12e place sur les championnats du monde… Imaginiez-vous signer deux top 20 sur des épreuves internationales de sky running cette année ?
Les championnats du Monde cette année c’était délicat, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec le niveau présent. Je savais que j’étais capable de faire une belle course car je connaissais le parcours sur le bout des doigts : un profil de course technique en montagne qui me correspond tout à fait. Il me restait à gérer le « à domicile ». Je ne me suis fixé aucun objectif de place, juste aucune limite. Je suis content de ma saison mais je reste l’éternel insatisfait, j’ai toujours le sentiment de pouvoir mieux faire. Je n’arrive pas à profiter d’un après-course, je pense déjà tout de suite à mes erreurs.

Avec ses amis Thibaut Baronian et Pierre Minary au sommet du Mont Blanc.

Avec ses amis Thibaut Baronian et Pierre Minary au sommet du Mont Blanc.

 

Qu’avez-vous particulièrement travaillé cette année pour élever votre niveau sur ce genre d’épreuves ?
Comme d’habitude, je suis resté sérieux et assidu au programme de mon entraîneur Christophe Malardé. J’ai mangé pas mal de kilomètres et de dénivelé en montagne.

 

Une énorme fierté pour moi d’être le premier traileur reconnu dans ma vallée

 

Cette saison a aussi été marquée par la création du team Chamonix Mont-Blanc dont vous êtes l’ambassadeur trail aux côtés de grands champions du combiné nordique ou saut spécial. Que vous apporte cette équipe ?
C’est surtout une énorme fierté pour moi d’être le premier traileur reconnu dans ma vallée. Etant natif de la Vallée de Chamonix et tout particulièrement attaché à celle-ci, j’avais jusque là l’impression que cet environnement extraordinaire, avec ses sommets, appartenait aux hommes qui l’habitaient. Comme si le fait de pouvoir grandir dans un tel cadre et d’y avoir de solides racines familiales vous octroyait des privilèges de propriétaires terriens. Le team n’en est qu’à son lancement mais l’objectif est de mieux être accompagné dans notre discipline et d’être plus visible en participant à divers évènements. De renforcer les liens entre les athlètes, créer une dynamique associant les acteurs économiques, sportifs et territoriaux de la vallée.

 

Cet hiver, vous skierez sous les couleurs du team Skis’cool avec, notamment, une 2e place sur la GTJ 200. Quels seront vos objectifs ?
Mon premier objectif de l’hiver sera comme l’année dernière l’Eurotest. Alors je vais commencer par chausser les skis de slalom géant de Jonas Devouassoux (équipe de France de Skicross) et taper à fond du piquet coaché par son père. Ensuite les mêmes que d’habitude, les plus longues en espérant faire mieux que l’année précédente dont l’Ultratrans (4e en 2014), la GTJ (2e en 2014), les 24h des Mosses (1er par équipe de 3 en 2014). Des nocturnes et j’irais bien participer à une nationale en KO Sprint si j’en ai l’occasion. Prendre un maximum de plaisir sans oublier le télémark, une de mes plus grande passion.


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