Sandrine Bailly : « Que les Français profitent de la fête »

Ski nordique, ski de fond, saut à ski, combiné nordique, biathlon, coupe du monde, FIS, Ski, hiver, Nordic Magazine, vainqueur, ski, saut à ski,
BIATHLON – Consultante pour Nordic Magazine, Sandrine Bailly tire les enseignements des deux premières semaines de coupe du monde et décrypte les « pièges » de l’étape française au Grand-Bornand cette semaine.

 

Martin Fourcade, toujours numéro un mondial

Oui, il est toujours numéro un, mais un numéro un peu moins dominant que les autres années. Il reste devant car il est très régulier avec un podium sur chaque course, mais il a ouvert des failles sur ce début d’hiver. Je me demandais si ça lui arriverait un jour. C’est normal de temps en temps de lâcher un peu comme sur le dernier tir de la poursuite. Sur les skis, il laisse quelques secondes mais il est très fort et ne se posera pas 1000 questions suite pour continuer de briller sur le circuit.

Martin Fourcade (FRA)

Des Norvégiens au rendez-vous

Ils arrivent dans de meilleures dispositions car, comme d’autres, ils ont leur sélection olympique à assurer. C’est très dense chez eux donc ils doivent marquer des points à chaque course. Johannes Boe a été très fort sur le dernier tir de la poursuite. Il a tenu son schéma de tir, contrairement à Martin qui en est sorti. C’est tout le charme du biathlon !

 

Justine Braisaz démarre fort

On ne peut pas tirer beaucoup d’enseignements après seulement deux week-ends de compétition. On a vu que Justine Braisaz était capable de faire de très belles choses mais elle est encore en construction, donc ne lui en demandons pas trop. Cette semaine à Hochfilzen, elle a connu plus de difficulté mais elle doit arrêter de courir après un résultat et retrouver la fluidité de ses tirs d’Östersund. Elle peut et sait le faire.

Justine Braisaz (FRA)

 

Des problèmes sur le pas de tir ?

Non je ne pense pas qu’il y ait de souci particulier. C’est juste que les choses doivent se mettre en place. Il faut retrouver l’équilibre dans l’exercice entre précision, rapidité, lâcher prise… Les Français l’ont un peu perdu à Hochfilzen dans des conditions difficiles mais je reste persuadée que les uns et les autres le retrouveront au Grand-Bo. Tous doivent arriver en France avec le plein de confiance et d’énergie.

 

Des collectifs réguliers et solides

Chez les hommes comme chez les dames, on est capable d’aligner quatre coureurs qui sont homogènes. Même sans Martin, la densité fait que sur des relais, on peut jouer sans avoir un gros point faible dans le groupe. C’est ce qui fait la différence au final. Collectivement, ce ne sera pas leur meilleure course.

Emilien Jacquelin (FRA), Simon Desthieux (FRA), Jean Guillaume Beatrix (FRA), Quentin Fillon Maillet (FRA)

 

Compliqué pour Marie Dorin-Habert

J’ai l’impression que c’est pas si compliqué que ça pour elle. En fait, elle a besoin de prendre du recul : quand tout démarre mal et qu’on ne trouve pas les solutions, on tombe dans la réflexion, dans trop de réflexion. Alors oui, elle a manqué son relais, mais il vaut mieux relativiser : les conditions étaient dantesques et ça peut arriver. J’aimerais qu’elle rebondisse, qu’elle arrête de s’auto-flageller. Elle estime ne plus avoir les chevaux d’avant. Elle devra faire avec cette forme cette saison. Ça ne l’empêchera pas de faire des belles courses et surtout, j’ai envie de lui dire qu’elle se fasse confiance. J’aimerais retrouver son beau sourire au Grand-Bornand.

 

Ce serait logique d’aligner Antonin Guigonnat et Emilien Jacquelin sur le Grand-Bornand

 

La belle surprise Emilien Jacquelin

Emilien Jacquelin est un nouveau visage mais il a l’habitude de s’entraîner avec Martin et Simon à Corrençon. Il apprend vite, c’est la marque des grands. Il tire des enseignements de chaque épreuve. Il signe un super relais. Il est dans une belle dynamique et il booste vraiment le groupe. Pour moi, en vue de la coupe du monde du Grand-Bornand, ce n’est pas à lui de sortir du groupe coupe du monde, car comptablement les anciens mériteraient moins d’être alignés en haute-Savoie. Ce n’est pas une sanction d’être écarté car beaucoup de nations valorisent les jeunes, leur offre de l’expérience au très haut niveau. Etre sorti du groupe peut aussi permettre de rebondir pour la suite. La roue tourne et ce serait logique d’aligner Antonin Guigonnat et Emilien Jacquelin sur le Grand-Bornand. Même si c’est délicat d’écarter des anciens sur une étape française… Tout dépendra de la logique défendue par le staff : veut-on préparer les Jeux avec les meilleurs du moment ou veut-on récompenser les « anciens » en les alignant en France ? Les plus jeunes ont besoin de courses pour se construire dans le très haut niveau.

 

Les attentes liées au Grand-Bornand

Ce sont autant des attentes que des pièges. Les athlètes doivent profiter de la fête, de l’ambiance et ils doivent utiliser cette énergie sans y laisser trop de jus. Les Bleus n’ont pas l’habitude d’une coupe du monde à domicile. La dernière fois en 2013, ce fut difficile. Cette fois, l’hôtel sera totalement verrouillé et ils seront dans leur cocon. Le moment venu, ils seront face à leur public. Les gens seront très demandeurs de sourires, de gestes amicaux, de petits signes. Ils ne comprendront peut-être pas un athlète qui ne répondra pas. Il faudra trouver l’équilibre entre satisfaire les fans et faire bien les choses. L’événement ne doit pas leur échapper : ne pas courir pour les autres mais pour soi. Avec ou sans résultats, le public sera là pour eux. Il ne faudra pas rater la communion avec le public. Les grands événements instillent de la peur chez les athlètes qui doivent la transformer en force. Cette semaine va appartenir aux Français qui trouveront du positif pour se transcender chez eux. Garder la tête froide, prendre l’énergie là où elle sera… L’état de fraîcheur jouera pour beaucoup. Martin est rentré prématurément pour se poser auprès de sa famille. Beaucoup d’autres athlètes ne vont pas rentrer chez eux, ce qui m’étonne d’ailleurs. Ça aurait été l’occasion de poser les valises, refaire un sac plus light, retrouver la famille ne serait-ce qu’un jour ou deux. Ces moments peuvent valoir de l’or avant un tel week-end. Les Français seront dès ce soir au Grand-Bornand.

 

Photos : NordicFocus et Nordic Magazine

Ski nordique, ski de fond, saut à ski, combiné nordique, biathlon, coupe du monde, FIS, Ski, hiver, Nordic Magazine, vainqueur, ski, saut à ski, tremplin des Tuffes

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.