Saut à ski : fin de vol pour Descombes-Sevoie

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SAUT À SKI – Vincent Descombes-Sevoie raccroche les skis. Multiple champion de France, il détient  le record national de saut, avec une distance de 230,50 mètres.

 

La saut à ski tricolore dit au revoir à l’un de ses athlètes les plus emblématiques. Il y a dizaine de jours (mais on ne l’a appris qu’aujourd’hui), Vincent Descombes-Sevoie a décidé de mettre fin à sa carrière de sportif de haut niveau. D’où son absence dans la composition des équipes  de France rendue publique hier.
 

 

Son palmarès fait référence, comme, avant lui, celui d’Emmanuel Chedal et de Nicolas Dessum, premier français à s’être imposé dans une épreuve de coupe du monde de saut à ski, à Sapporo en 1995.

C’est un homme passionné de vol qui tire sa révérence. Et pourtant, rien ne prédestinait le douanier à s’envoler des tremplins.

 

Dans le ciel de Paris

Dans la famille d’artisan (le papa est plombier) où il a grandi, le saut à ski n’a rien d’une évidence. Sauf que le grand frère, un brin kamikaze, évolue déjà au sein du club local des Houches, en Haute-Savoie.

En 1989, il n’a pas six ans quand Vincent Descombes-Sevoie part en bus à Paris pour sauter sur le tremplin qui est alors installé dans le parc de la Courneuve : « Pour moi, c’était une vraie expédition. Je me souviens qu’avant de sauter, on voyait la Tour Eiffel.  »

SAUT À SKI - Vincent Descombes-Sevoie raccroche les skis. Multiple champion de France, il détient  le record national de saut, avec une distance de 230,50 mètres.

Vincent Descombes-Sevoie – Stanko Gruden/Agence Zoom.

L’entraîneur s’appelle James Yerly. « C’était le plus petit du groupe. Il a eu de bons résultats tout de suite. Au niveau national, il était dans les meilleurs. Déjà, il aimait bien gagner », se remémore l’homme qui l’a accompagné de nombreuses années, avant que Pierre Bailly et beaucoup d’autres ne prennent la relève. « Il m’a guidé avec les bons mots, les bons gestes », remercie l’athlète qui, de temps en temps, lui rend visite. « Il me donne encore des conseils », ajoute-t-il. « Il sait ce qu’il a à faire », sourit l’intéressé.

Celui-ci a été le témoin de la métamorphose de la chrysalide en papillon et le premier envol de celui-ci.

 

Du combiné au saut à ski

François Braud, membre de l’équipe de France de combiné nordique, l’a connu à cette époque : « Nous passions énormément de temps ensemble, se rappelle le Chamoniard. J’allais chez lui : soit on faisait un tremplin dans son jardin, à sauter jusqu’au bout de la nuit en oubliant même d’aller manger, soit on regardait des vidéos de saut en boucle jusqu’à connaître par cœur chaque sauteur de la coupe du monde. »

SAUT À SKI - Vincent Descombes-Sevoie raccroche les skis. Multiple champion de France, il détient  le record national de saut, avec une distance de 230,50 mètres.

Vincent Descombes-Sevoie tout sourire.

Au comité du Mont-Blanc, il se frotte aux Kevin Arnould, Ludovic Roux, « presque des idoles », effectue des stages à Chaux-Neuve, dans le Haut-Doubs, et même à l’étranger.

Vincent Descombes-Sevoie a trouvé son chemin.

À 14 ans, il intègre l’équipe de France de combiné nordique. « Avec Vincent, on se connaît bien, témoigne le Bois d’Amonier Sébastien Lacroix, car il a un an de moins que moi. Il a fait du combiné jusqu’en 2003 je crois et nous étions souvent en chambre ensemble à ce moment-là.

Après deux-trois années difficiles, il change de discipline : il rejoint la belle équipe de France de saut, aux côtés d’Emmanuel Chedal, David Lazzaroni, Nicolas Dessum, Pierre-Emmanuel Robe, Damien Maître et Benjamin Bourqui. « C’est un travailleur acharné, décrit Sébastien Lacroix. Il s’est toujours donné à 200 % pour être performant, d’autant plus que le passage du combiné au saut est loin d’être évident. »

 

Record de France

L’année 2010 servira de déclic : Jeux olympiques de Vancouver, deux tops 15 en coupe du monde à Kuopio et Lillehammer, premier franchissement des 200  m.

Le 24  février 2012 ,lors des Mondiaux de Vikersund, il bat le record de France avec un saut de 225 mètres.
 


 

En 2014, Vincent Descombes-Sevoie n’ira pas à Sochi. Seul Ronan Lamy-Chappuis sera du voyage olympique en Russie.

En janvier 2015, il rentre pour la première fois dans les dix premiers d’une épreuve de coupe du monde avec une neuvième place à Sapporo.

L’hiver suivant, il se classe seizième de la Tournée des quatre tremplins et bat son record de France avec une distance de 230 mètres 50, à Vikersund.

En novembre 2016, sa 5e place à Ruka sera son meilleur classement.
 


 

La dernière saison a été plus compliquée. En coupe du monde de saut à ski, l’athlète n’est pas parvenu à retrouver ses sensations. Sa confiance s’est effilochée. Et il n’a pas pu redresser la barre lors des Jeux de Pyeongchang.
 

 

Photo : NordicFocus

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