Saut à ski | Jonathan Learoyd : « j’ai envie d’être performant »

SKI NORDIQUE – Durant tout l'été, les athlètes du ski nordique tricolore se prêtent au questionnaire décalé de Nordic Magazine. Voici les réponses du jeune et très prometteur sauteur à ski de Courchevel, Jonathan Learoyd.
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SAUT À SKI – Entre coupe du monde et coupe continentale, le sauteur Jonathan Learoyd revient sur sa saison et accorde un entretien à Nordic Magazine.

Le jeune Jonathan Learoyd a vécu une saison en dents de scie. Le sauteur de Courchevel a réalisé ses meilleures performance sur le circuit coupe continentale à Bischofshen, en Autriche, avec une 4e et une 7e position. Du côté de la coupe du monde, il a décroché ses meilleurs classement aux Mondiaux en se logeant à la 26e et 28e place.

  • Depuis la fin de saison, quel a été votre programme ?

J’ai continué de faire un petit peu de préparation physique après les championnats de France. Ensuite, j’ai eu deux semaines de vacances où j’étais libre de faire ce que je voulais, je suis retourné à une vie un peu plus normale. Je suis parti en vacances et j’ai pris un peu de temps pour bosser mon Bac. Et là j’ai repris l’entraînement physique depuis lundi dernier (29 avril) et j’ai commencé à sauter cette semaine.

 

  • Retrouver les bancs de l’école n’a pas été trop difficile ?

Oh oui ! La première semaine après deux mois et demi d’absence, ça a été compliqué de reprendre. Du coup, il y avait des grosses parties des cours qu’il me manquait mais, petit à petit, je me suis remis dedans et, finalement, ça n’a pas été un très gros problème.

 

SAUT A SKI - C'est une première saison prometteuse pour le sauteur de Courchevel Jonathan Learoyd. Le champion de France revient sur un bel hiver marqué par une participation aux Jeux olympiques.

  • La saison dernière, on a le sentiment qu’il y a eu deux périodes. Au retour de la pause de Noël, vos performances ont évolué dans le bon sens. Comment pouvez-vous expliquer cela ?

Je pense que cette saison, j’ai répondu à beaucoup de questions que j’avais à propos de moi-même, de qui je voulais être et de comment j’allais faire si je voulais vraiment réussir dans mon sport. En se posant ces questions et en essayant d’y trouver des réponses concrète et claires, cela m’a permis de simplifier les choses, d’être plus moi-même en compétition.

 

J’ai répondu à beaucoup de questions que j’avais à propos de moi-même.

 

  • En coupe continentale, vous obtenez une 4e place à Bischofshofen. Sur le moment, étiez-vous content ou déçu de ne pas avoir intégré le top 3 ?

Sur le moment, j’étais vraiment content. Je fais le week-end avec une 7e et 4e place. C’étaient mes meilleurs résultats de la saison. Entre la 4e et la 3e place, il n’y avait quasiment rien. Ça n’aurait pas changé mon hiver si j’avais décroché ce podium. Ce qui comptait pour moi, c’est que j’avais de bons sauts. Le niveau y était donc.

 

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  • Vous réalisez vos meilleures performances en coupe du monde pendant les Mondiaux de Seefeld (26e et 28e). Est-ce que ce rendez-vous constituait votre principal objectif ?

Non, ça ne l’était pas. Mon objectif principal, c’était les Mondiaux juniors. Je suis passé à côté d’ailleurs. Mais les Mondiaux de Seefeld étaient une chance de me faire plaisir et d’y aller sans pression. J’ai concouru sans penser au résultat, mais plutôt à ce que je savais faire. J’ai donc saisi cette opportunité et je suis vraiment content de mes Mondiaux. Mais pour moi, ce n’était toujours pas la bonne performance à hauteur de mon meilleur niveau. J’avais donc un petit peu de regret sur quelques aspects de cette compétition.

 

  • Comme athlète, quel a été, l’hiver dernier, votre plus beau souvenir ?

Il n’y a pas photo, c’est la qualification à Vikersund. C’est la première fois que je passais les 200 mètres. C’était ma première compétition de vol à ski. C’était mon troisième saut en vol à ski. Prendre une 25e place en qualification et même passer les 200 mètres c’était un truc de fou. Je vais en avoir le souvenir toute ma vie.

 

Passer les 200 mètres c’était un truc de fou

 

 

  • En saut à ski, le niveau mondial est très élevé. Qu’est-ce qu’il vous manque pour vous rapprocher des Kobayashi et Kraft ?

Ce qu’il m’a manqué cette saison, c’est une préparation estivale solide. Il aurait fallu que j’y crée des bases et que je sois confiant à l’idée de les répéter dans n’importe quelles circonstances, en compétition, en entraînement, dans le vent, dans la pluie ou dans la neige. Je me mettais beaucoup de pression quand j’arrivais aux concours. Cela m’empêchait de faire ce que je savais faire. Et je pense que cela se corrige avec une préparation où je mets des choses concrètes en place avec des repères. Je serai donc logiquement plus régulier sur mes sauts.

 

  • Quels vont être vos objectifs durant votre préparation ?

Avec mes coachs, c’est de rendre le saut vraiment plus simple pour moi. En trouvant des repères qui me sont propres et que je pourrai utiliser tout le temps, sur chaque tremplin. Je suis sûr que si j’arrive à travailler là-dessus, ça fonctionnera à coup sûr.

 

  • Allez-vous participer aux compétitions d’été ? Si oui, avec quels objectifs ?

C’est dur de dire exactement car les premières compétitions sont fin juillet. J’espère faire les grands Prix et d’y aller avec des vraies armes, mais l’été ce n’est pas forcément un gros objectif pour moi, en tout cas en termes de résultats. J’ai envie d’y aller pour répéter des bonnes choses. Mais si je fais le job, je pense qu’il n’y a pas de raison pour que je sois en dehors du top 30. J’ai envie de faire des bonnes performances pour apprendre, pour me faire plaisir aussi, tout en étant confiant sur mes sauts.

 

 

  • Il faudra aussi penser au prochain hiver qui ne comportera ni JO et Mondiaux. Comment allez-vous appréhender cette saison 2019-2020 ?

Aujourd’hui, je n’ai pas encore d’objectif de résultat. On n’en a pas encore parlé. Ce qui est sûr, c’est que j’ai envie d’être performant. Ça dépendra aussi de mes résultats cet été et comment je suis en arrivant cet hiver. Bien sûr j’ai envie d’être sur le circuit mondial, j’ai envie d’être dans les tops 30, de passer un maximum en deuxième manche. La saison de Killian Peier m’inspire. Il n’a pas été sélectionné aux JO, il a bossé comme un fou pour arriver là où il en est en ce moment. Donc, dans un monde idéal, ce serait dans ce sens là que j’ai envie d’appréhender ma prochaine saison. J’ai vraiment envie de pouvoir répéter mes bons sauts un maximum de fois dans l’hiver.

 

  • Vous êtes le leader de l’équipe de France. Ce statut vous donne-t-il des responsabilités ?

Je pense que oui. Je ne vais pas me voiler la face, j’ai des responsabilités avec ce statut mais ce n’est pas quelque chose d’important. Je ne me dis pas : je suis le leader de l’équipe de France, il faut nécessairement que je fasse des résultats. Je n’ai que 18 ans et je ne vais pas me mettre de pression par rapport à ça. Je me laisse encore le temps d’apprendre.

 

 

Photo : Nordic Focus Photo Agency

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