Saut – Gérard Colin : « L’objectif reste de faire un podium »

SAUT – A Engelberg, l’entraîneur de l’équipe de France de saut revient sur le début de saison de ses athlètes et rappelle les objectifs des Bleus.

 

 

Vincent Descombes-Sevoie fait un très bon début de saison. Son meilleur en carrière, comment en est-il arrivé là ?

C’est la suite logique du travail qu’on a entamé ou continué par rapport à Vincent et au groupe. L’idée était déjà de recréer une dynamique, de créer une équipe. On a des jeunes qui sont en compétition dans des niveaux inférieurs, il y a des résultats probants et tout cela contribue à aider un peu Vincent. On essaie que le reste de l’équipe contribue à une dynamique qui le pousse, qui l’aide. On va tous dans la même direction.

 

 

 

Mais l’équipe ne fait pas tout…

Vincent, c’est un professionnel jusqu’au bout des ongles. Il fait attention à tout pour exister, il ne passe sur aucun détail. J’ai donc essayé de lui permettre de s’exprimer individuellement. Il faut bien faire la différence entre quelqu’un comme Vincent qui a 32 ans, est marié, a des enfants, qui est responsable, et les jeunes. Je ne peux pas le « driver » comme les plus jeunes. Avoir cette liberté, c’est important aussi pour lui. Il sait pourquoi il est là.

 

Le jour où Ronan Lamy-Chappuis fera un résultat, ça va partir.

Du côté de Ronan Lamy-Chappuis, le début d’hiver a été plus compliqué, pourquoi ?

J’aimerais bien qu’il passe une vitesse. Il a progressé, c’est clair. Maintenant, je l’avais déjà dit : physiquement il est très fort, ses résultats physiques doivent faire partie des meilleurs au niveau mondial. Mais ce n’est pas parce que physiquement tu es fort qu’au tremplin tu vas voler. C’est aussi parce qu’il y a encore des blocages, des freins mentaux. Il se retient, il y a un petit manque de confiance. Le jour où il fera un résultat, ça va partir. Il montre des trucs supers à l’entraînement et c’est dommage qu’en compétition, ça passe à côté. Il faut qu’il se batte, qu’il accroche Vincent et reste avec l’équipe.

 

 

Depuis votre arrivée, l’équipe a bien évolué. On le voit encore cette saison. Y a-t-il eu de nouveaux changements dans la préparation ?

On ne s’est pas préparés différemment. On a créé des fondations solides à mon arrivée et on crée par-dessus. Je veux que ce soit vraiment solide. Et ça marche. Vincent est plutôt costaud alors qu’il est quand même préoccupé, sachant que sa femme va bientôt accoucher. C’est stressant pour lui. Mais il gère très bien tout ça, il est solide.

 

La Fédération peut aussi jouer un grand rôle dans cette évolution… 

Je suis déjà très content qu’elle nous soutienne. Les sauteurs sont les seuls à ne pas avoir de médailles, à ne pas avoir de podium mais la Fédération reste quand même derrière nous. Michel Vion et Fabien Saguez nous soutiennent vraiment et nous le répètent : ils veulent que le saut reste à la Fédération.

 

L’objectif est de faire au moins la même Tournée que l’année dernière.

 

Justement, pas de podium depuis 2009 et Emmanuel Chedal pour la France. Quel est l’objectif de cette équipe ?

L’objectif reste de faire un podium. La Tournée des 4 Tremplins arrive aussi… L’année dernière, on a fait une très belle Tournée. Il faut qu’on arrive à répéter et j’ai confiance même si c’est difficile. Il faut dire que c’est très différent du reste de la saison avec le système de duels, ça met du piment mais c’est très dur. L’objectif est de faire au moins la même Tournée que l’année dernière, voire plus.

Après, à Lahti, je compte beaucoup sur Ronan sur le petit tremplin. Je voudrais qu’il exprime son physique et je pense qu’il peut y arriver. Je souhaite emmener Vincent et Ronan, j’espère que ce sera possible. C’est difficile d’être un athlète seul aux mondiaux ou aux JO, c’est à éviter absolument. A deux, avec le staff, on représente un petit groupe et ça permet de créer une dynamique positive, de se tirer vers le haut.

 

Que manque-t-il pour le moment qui empêche d’y parvenir ?

Pour nous, faire un podium, ça reste difficile. Derrière, il n’y a personne qui nous pousse à faire mieux. Dans le Jura par exemple, qui va pousser Ronan ? Personne. Il n’y a pas de relève. La vraie question c’est : qu’est-ce qu’on a oublié de faire ? Pourquoi aucun jeune ne pratique le saut ? Pourtant on a beaucoup de stades, on a des structures un peu partout dans les montagnes… Il y a des possibilités, alors pourquoi on n’arrive pas à retenir les jeunes ? C’est toujours la même question : qu’est-ce qu’on ne fait pas correctement ? Elle revient sans arrêt, mais on n’a pas encore trouvé de solution…

 

 

La couverture médiatique du saut en France n’est pas non plus très importante, cela joue-t-il sur l’intérêt que peuvent porter les jeunes à la discipline ?

Il y a très certainement un rapport. Mais la couverture médiatique, on ne l’obtient que quand il y a un bon athlète, quand il y a des résultats. On a plus envie de pratiquer le sport où les Français réussissent. Un soutien plus positif des médias pourrait aider aussi. Faire des articles sur le haut niveau, c’est bien mais faire des articles sur les jeunes dans les clubs, les mettre en valeur, c’est important aussi.

 

Le saut a donc encore des obstacles à surmonter en France.

Il faut continuer de se battre. Ce n’est pas en rentrant à la maison pour se reposer ou repartir en catégorie inférieure que ça va fonctionner. Ca ne se passe pas comme ça en saut à ski. Il faut s’accrocher, insister. Il n’y a que comme ça qu’on y arrivera.

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