Simon Fourcade : « Les balles ratées en biathlon ne sont pas de la malchance, mais des erreurs ! »

Simon Fourcade a mis un terme à sa saison de coupe de monde de biathlon (avant un possible retour sur les mondiaux militaires et les championnats de France). Dans un entretien vérité où il n’élude aucun sujet, le biathlète de Villard-de-Lans commente cette annonce et analyse son olympiade sans s’épargner. Un entretien tout en sincérité. 

 

Simon Fourcade, vous avez mis un terme prématuré à votre saison de coupe du monde après le sprint de Kontiolathi expliquant que “depuis deux semaines, le corps ne suit plus”. Vous dites également “payer aussi le travail énorme fourni pendant les fêtes” pour décrocher votre ticket olympique… Forcément déçu d’une telle fin de saison ?

Oui et non… Non car suite à une préparation perturbée par des résultats qui ont tardé à venir, je m’attendais un peu à être en difficulté tôt ou tard. Pendant que tout le monde était au repos pendant les deux semaines de Noël, j’ai bouffé intenses sur intenses afin d’obtenir ma qualification olympique sur le mois de Janvier. Ensuite tout s’est très vite enchainé (Coupes du monde de janvier- stage de préparation olympique- JO) puis lors de la seule semaine de repos que j’aurai pu observer, suite aux JO et avant de repartir pour Poklujka, je suis tombé malade. Il y a mieux pour récupérer…
Autrement dit, entre le 7 novembre et ce début de semaine, je n’ai eu aucune période de relâche significative.
Il fallait bien que ça tombe à un moment ou à un autre… Même si je ne m’attendais pas à ce que cela soit aussi violent!
Ensuite, oui, forcément. je ne peux être que déçu de ma fin de saison. Déçu de ne pas avoir pu courir à mon niveau sur ces deux dernières coupes du monde, déçu de ne pas avoir réussi mon objectif de fin de saison (à savoir essayer de décrocher ma première victoire en coupe du monde), déçu également de ne pas pouvoir célébrer tous les beaux résultats du biathlon français sur cette dernière et mythique étape d’Oslo.
Mais il ne faut pas se tromper d’objectif. J’ai déjà beaucoup d’expérience et un grand nombre de saisons en coupe du monde. Je ne suis pas là pour aller accrocher des quarantièmes places. Je ne me sens actuellement pas capable de me battre devant à cause de mon état de forme et je préfère rentrer plutôt que de continuer à m’enfoncer comme c’est le cas depuis maintenant 2 semaines.
De plus, ma décision d’arrêter les frais cette saison, même si je l’ai prise en concertation avec les entraîneurs, est un choix personnel. Personne ne me l’a imposé. Je suis le premier à dire qu’on ne va pas en coupe du monde pour faire de la figuration. J’ai pris les décisions en conséquence même si ça ne m’a pas fait plaisir.

Simon Fourcade : « Je ne m'attendais pas à une telle fin de saison ».

Simon Fourcade : « Je ne m’attendais pas à une telle fin de saison ».

 

Après un début d’hiver, vous avez su revenir en forme début janvier et gagner votre billet pour Sochi. Mais en Russie, on a le sentiment que la poisse ne vous a guère quitté entre la maladie le jour du relais, l’individuel où vous aviez clairement la médaille dans les jambes… Avec le recul, comment analysez-vous vos troisièmes Jeux olympiques ?

Il ne faut pas tout mélanger. La malchance est une chose. Le fait de ne pas avoir été à mon niveau en est une autre.
Lors de la première semaine, j’ai été à mon meilleur niveau de la saison sur les skis. Mais même à 40 sec du meilleur temps de ski, avec 8/10 lors du sprint, il ne faut pas s’attendre à des miracles.  Deux jours plus tard, lors de la poursuite, je fais une grosse course mais malgré le 5e temps du jour (à 10 sec de Jean-Guillaume et Martin), je partais de trop loin pour pouvoir espérer mieux que ma 18e place.  Sur l’individuelle je passe à côté de mon second tir avec ces deux pénalités. Les balles que l’on rate, en biathlon, ce n’est pas de la malchance. Ce sont des erreurs.
Je n’ai tout simplement pas été bon derrière la carabine. Et ça je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.  Quant à la maladie, je ne crois pas au hasard. Lors de la seconde semaine, suite aux reports successifs de la mass start, j’étais déjà émoussé. La maladie n’a été qu’une conséquence de cet état de fatigue. Je suis d’ailleurs retombé malade la semaine suivante lors de notre retour en France. Si malchance il y a eu a un moment donné lors de cette quinzaine, c’est lors de ma chute sur la mass start. Pas ailleurs.

 

La malchance est une chose. Le fait de ne pas avoir été à mon niveau en est une autre.

 

Voir votre frère briller à Sochi vous a-t-elle plongé dans un sentiment très ambivalent entre la joie pour lui et la tristesse pour vous. Que retenez-vous humainement de cette quinzaine russe ?

Absolument pas. Ce fut une quinzaine fantastique et de magnifiques jeux olympiques avec encore une fois des résultats formidables pour le biathlon français. Les médailles de mon frère et celle de Jean-Gui furent du pur bonheur. Si j’ai pu paraître triste ou déçu à un moment donné, ce n’est aucunement à cause de mon frère mais simplement dû à ma déception propre suite à mes courses, lors desquelles j’aurais espéré mieux.
Cependant, je rentre avec un sentiment très positif de Sochi car je n’ai pas subi les épreuves comme cela fut le cas à Vancouver. J’étais au meilleur de ma forme et j’ai donné le meilleur de moi-même, en m’exprimant pleinement. Je n’ai tout simplement pas réussi à provoquer cette réussite qui fait que l’on passe de la 10e place à une place sur la boîte.

Simon Fourcade : "Si malchance il y a eu pendant les Jeux, c'est lors de ma chute dans la mass-start"

Simon Fourcade : “Si malchance il y a eu pendant les Jeux, c’est lors de ma chute dans la mass-start”

 

Si l’état de forme est meilleur, vous sera de retour sur les pistes pour les mondiaux militaires du 24 au 28 mars. Quelle importance revêt ce rendez-vous à vos yeux ?

Les mondiaux militaires sont un événement important car en tant qu’athlète militaire détaché pour le sport de haut niveau, nous représentons notre employeur, qui depuis maintenant plusieurs années, nous soutient afin de représenter la France sur la scène internationale.
Même si le niveau des courses de ce championnat est moins dense que sur le circuit coupe du monde, il reste cependant élevé car bon nombre d’athlètes que nous rencontrons tout au long de l’année sont également militaires. Italiens, Allemands, Autrichiens, Suisses, Norvégiens… seront de la partie. Au-delà de ça, je souhaiterais simplement terminer ma saison sur une note positive après ce dernier mois compliqué afin de repartir, avec un maximum de motivation et d’envie, à l’entrainement dans quelques semaines.

 

Ensuite, vous aurez l’occasion de vous illustrer lors des championnats de France à Prémanon qui s’annoncent déjà très populaires…
Ce sera une belle fête avec de nombreuses médailles olympiques à célébrer.

Photo : Agence Zoom –

 

1 Comment

  1. catignol

    23/03/2014 à 11 h 00 min

    J’aime beaucoup le sportif. Simon est un grand athlète, je suis déçue pour lui, que ses résultats ne sont pas à la hauteur de ce champion, je le trouve timide, (c’est le sentiment que l’on ressent) il lui manque un déclic, peut-être se sent-il inférieur à Martin, il ne faut pas, car Martin est fort, mais lui avec sa vitesse sur les skis, il peut rivaliser

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