Ski de fond | Alexandre Rousselet : « Déçu de ne pas voir la coupe du monde à Prémanon »

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SKI DE FOND – Alexandre Rousselet, entraîneur des distanceurs français, revient, pour Nordic Magazine, sur la semaine de stage effectuée à Prémanon (Jura) mais aussi sur l’état de forme de ses athlètes, la coopération avec les autres coachs et la suite du programme estival.

 

Pour avoir remporté le relais de la coupe du monde de La Clusaz en 2004, Alexandre Rousselet est entré dans la légende du ski de fond tricolore au même titre que Christophe Perrillat, Vincent Vittoz et Emmanuel Jonnier. Aujourd’hui, l’athlète est devenu entraîneur et officie auprès des distanceurs de l’équipe de France.

La semaine passée, à la fin d’un stage organisé à Prémanon (Jura), Nordic Magazine lui a passé un appel pour faire le point sur plusieurs sujets : la préparation estivale, la forme des fondeurs, la suite du programme ou l’annulation de la coupe du monde française. Mais le point de départ de la discussion s’est situé sur la sortie type Transjurassienne qu’il a concocté à ses « gars », comme il les appelle, jeudi dernier. Rien d’étonnant, venant d’un ancien vainqueur de l’épreuve.

 

  • Jeudi dernier, en plein stage organisé à Prémanon, vous avez composé une longue sortie pour vos athlètes, une séance type Transjurassienne : comme s’est-elle déroulée ?

C’était une longue sortie faite exclusivement avec les distanceurs au lendemain d’une grosse boucle réalisée avec l’ensemble du groupe autour de Prémanon. Il y a eu du ski à roulettes classique et skate ainsi que de la course à pied pour terminer. Le tout de Prémanon à Métabief en passant par Mouthe.

 

  • Quel était l’objectif ?

Comme tout au long de la semaine, c’était de faire des bonnes séances, longues, avec des vitesses lentes aérobies pour allier l’entraînement et le plaisir. Sur les routes jurassiennes ensoleillées, c’était vraiment agréable pour tout le monde. Les allures étaient régulières et les consignes techniques de skier à l’économie pour développer l’amplitude de la gestuelle.

 

 

  • Vous avez aussi organisé des compétitions mettant aux prises vos fondeurs…

Habituellement, on se rendait au mois d’août Blink, en Norvège. Pour pallier, on maintient l’intensité avec des compétitions internes comme le team sprint de vendredi et le chrono individuel sur la piste des Tuffes samedi, en toute fin de stage. On profite de l’ajout d’un morceau qui a été goudronné très récemment pour avoir une boucle plus longue, assez vallonnée. Le profil est agréable pour faire une belle séance.

 

« L’ambiance est vraiment super bonne et le travail est bien effectué, de façon rigoureuse, pour tout le monde »

 

  • Quels ont été les axes de travail sur la semaine de stage ?

On a fait des séances longues, comme je vous l’ai dit, mais aussi des séances de vitesse ludiques garçons/filles profitables à tout le monde. Il y a eu de la musculation, plutôt individualisée, avec Edouard Carnet, le préparateur physique commun du fond et du biathlon. On a aussi fait de la course à pied et des séances plus spécifiques sur la piste des Tuffes. Globalement, Prémanon est notre camp d’entraînement, on y a donc nos repères. C’est pour cela qu’on est allés plus loin, pour voir d’autres routes et ne pas être trop répétitif.

 

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Thibaut/NordicFocus

 

  • Quelle est la forme du groupe en cette fin de mois de juillet ?

Lors de la petite période après le stage de Tignes, les gars ont logiquement un peu accusé le coup. Pour le moment, même s’il y a des petits bobos qui sont habituels à cette période de l’année, il n’y a rien de très alarmant. Tout le monde est en forme et content d’être là. L’ambiance est vraiment super bonne et le travail est bien effectué, de façon rigoureuse, pour tout le monde.

 

  • Vous êtes trois coachs pour cornaquer le groupe coupe du monde : comment vous organisez-vous ?

Avec Thibault Chêne, coach des féminines, et Cyril Burdet, entraîneur des sprinteurs, on travaille vraiment ensemble. On se répartit les séances selon leurs spécificités, leurs particularités. On va essayer de redresser la barre du côté des distanceurs après un hiver un peu plus compliqué alors que les sprinteurs ont brillé. L’équipe féminine, en construction, a un bon groupe de sept fondeuses pour qui c’est très intéressant de travailler avec les garçons.

 

« On va faire les grands cols des Alpes en août lors d’une semaine d’itinérance en ski-roues »

 

  • Quelle est la suite du programme estival ?

Du 16 au 22 août, on va se dissocier pour la seule fois de l’été. Avec les distanceurs, on va faire les grands cols des Alpes pour faire du dénivelé, entre 10 et 15 000 mètres de positif lors d’une semaine d’itinérance en ski-roues. On rejoindra les biathlètes à Bessans en fin de stage pour échanger avec eux. Les sprinters et les filles seront sur les pistes et les routes de Vassieux-en-Vercors. Ensuite, si tout va bien, nous irons en septembre à Oberhof, pour trouver la neige et faire des compétitions avec les Allemands et les Russes dans le tunnel et en rollerski, et en octobre à Ramsau, pour le ski-roues et la neige sur le glacier.

 

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Modica/NordicFocus

 

Ce sera effectivement le grand moment de la saison prochaine, avec nos collectifs du temps sprint et du relais, nos points forts, mais aussi nos individualités. On a de plus en plus les capacités de pouvoir jouer sur plusieurs tableaux. Si le championnat du monde est l’objectif prioritaire, le chemin pour y parvenir sera aussi primordial, comme le Tour de Ski, événement phare de l’hiver où on ciblera les étapes.

 

« On a vécu des coupes du monde fabuleuses en France et on aimerait le revivre »

 

  • Il doit y avoir de la déception de ne pas voir Prémanon au calendrier de la coupe du monde…

Bien entendu… La coupe du monde à Prémanon, pour les athlètes et la discipline, ça aurait été un coup de projecteur fabuleux. Le Jura est vraiment la région la plus propice à cela. On est déçus de ne pas pouvoir vivre ça et faire vivre ça à nos athlètes. On a vécu des coupes du monde fabuleuses en France par le passé [à La Clusaz, ndlr.] et on aimerait le revivre. Malgré tout, on espère que ça aura lieu en 2022 avec la possibilité d’avoir une belle préparation pour les organisateurs. On va rester optimistes là-dessus et continuer à y croire !

 

Photos : Jolypics et Nordic Focus.
Vidéo : Instagram Équipe de France de ski de fond.

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