Ski de fond : « Je veux simplement en profiter », assure Jessie Diggins
Dans une semaine, Jessie Diggins va commencer son dernier hiver après avoir annoncé, mercredi, sa retraite en fin de la saison. Pas de révolution dans sa préparation, pas d’objectif chiffré, mais une envie profonde : profiter et finir en beauté. Lors de sa conférence de presse d’avant-saison à laquelle Nordic Magazine a assisté, la fondeuse de 34 ans a détaillé ses motivations pour ces derniers mois au plus haut niveau.
« Je veux simplement en profiter. Honnêtement, depuis la coupe du monde de Minneapolis [en 2024, NDLR], tout a été comme une victoire. Je veux savourer chaque instant, m’amuser, être heureuse et en pleine forme. C’est vraiment mon objectif principal », détaille la skieuse originaire d’Afton (Etats-Unis), dans le Minnesota.

Une approche qui change radicalement sa façon d’envisager les moments difficiles : « Même les jours d’entraînement où il fait un froid de canard et où c’est dur de sortir, je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je le ferai. Du coup, ça donne une dimension encore plus profonde à tout ça. »
Une préparation inchangée
Alors que l’Américaine prépare sa dernière saison avec en point d’orgue les Jeux olympiques de Milan/Cortina 2026 – où elle chassera son premier titre en individuel – elle a ainsi fait le choix de faire une préparation classique.
« La préparation est la même, il s’agit simplement d’adapter le pic d’entraînement aux Jeux olympiques. Mais en réalité, le cœur du programme n’a pas changé, et c’est tant mieux. Du coup, si on a trouvé une méthode qui fonctionne, c’est parfait. Et surtout en sachant que ce serait ma dernière année, je me suis dit : « Pourquoi tout changer maintenant ? » »
« Savoir que ce sont mes derniers Jeux olympiques, je crois que ça me libère et me permet d’en profiter pleinement »Jessie Diggins lors de sa conférence de presse
Des épreuves de ski de fond qui se dérouleront dans le Val di Fiemme (Italie), site parfaitement connu par les fondeurs.
« Savoir que ce sont mes derniers Jeux olympiques, je crois que ça me libère et me permet d’en profiter pleinement. […] Je trouve ça vraiment génial d’utiliser un parcours existant. Quand je m’y entraîne, je vois plein de monde l’utiliser : des enfants, des clubs. Même si je connais super bien le parcours, une partie se déroule littéralement à l’envers, tout a été modifié. Tout le monde doit un peu tout réapprendre. »

Après les Jeux olympiques de Pékin (Chine) disputé dans l’isolement sanitaire en 2022, Jessie Diggins souhaite en profiter avec ses proches : « Lors de la dernière édition, à cause du Covid, personne n’a pu venir. C’était vraiment difficile. Cette fois, je crois qu’au moins 60 personnes, des amis et de la famille, seront là. Et je veux pouvoir partager tout ça avec eux. »
Une fin de saison spéciale à domicile
Même si c’est sa dernière saison, l’Américaine n’a aucune intention de réduire l’intensité et souhaite continuer d’être performante. L’adrénaline du dossard reste un moteur essentiel.
« J’aime tout simplement la compétition. Et mon corps semble beaucoup apprécier la compétition. Alors autant en faire le plus possible puisque c’est ma dernière fois. […] J’ai vraiment hâte de dévaler une dernière descente rapide et sinueuse à Falun. J’ai toujours adoré courir en Italie aussi. Il y a tellement d’endroits mythique. »

L’Américaine aura l’occasion de terminer à domicile, lors de la coupe du monde de Lake Placid (Etats-Unis). « C’est évidemment un moment très spécial, car ce ne sera que mon deuxième week-end de coupe du monde dans mon pays [après Minneapolis en 2024, NDLR]. C’est vraiment exceptionnel, presque magique. »
La fondeuse compte profiter sa dernière saison pour remercier tous ceux qui l’ont accompagnée : « A chaque fois que je quitte un lieu de compétition, je remercie les bénévoles, et tous ceux qui ont pris mes skis, mon dossard. Parce que c’est la dernière fois que vous allez faire ça pour moi et c’est vraiment spécial. »
Un héritage plus grand que le sport
Si la retraite sportive approche, Jessie Diggins ne prévoit pas de disparaître du paysage sportif ou sociétal : « L’une des choses qui me passionnent le plus est de continuer à être un modèle inspirant. Je souhaite toujours travailler avec Protect Our Winters, continuer d’être une ambassadrice de la santé mentale. Je veux continuer à me lancer des défis. Courir 100 miles [environ 160 km, NDLR] est un rêve que je caresse depuis longtemps. »

Elle envisage aussi de revenir, différemment : « Je me verrais bien entraîner, surtout les jeunes. Leur transmettre le plaisir du ski, les aider à construire des souvenirs. »
Jessie Diggins avec ses trois gros globes de cristal, ses deux titres mondiaux et ses vingt-sept victoires en coupe du monde laisse souhaiter un héritage plus grand que simplement sportif : « Je pense que l’un des héritages que je laisse, c’est la façon dont la fédération américaine gère désormais la santé mentale. Voir les programmes, les politiques, le dialogue évoluer, j’en suis tellement fière. »
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