Ski de fond | Louis Schwartz : « L’impression de quitter le wagon… »

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SKI DE FOND – À 25 ans, l’Isérois Louis Schwartz a annoncé la fin de sa carrière de skieur de fond. Pour Nordic Magazine, l’ancien pensionnaire du Team Vercors Isère explique sa décision et revient sur sa carrière, marquée par l’inoubliable coupe du monde de La Clusaz de décembre 2016. 

 

« C’est bizarre de se lever le matin et de se dire qu’il n’y a pas entraînement le matin. C’est plein de petites choses qu’on met en place dans la vie d’un sportif et qu’on a plus à faire. C’est étonnant, j’ai l’impression de ne plus savoir comment rythmer ma journée… »

En préambule de l’entretien que Louis Schwartz a accordé à Nordic Magazine, le Villardien revient sur ses premières heures, étonnantes, de retraité. Pour la suite, il confie vouloir transmettre « quelque chose qui me plaît bien et que je faisais ces derniers temps avec les jeunes du Tema Vercors Isère ». Entretien.

 

  • Quand avez-vous pris la décision d’arrêter votre carrière de fondeur ?

J’avais eu des contacts pour partir aux États-Unis mener un double projet études/ski de fond. Pendant des mois j’ai fais toute la paperasse sauf que j’ai eu la confirmation en début de semaine que ce n’était pas possible, pour diverses raisons. J’avais dit que si je n’allais pas là-bas j’arrêtais, donc c’était une décision bien réfléchie depuis des mois.

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  • Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet américain ?

Le but était d’aller étudier et skier pour une équipe universitaire. Je devais partir à Salt Lake City, dans l’Université d’Utah. Ce n’est pas très connu en France, très peu d’athlètes y sont allés alors que je pense que ça peut correspondre à beaucoup de gens qui veulent étudier et skier à l’étranger, dans un cadre différent de celui de la Fédération, que l’on connaît tous.

 

 

  • Plus largement, et au-delà de cette aventure outre-Atlantique manquée, pourquoi avez-vous décidé d’arrêter le ski de fond ?

La saison dernière, j’étais dans un groupe un peu à part avec Clément Arnault [qui a aussi mis un terme à sa carrière, ndlr.] au sein du Team Vercors Isère. On voulait se donner tous les deux notre dernière chance. Mais l’hiver s’est un peu moins bien passé par rapport à nos attentes.

Personnellement, je savais que j’étais un peu usé, j’arrivais moins bien à me relever des échecs. C’était un moteur auparavant, mais plus depuis deux ans. Je m’étais dit que je n’arrivais plus à accepter la défaite comme lors des sélections. Quand c’est compliqué, ça pousse vite à baisser les bras. Mais je ne voulais pas partir comme ça. J’aime bien partager les choses, mais il n’y a pas eu les championnats de France où j’aurais voulu effectuer mon jubilé. Comme j’ai été contacté par plusieurs universités américaines et que je trouvais ça cool, je suis parti sur une préparation pour aller là-bas.

 

« Si j’avais été un bon joueur de tennis, je n’aurais jamais mis un pied dans le monde du ski de fond ! »

 

  • Quittez-vous pour autant le monde du ski de fond avec des regrets ?

Je pense que les regrets n’apportent rien. Chaque fois que j’ai pris un départ, j’ai donné tout ce que je pouvais. On peut refaire les courses dix fois, en se disant qu’en prenant mieux un virage on aurait peut-être pu, mais, au final, la liste des résultats est gravée dans le marbre. Si j’avais pu aller plus loin, je l’aurais fait ,mais je n’avais pas les capacités mentales. Il s’est passé tellement des choses incroyables pendant dix ans de haut niveau que ce serait dommage de le gâcher avec des regrets.

 

 

Comme beaucoup d’enfants, je faisais beaucoup de sports au collège de Villard-de-Lans où il y avait des classes sportives avec des demi-journées aménagées. Je faisais du foot et du tennis à l’époque, mais pas du tout de ski de fond. Sauf que je n’étais pas assez bon au tennis et que la section football n’étais pas encore bien structurée… Du coup, j’ai une copine de l’école primaire qui faisait du ski de fond et que j’ai suivi. Je faisais la Foulée Blanche avec l’école primaire tous les hivers, c’était un beau moyen de se défouler. Je suis venu au ski de fond par hasard sans rien y connaitre. Si j’avais été un bon joueur de tennis, je n’aurais jamais mis un pied dans ce monde-là [sourire] !

 

« Je n’ai jamais tremblé pendant un échauffement… sauf ce jour-là »

 

  • Que retenez-vous de ses nombreuses années de carrière ?

Hier [Mercredi] avant de publier mon post, j’ai appelé tous les entraîneurs qui m’ont fait grandir. À chaque fois, on discutait de moments humains, les émotions qu’on a vécues plus que les résultats bruts que j’ai pu faire. Au final, dans quinze ans, je ne me rappellerai plus des résultats mais des personnes avec qui j’étais à ce moment-là et qui seront sûrement encore présentes dans ma vie. Ça a plus été une aventure humaine qu’une aventure de performances.

 

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  • Vous avez tout de même disputé la coupe du monde de La Clusaz en 2016, un moment extraordinaire dans votre carrière alors que vous aviez seulement 21 ans…

Je n’ai jamais tremblé pendant un échauffement… sauf ce jour-là. Il y avait du monde de partout, un visage sur deux m’était connu. C’était une belle et incroyable journée. Même aujourd’hui, quasiment quatre ans plus tard, je n’arrive pas à dire précisément ce que j’ai vécu. À part le mot incroyable, je n’en trouve pas d’autres pour décrire ce moment. C’était fou [il se répète].

 

« J’ai eu du mal à dormir en repensant à tout ça… »

 

  • Tous les messages reçus depuis votre annonce doivent énormément vous toucher…

Ah ouais, ouais ! Je ne m’attendais pas à en recevoir autant, je ne pensais qu’il allait y avoir autant de gens qui allaient s’identifier à moi, partager, commenter. Je n’ai pas encore eu le temps de répondre à tout le monde mais ça vient d’un peu partout dans le monde. Les gens avec qui j’ai partagé de beaux trucs dans le ski m’ont écrit des mots hypers touchants. J’ai eu du mal à dormir en repensant à tout ça, aux moments que je ne revivrais plus comme la médaille en relais. Je suis tellement content de l’avoir vécu qu’après mon annonce, j’ai eu l’impression de quitter le wagon tandis que le train continue pour eux.

 

 

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Photos : Jolypics, Nordic Magazine et Archives.

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