Ski de fond | Marine Dusser : « C’est important de garder le style classique »

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SKI DE FOND – Marine Dusser, ancienne biathlète française, s’est maintenant tournée vers le ski de fond longue distance. Elle nous parle de sa nouvelle discipline.

 

Marine Dusser, ancienne biathlète française de haut niveau et aujourd’hui coach à l’Université Anchorage d’Alaska, a remporté la dernière course longue distance de l’hiver en Islande. Elle donne son point de vue sur ses courses parfois plus longues qu’un marathon

 

Je suis mariée avec un fondeur américain (Erik Bjornsen, ndlr.) qui a été invité à cette course. Il y avait énormément de monde, 700 personnes je crois. Il faut dire aussi que l’Islande c’est atypique, avec des paysages variés un peu comme chez moi en Alaska, mais des montagnes un peu moins hautes. À cette période de l’année, ça permet de venir en voyage et, en même temps, de disputer cette course. Il fait beau, la neige est encore présente et les conditions sont bonnes. On en a aussi profité pour visiter ce magnifique pays pendant une semaine.

 

  • Comment avez-vous gagné le Fossavatnsgangan (littéralement « Fossavatn Ski Marathon ») ?

Je suis partie assez tranquillement, sans trop m’enflammer comme ça faisait longtemps que je n’avais pas mis un dossard. Au kilomètre 21, j’étais encore avec l’Américaine Caitlin Gregg, finalement troisième. Je ne pensais pas que j’allais gagner. Après la mi-course, j’ai mis une accélération et ça n’a pas tenu derrière. J’ai ensuite fait les 15 derniers kilomètres plus vite, ce qui m’a permis de l’emporter assez largement (avec plus de deux minutes d’avance sur la Finlandaise Sanna Soudunsaari, ndlr.).

 

 

  • Quel plaisir prenez-vous à skier pendant 40, 50 voire 60 kilomètres ? Comment vous préparez-vous ?

Pour la plupart des athlètes, les courses longues distances permettent de faire des courses sans stress. Moi, je ne pourrais pas gagner un 10 km parce qu’il y a trop d’intensité à mettre d’un coup. Par contre, je cours et je skie tous les jours, je fais beaucoup d’heures et, si tu as le volume physique, c’est suffisant pour faire des courses longues distances.
Ces courses c’est plus de l’entretien parce que c’est moins intense que les courtes distances, ça ne nécessite pas d’entraînement spécifique. J’ai arrêté ma carrière de biathlète en 2012 pour voir autre chose. J’ai ensuite fait des courses de ski de fond sur le circuit universitaire américain jusqu’en 2014. Comme j’aile le goût de l’effort et repousser mes limites, les marathons me permettent de retrouver des sensations de course. J’aime toujours la compétition.

 

  • Vous venez du biathlon et vous n’avez jamais participé à un circuit longues distances de ski de fond : que pensez-vous de ces derniers ?

Pour moi, les courtes et longues distances, ce sont deux sports totalement différents, surtout en classique. C’est un autre sport parce que, maintenant, c’est une autre technique (la double poussée, ndla.) qui est utilisée. Le Finlandais Iivo Niskanen, champion olympique en titre du 50 km classique, a fini seulement troisième en Islande samedi dernier (le 4 mai, ndlr.), ce qui montre bien que ce n’est plus la même chose. C’est surtout le cas chez les garçons qui font toute la course en poussée. Mon mari a terminé septième et il m’a dit qu’au bout de 30 km, il était mort. C’est un autre sport, pas moins bien ou mieux. Pour performer en double poussée, il faut être un bon classiqueur, c’est la base.

 

  • Diriez-vous que le circuit Visma Ski Classics a entraîné la création d’un troisième pas en ski de fond ?

Oui, je dirais qu’il y a maintenant trois techniques de pas en ski de fond : le skating, le classique et, donc, la double poussée. En Coupe du monde, et plus largement dans toutes les courses FIS (dirigées par la Fédération internationale de ski, ndlr.), ils ont été malins en mettant des zones techniques où les athlètes doivent skier en style classique, qui est quelque chose qu’on doit garder, qui est très important. Le circuit Visma Ski Classics, où tout est en double poussée, c’est un autre sport.

Photo : Marine Dusser

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