Ski de fond | Maurice Manificat : « Je me sens fort »

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SKI DE FOND – Après être monté sur son 32e podium de coupe du monde, le premier depuis 24 mois, le Haut-Savoyard Maurice Manificat a répondu aux questions de Nordic Magazine. Satisfait du devoir accompli mais focalisé sur la suite du Tour de Ski, le triple médaillé olympique est heureux d’avoir retrouvé son niveau après une année galère.

 

En juillet dernier, lorsqu’on avait interrogé Maurice Manificat en pleine préparation estivale, il n’avait pas totalement effacé la déception d’un hiver 2019/2020 jugé, de ses propres mots, comme « dégueulasse ».

Ce dimanche, après avoir passé un test antigénique obligatoire pour pénétrer en Italie et disputer la suite du Tour de Ski 2021, dont il occupe actuellement la troisième place après sa démonstration lors de la poursuite skate de Val Müstair (Suisse), c’est un Français radieux qui a répondu aux questions de Nordic Magazine. Entretien.

 

  • Vous montez sur votre premier podium de coupe du monde après 24 mois de disette : comment l’avez-vous vécu ?

Ce matin, l’objectif était de faire cette poursuite en allant chercher Dario Cologna et, si possible, le podium. Sur le papier, il y avait tout pour le faire avec une course skate et des superbes sensations qui se sont confirmées ce matin encore.

On avait des skis incroyables, je me sentais vraiment fort. Personne n’a pris mon relais parce que je savais que je n’allais pas flancher.

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Sur une poursuite, il ne faut pas trop se regarder et sur cette piste qu’on a bien apprivoisée cette semaine avec cette longue montée, j’ai réussi à faire des différences en haut de cette bosse. C’était hyper plaisant, j’ai pu faire du bon ski appuyé, me donner à fond. Et ça paye avec un podium qui n’est pas volé [rire]. !

Ça fait vraiment plaisir de revenir comme ça, en plus sur le Tour de Ski, une épreuve qui me tient à cœur. C’est une grosse satisfaction.

 

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Maurice Manificat (FRA) – Modica/NordicFocus

 

  • Depuis combien de temps vous ne vous étiez pas aussi bien senti sur les skis pendant une course ?

Franchement, ça doit remonter à mon dernier podium [une victoire lors du 15 km skate d’Ulricehamn le 26 janvier 2019, ndlr.]. Déjà à Davos, c’était encourageant après une préparation lors de laquelle je suis monté en pression.

Sur le sprint d’ouverture, je n’ai pas compris ma performance [il n’a pas passé la qualification, ndlr.] … J’étais tout mou, pas bien. Ce n’était pas normal par rapport à mes sensations des jours précédents. Depuis, j’ai l’impression d’avoir une constance dans mes sensations, c’est ce qu’il me faut, mais je ne suis pas à l’abri d’une mauvaise étape pendant ce Tour de Ski.

Avec ce podium, c’est concret pour le général et je crois n’avoir jamais été aussi bien classé après trois étapes. C’est de bon augure.

 

« L’absence des Norvégiens ? On s’en fiche ! »

 

  • Un individuel 15 km skate arrive ce mardi à Toblach (Italie) : c’est un vrai objectif pour vous avec, en plus, celui des Mondiaux à préparer.

Exactement. Dans le Tour, il faut prendre toutes les étapes à cœur et j’avais coché celle-ci avant le départ. Toblach, c’est une piste que j’aime bien, donc si j’arrive avec la forme et que tout se passe bien, ça peut faire une belle course aussi [rire].

C’est vrai que malgré l’absence des Norvégiens, il y a quand même du gros niveau et on confirme notre statut de troisième nation mondiale. C’est génial.

 

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Modica/NordicFocus

 

  • Justement, que change l’absence des Norvégiens dans l’approche des courses ?

Rien, ce sont justes des adversaires en moins. On s’en fiche [il éclate de rire] ! C’est dommage pour eux, mais surtout pour les athlètes parce que beaucoup sont frustrés par les choix de leurs chefs, qui sont incompréhensibles.

Ça n’empêche qu’il y a de l’action et du suspense. Les trois jours qu’on a vécus, je pense que c’était assez sympa à voir de l’extérieur. Ça montre le niveau de notre sport, avec ou sans les Norvégiens.

 

  • L’ambiance au sein de l’équipe de France, avec les bons résultats qui s’enchaînent, doit être excellente…

Ah oui, oui, ça rigole ! On a connu des pires jours. Ces joies du podium, des célébrations avec tout le staff, c’est hyper important. On est tous soudés, autant dans la défaite que dans la victoire.

 

« L’attente a été longue avant de lancer mon hiver mais je ne dois pas le regretter »

 

Au départ, on devait faire Lillehammer puis ça a été annulé et c’est sûr que j’ai été assez frustré pendant cette période. À Davos, je sentais que ça manquait de compétition et faire de vraies courses permet de monter en régime, de se débrider et de démystifier un peu le début de saison. C’est hyper important mentalement et physiquement. J’étais donc un peu déçu de ne pas aller à Ruka parce que l’attente a été très longue en novembre et décembre… Mais c’était prévu quasiment depuis l’année passée donc il ne faut pas regretter.

 

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Maurice Manificat (FRA) – Vianney THIBAUT/NordicFocus

 

  • Allez-vous répéter cette stratégie avant les Mondiaux d’Oberstdorf (Allemagne) en ne faisant pas toutes les coupes du monde, notamment en Scandinavie ?

Je ne sais pas du tout… Il n’y a pas beaucoup de courses et, déjà, il y a un Tour de Ski à terminer !

 

 

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Photos : Nordic Focus.

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