Ski de fond | Olivier Michaud : « On est dans la continuité »

Rollerski, trail, ski de fond, Ski nordique, Ski-roues
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SKI DE FOND – Il y a quelques semaines, Olivier Michaud a été nommé directeur des équipes de France de ski de fond. Pour Nordic Magazine, le Haut-Savoyard délimite les contours de sa fonction et fixe le cadre pour les deux années à venir.

 

Olivier Michaud est, depuis deux mois, un homme occupé. Limite surbooké comme il nous l’a confié par téléphone, à la sortie d’une réunion, en milieu de semaine. Depuis qu’il a été nommé directeur des équipes de France de ski de fond, l’ancien coach des groupes juniors doit gérer mille choses à la fois.

Dans l’entretien qu’il a accordé à Nordic Magazine, le nouveau boss du ski de fond tricolore explique sa mission et ses premiers pas dans son nouveau costume. Il revient également sur le stage passé sur le glacier de Tignes et sur l’état de forme de ses troupes. Enfin, il révèle que, si tout se passe bien, la fin de la préparation se déroulera en Scandinavie.

 

  • Vous avez été nommé directeur des équipes de France de ski de fond ce printemps : en quoi consiste exactement votre poste ?

Concrètement, je suis le manager de l’ensemble de la filière des groupes coupe du monde jusqu’au circuit national. Je coordonne les collectifs de l’équipe de France, je suis en charge de la stratégie sportive et j’ai également un rôle de sélectionneur pour la coupe du monde et la coupe d’Europe. Je dois également gérer le lien entre l’ensemble du staff pour que le travail soit le plus facile pour eux. Il y a aussi beaucoup de parties administratives. Ça fait deux mois que ne m’ennuie pas [rires].

 

  • Quand vous avez pris votre poste, y a-t-il eu une sorte de passation de pouvoirs avec François Faivre ?

François, c’est un ami et, là, les choses se sont présentées comme cela. On est dans la continuité. Après, mon poste n’est pas exactement celui de François, il est plus large parce que lui était concentré sur les équipes coupes du monde exclusivement. Ce poste de directeur a l’avantage de ne pas être un entraîneur/sélectionneur. C’est un vrai point fort. Ces six dernières années, on a travaillé ensemble avec François : on est dans la même philosophie.

 

  • Comment s’est passée la prise de contact avec les fondeurs et les fondeuses ? Vous en connaissiez déjà un grand nombre pour les avoir entraînés en équipes de France juniors…

J’ai été très bien accueilli. Effectivement, je connais 80% des athlètes pour les avoir coaché en juniors. Lors du premier stage qu’on a fait à Prémanon [en mai, ndlr.], il y avait, pour eux, des nouvelles informations à ingurgiter et la mise en place du projet sportif et d’entraînement. Sur Tignes, on a eu un peu plus de temps et, ça y est, ils ont pris leurs marques et sont projetés sur l’avenir.

 

« Les athlètes sont dans une bonne dynamique, on sent qu’ils sont bien ensemble »

 

  • Revenons maintenant sur le stage de Tignes, où les groupes ont pu skier sur le glacier de la Grande Motte : comment s’est-il déroulé ?

Au niveau sportif, les conditions étaient top. On a eu la chance cette année d’avoir tous les athlètes avec nous, aucun n’était absent sur blessure. Il faut le souligner parce que ce n’est pas tout le temps le cas. Sur l’encadrement, chacun a trouvé sa place [Alexandre Rousselet coach de la distance, Cyril Burdet du sprint, Thibaut Chêne des féminines, ndlr.]. Donc ça roule déjà bien, c’est bien coordonné et chacun s’entraide.

Concernant les athlètes, ils sont dans une bonne dynamique et on sent qu’ils sont bien ensemble. Ça fait plaisir à voir. On est bien en place.

 

SKI DE FOND - Les skieurs et skieuses de l'équipe de France profitent d'un superbe stage à Tignes cette semaine. Et ils commencent à accélérer le tempo. Les premières intenses arrivent...

L’équipe de France de ski de fond en stage à Tignes

 

  • Quels ont été les axes du travail de ce stage tignard ?

On est vraiment dans la continuité de ce qui s’est fait. Quand on va sur le glacier, l’objectif c’est vraiment le toucher de neige, orienté classique. L’avantage de cette époque de l’année, c’est qu’on peut prendre le temps d’effectuer un travail technique pur, de reprendre ses marques et ses gammes pour certains athlètes ou de faire des séances en commun. On a notamment fait des séances de vitesse filles/garçons et des challenges intéressants. La météo favorable nous a permis de ne pas être dans la précipitation sur le glacier. Ces derniers mois, certains athlètes ont trouvé les clés de la réussite et continuent, d’autres s’attellent à retrouver confiance…

 

« On a des gros objectifs, on ne va pas se satisfaire d’un tout bon dans l’équipe »

 

  • Justement, Maurice Manificat sort d’une saison très compliquée : comment l’avez-vous trouvé sur ce début de préparation estivale ?

Bien ! Je l’ai trouvé plutôt heureux dans cette période. Physiquement, on ne peut pas juger parce qu’on est dans une préparation de base malgré quelques séances spécifiques. Il est dans une dynamique positive et il l’insuffle au groupe, comme il sait le faire.

 

Maurice Manificat (FRA) – Modica/NordicFocus

 

  • Le meilleur Français de l’an passé est Lucas Chanavat avec une 22e place au général de la coupe du monde : l’équipe de France peut-elle se contenter de ce bilan ?

Non ! Que ce soit les athlètes ou l’encadrement, on n’en a jamais assez. Lucas a fait sauter des verrous personnels l’hiver dernier avec des podiums et des victoires en coupe du monde. C’est certain qu’il a trouvé les clés. Après, le groupe sprint a vraiment été bon cette année avec plusieurs athlètes sur le podium [Richard Jouve et Renaud Jay, en plus de Lucas Chanavat, ndlr.], preuve de sa densité.

En distance, il nous en a manqué. Il y a plusieurs raisons qui expliquent cela : quand Maurice prend une très grosse grippe au mois de janvier, c’est compliqué derrière de réagir. Mais la densité est là avec une quinzaine de seniors hommes. On compte dessus pour booster l’ensemble du groupe et faire retrouver la confiance aux titulaires, entre guillemets. On a des gros objectifs, on ne va pas se satisfaire d’un tout bon dans l’équipe.

 

« Jean-Marc Gaillard est capable de parrainer toute cette équipe avec plaisir »

 

  • Les jeunes Hugo Lapalus et Jules Chappaz, qui ont grandi avec vous chez les juniors, ont réalisé de très bons résultats pour leurs premiers pas en coupe du monde : leur intégration vous a-t-elle surpris ?

Pas du tout. Hugo Lapalus, à part cette année en U23, n’a jamais fait de médailles aux Mondiaux juniors mais était déjà sur le podium des relais. On sentait vraiment qu’il y avait un gros niveau sportif, quelque chose d’intéressant. Sur certains formats de course assez durs, il a toutes ses chances.

Jules Chappaz n’est pas champion du monde juniors par hasard. C’est très bien qu’il arrive à être dans la continuité et percuter assez vite en seniors. C’est peut-être là que se trouve la nouveauté. Avant, on avait des jeunes qui performaient en juniors mais qui tamponnaient en seniors. Je ne suis pas surpris mais Hugo qui marque des points sur quasiment chacune de ses sorties en coupe du monde, ça ne s’est pas vu souvent.

Culturellement, en ski de fond, il n’y a aucun problème d’intégration entre les plus jeunes et les plus âgés : Jean-Marc Gaillard est capable de parrainer toute cette équipe avec plaisir. C’est ce qui est très agréable à voir quand on est en stage ensemble. Ils sont très à l’aise tout en étant dans le respect de nos référents que sont les médaillés olympiques, les plus anciens.

 

SKI DE FOND - Jules Chappaz, 4e de la qualification, a finalement pris la 4e place du sprint classique des mondiaux U23 à Lahti.

Jules Chappaz et Olivier Michaud

 

  • D’ailleurs, voyez-vous des limites à leurs performances ?

On ne réfléchit pas sur les limites. On essaye de mettre en place des choses. Ce ne sont pas des machines et ça peut vite devenir compliqué. On l’a vu avec Maurice cet hiver. On vit ce qu’on doit vivre, les athlètes sont investis à 100% dans le projet, avec le staff autour d’eux, et c’est l’association de tout ça qui donnera la performance, ou pas.

 

« Si tout se passe bien, on ira en Scandinavie en novembre avec les biathlètes pour travailler la technique et y effectuer la fin de la préparation »

 

  • Qu’attendez-vous de l’équipe de France féminine dont le groupe s’étoffe d’année en année avec Delphine Claudel comme tête de gondole ?

Tout pareil, on reste dans la continuité du travail qui a été fait. Ce groupe filles arrive gentiment à maturité grâce au gros travail de leur entraîneur Thibaut Chêne. Il fallait être patient et ce n’était pas facile de monter une équipe féminine en partant de loin. On est encore loin de monter sur des podiums mais on s’en rapproche.

On veut que cette équipe de filles rayonne encore plus. Comme chez les garçons, il y a une bonne dynamique : les huit filles vivent bien ensemble et sont déterminées dans ce qu’elles veulent. Je pense qu’on peut montrer de belles choses. Le top 10, c’est l’objectif pour une Delphine Claudel mais, derrière, on a trois-quatre filles qui peuvent venir gratter le top 20 en coupe du monde. C’est le réel objectif. Après, sur les relais, on sait très bien que beaucoup de choses sont possibles quand les planètes s’alignent. Il faut y croire.

 

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Delphine Claudel (FRA) – Thibaut/NordicFocus

 

  • Avez-vous une visibilité sur la suite du programme estival ?

Pour les compétitions, suite aux complications sanitaires, il n’y en a plus d’officielles : les championnats de France sont repoussés sur Prémanon en octobre en remplacement du Challenge Vincent Vittoz. Ça va être un rendez-vous important où il y aura toutes les équipes de France. La planification des stages est en place dans le respect des règles du jeu. Chaque groupe va être projeté à Prémanon puis il y aura un stage itinérant pour un des groupes, les deux autres se retrouvant sur le plateau du Vercors.

Ce qui est marquant cette année, si la situation sanitaire le permet, c’est qu’on ira en Scandinavie en novembre avec les biathlètes pour travailler la technique et y effectuer la fin de la préparation. On y fera une compétition internationale de haut niveau avant de rentrer sur la coupe du monde.

 

« S’il y a bien une chose qu’il va bien falloir faire cet hiver, c’est s’adapter et ne pas être perturbés par des changements de dernière minute »

 

  • Par rapport à la coupe du monde, avez-vous des informations ou vous êtes dans le flou ?

Aujourd’hui, on part sur le plan A : c’est-à-dire sans changement. On s’est projetés là-dessus. Mais, après, on s’adaptera. Pour la saison à venir, s’il y a bien une chose qu’il va bien falloir faire, c’est s’adapter et ne pas être perturbés par des changements de dernière minute. C’est, aussi, ce qui fera la différence. Les championnats du monde d’Oberstdorf, ce sera l’objectif de l’hiver.

 

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Photos : Archives, Facebook Olivier Michaud et Nordic Focus.

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