Ski de fond : une qualification in extremis pour trois fondeurs russes et bélarusses
Il était moins une. Les athlètes non-qualifés pour les Jeux olympiques 2026 de Milan/Cortina (6-22 février) avaient jusqu’au 14 décembre pour réaliser les minimas pour la compétition italienne. À savoir terminer une course de coupe du monde avec moins de 300 points FIS. L’occasion a été saisie par des fondeurs de petites nations, qu’ils soient Marocain, Libanais ou Thaïlandaise.

Mais aussi par les Russes Saveliy Korostolev et Dariya Nepryaeva, ainsi que la Bélarusse Hanna Machakhina. Tous trois ont été alignés samedi 13 et dimanche 14 décembre à Davos (Suisse) et ontréalisé facilement la performance attendue : entre 35 et 73 points pour les Russes, 130 pour la Bélarusse. Et ont donc performé les critères requis pour être qualifiables aux Jeux. Ils bénéficient même de quotas garantis, car aucun de leurs compatriotes ne s’est qualifié par un autre biais.
Autorisés à participer trois jours avant
Ce bilan était pourtant difficilement envisageable deux semaines plus tôt. Les athlètes de ces deux pays n’avaient alors plus connu le circuit international depuis trois ans et demi, et leur bannissement en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie (aidée par le Bélarus). Impossible pour eux de participer à la coupe du monde 2024-2025, aux Mondiaux de ski nordique de Trondheim (Norvège) en février-mars ou à ceux de ski de fond U23 de Schilpario (Italie) en février. Or, l’immense majorité des nations ont obtenu leurs quotas à ces occasions. Inenvisageable non plus de participer aux trois manches inaugurales de coupe du monde 2025-2026, ouvertes aux fondeurs non qualifiés. La FIS l’avait rappelé en octobre, ne le permettant pas non plus aux athlètes sous bannière neutre.

Tout s’est accéléré le 2 décembre lorsque le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a annulé cette dernière décision, à l’issue d’une audience à huis clos. L’instance a décidé que les sportifs « qui répondent aux critères » d’athlète neutre « devraient être autorisés à participer aux événements de qualification » pour les JO 2026. Dès lors, restaient aux sportifs russes et bélarusses à candidater à un statut d’athlète neutre. Et remplir pour ceci les critères de la FIS et du CIO : ne pas avoir de lien avec l’armée depuis le début du conflit, ne pas l’avoir soutenu publiquement, s’engager à respecter la charte olympique et accepter la neutralité impliquée par le statut. La fédération russe de ski de fond (FLGR) a alors proposé les noms à la FIS, qui les a acceptés le 10 décembre. Même décision le lendemain pour Hanna Mahakhina. Dès lors, une course contre-la-montre s’est enclenchée, car les épreuves étaient prévues trois jours plus tard.
Alignables dans trois à quatre formats
« En une semaine seulement, nos vies ont basculé, témoigne Dariya Nepryaeva auprès de MatchTV. Nous avons voyagé pendant deux jours, il s’est passé tellement de choses… » Malgré un staff réduit à un seul accompagnant, les concernés ont assuré l’essentiel. La Russe a terminé 38e du sprint et 20e de l’individuel, son compatriote Saveliy Korostolev 52e et 25e. La Bélarusse Hanna Machakhina 66e de l’individuel, l’unique format sur lequel elle était alignée. Des performances à mettre en perspective : tous trois ont réalisé leurs débuts en coupe du monde, avec du fart sans fluor encore rare en Russie et sur une neige qu’ils ne connaissaient pas.

Ces quotas leur ouvrent grand les portes du site olympique de Tesero. Seveliy Korostolev est ainsi qualifié à la fois pour le sprint, le skiathlon, l’individuel et la mass-start. « Je suis submergée par l’émotion. Je suis tellement heureuse que nous puissions aller aux Jeux olympiques. Ils représentent le but ultime pour un athlète », a témoigné sa compatriote, qualifiée pour les mêmes distances. Hanna Machakhina a elle réalisé les minimas pour le skiathlon, l’individuel et la mass-start.
« Le CIO tranchera »
Mais ces trois athlètes seront-ils pour autant assurés d’être aux JO ? « Il est trop tôt, calme Sergei Kryanin, membre du présidium de la FLGR auprès de MatchTV. Le CIO effectuera un contrôle. Nous ne pouvons rien dire, si ce n’est que nos athlètes ont satisfait aux exigences de performances. Le CIO tranchera : attribuera-t-il ces quotas ? Seront-ils nominatifs ? En accordera-t-il d’autres ? Tant que nous n’avons pas reçus d’invitation olympique, nous ne pouvons que spéculer… »

Cette communication des quotas interviendra le 19 janvier. Seule certitude : les fondeurs ne pourront pas revendiquer leur appartenance à la Russie sur les sites de compétitions. Leurs tenues ne devront pas se limiter aux couleurs de leurs drapeaux, et en cas de surprenant podium, le drapeau olympique sera levé (l’hymne olympique joué en cas de médaille d’or). Dans l’attente de cette date, Saveliy Korostolev a d’ores et déjà annoncé vouloir s’aligner sur le Tour de Ski, à Toblach et Val di Fiemme (Italie, 28 décembre-4 janvier). Pour replacer le sportif au centre des enjeux.
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Cécile
16/12/2025 à 20 h 46 min
Une vrai victoire pour ces athlètes… Deux jours d voyage 1 accompagnateur…👍
C’est une honte de ne pas voir les autres aux départs…
Et que dire de l’ubi…? Des manges M…. qui protège