Ski de fond | Richard Jouve : « Se focaliser uniquement sur la victoire »

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SKI DE FONDRichard Jouve, sprinteur au sein de l’équipe de France, est médaillé olympique et mondial. Au lendemain de la publication des équipes de France par la Fédération française de ski, l’athlète Salomon répond aux questions de Nordic Magazine.

 

  • Tout d’abord Richard Jouve, comment s’est passé votre confinement ?

Très bien. J’étais avec quatre personnes dans un appartement en colocation. Heureusement que je n’étais pas seul, le temps est passé plus vite comme ça, c’est plus agréable à plusieurs. On a fait des choses qu’on n’a pas forcément le temps de faire.

 

  • Le déconfinement a eu lieu ce lundi 11 mai. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Reprise de l’entraînement ?

L’entraînement avait déjà repris un petit peu, à la maison et en autonomie. S’entraîner en intérieur, c’est compliqué, on fait toujours les mêmes choses. Maintenant on va pouvoir aller courir un peu plus longtemps, faire du vélo et recommencer petit à petit le ski-roues. C’est quelque chose de bien pour la tête.

 

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Voilà entre autre comment Richard Jouve a occupé son confinement – Instagram @richardjouve

 

  • Quel va être le programme des prochaines semaines ?

Pour le moment, ce seront surtout des sorties tranquilles. L’objectif est de faire des heures pour se remettre dans le rythme. Faire du sport de haut niveau en étant confiné, ce n’était pas vraiment cela. Et puis les intensités vont arriver petit à petit, mais quand même assez vite. Les deux-trois prochaines semaines vont surtout ressembler à du sport plaisir.

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  • Comment avez-vous vécu cette fin de saison tronquée alors qu’il était encore possible d’aller jouer une place d’honneur au général du sprint ?

Avec l’équipe de France de ski de fond, on était au Canada quand c’est arrivé, on avait déjà fait le déplacement. C’est sûr que c’est un peu compliqué parce que là-bas, on se disait que ce n’était pas possible, que les courses ne pouvaient pas être annulées. On ne se rendait pas compte de ce qu’il se passait dans le monde et qu’on allait ensuite être confinés pendant deux mois.

 

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Richard Jouve en plein effort lors de la qualification à Falun, le 8 février dernier – Nordic Focus

 

On pensait pouvoir courir quand même, c’est dommage. Il y a pas mal de courses dans l’hiver où on n’a pas pu performer, on s’entraîne quand même toute l’année pour quelques mois d’hiver. C’était assez dommage mais on reste assez chanceux d’avoir eu les trois quarts de la saison qui ont pu se déroulés. Mais ce n’est pas grave, les saisons se suivent et on verra ce qu’il arrivera l’année prochaine.

 

  • Revenons à la saison dernière. On vous a encore vu titiller les meilleurs sprinteurs mondiaux à plusieurs reprises. Quel bilan faites-vous de cet hiver ?

Un bilan assez mitigé. J’ai très bien attaqué la saison avec le podium à Ruka. Après il y a eu un mois de décembre assez bon. Il y a eu une ou deux courses en deçà mais ça allait.

 

 

SKI DE FOND - Au sprint de Konnerud, Johannes Hoesflot Klæbo et Katja Visnar remportent les qualifications. Un seul Français sera présent aux manches finales.

Richard Jouve (FRA) sur ce qui fut le dernier sprint de l’hiver à Konnerud, le 4 mars – Modica/Nordic Focus

 

Par contre, après à partir de mi-janvier, il y a eu des hauts et des bas. C’était un peu plus compliqué, mais j’ai envie de dire que c’est comme ça aussi.  On apprend pour arriver à faire une saison pleine à hau niveau. Maintenant il va falloir travailler cela, ne plus avoir ce genre de passage.

 

  • Avez-vous une explication à cette période plus difficile de cette saison ?

Cette année, j’ai eu pas mal été malade. Je pense que l’année prochaine, il faudra essayer de régler cela, essayer de l’être moins souvent. Il y a encore des choses à aller chercher. Dans l’entraînement pur, on doit faire ce que l’on sait faire depuis des années, continuer.

 

« Me dire que j’étais capable de faire un podium en skate et en classique »

 

Oui. Mais je pense que le cap, je l’ai en fait passé l’année d’avant, à Drammen quand je fais mon premier podium en classique. Ça m’avait beaucoup libéré. je m’étais dit que j’étais capable de faire un podium en skate et en classique.

 

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Richard Jouve (FRA) est le premier Français à monter sur le podium du sprint classique de Ruka –  Modica/NordicFocus

 

Ruka était mon premier objectif de la saison. Un énorme objectif, vraiment dur à réaliser. J’y suis allé avec beaucoup d’envie et c’est vrai que cela m’a procuré une satisfaction personnelle de réussir sur un des sites les plus durs en classique. J’ai pu en prendre conscience avec les discours que les coachs ont pu me faire après mon podium.

 

« Tout le monde a envie d’aller chercher Klæbo »

 

  • En parlant de classique, Lucas Chanavat dit que Klæbo est imprenable en classique, mais qu’en skate, il y a de la place. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’en skate, il y a largement de la place. Lucas l’a montré à de nombreuses reprises cette saison, il a gagné plusieurs courses. Je pense qu’il y a vraiment possibilité de le battre en skate. En plus, c’est un style où on [l’équipe de France de sprint, NDLR.] est super bon, on a une belle équipe, on se tire la bourre. On peut tous faire des podiums. Là, il est prenable. En classique il a quand même encore une marge de manœuvre qui fait qu’il est très difficile à aller chercher. Il a un style à lui qui lui permet de s’économiser, d’aller super vite et placer des accélérations vraiment incroyables. Nous, on sait en placer mais lui en classique sait en mettre de très très grosses. En classique, il y a encore du travail mais, au fur et à mesure des années, l’écart rétrécit. De toute façon, c’est normal, tout le monde a envie d’aller chercher Klæbo.

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Richard Jouve (FRA) et Lucas Chanavat (FRA) lors du sprint de Davos – Modica/NordicFocus

 

  • Neuf podiums en individuel, mais toujours pas de victoires. Qu’est-ce qui, d’après-vous, vous manque pour aller chercher ce succès ?

Je ne sais pas, je cherche un peu. Il va falloir travailler à prendre un départ et se focaliser uniquement sur la victoire et non pas sur le podium. Se dire qu’aujourd’hui, il faut passer sur tous les tours pour arriver jusqu’en finale et se dire, dès le matin, qu’aujourd’hui, c’est la gagne. Ne pas juste essayer de faire le meilleur.

 

Je pense que, quand on fait du sprint, on est obligé d’être stratégique, d’observer les autres, de savoir comment ils passent leurs tours, où ils attaquent, ce qu’ils aiment bien faire. Je pense que j’ai ça en moi. J’aime bien la tactique. Ça me plait bien. C’est en général celui qui prend la course à son compte qui va faire le gros coup.

 

SKI DE FOND - A l'issue du sprint libre de Lenzerheide, comptant pour la deuxième étape du Tour de ski en Suisse, Richard Jouve est monté sur la troisième marche du podium après une finale tactiquement parfaite. Retour en images sur la joie du skieur de Montgenèvre.

Federico Pellegrino (ITA), Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) et Richard Jouve (FRA) formaient le top 3 du sprint libre de Lenzerheide – Modica/NordicFocus.

 

  • On vous a même vu participer à quelques épreuves en distance, parfois même aux portes des points, comme à Östersund. C’est un aspect que vous souhaitiez faire évoluer dès la saison prochaine ?

Je vais continuer à faire le maximum de courses de distance. C’est vrai qu’à Östersund, je me suis bien plu, j’avais vraiment la forme. Les points ne passent pas loin et c’est vrai que c’est quand même très plaisant de faire des distances comme ça. À chaque fois, je craquais sur la fin de course, donc c’était un peu frustrant mais le niveau n’était pas loin, c’était assez encourageant et ça m’a donné envie de continuer sur la distance.

 

  • Il y a une superbe ambiance autour de l’équipe de France de sprint. Quel rôle cela joue sur une étape ou sur tout un hiver ?

Avec une équipe toujours enthousiaste, qui roule toujours, des copains proches, la préparation se passe différemment, et la saison aussi. On se tire toujours la bourre, on sait rigoler mais aussi s’arrêter quand il le faut parce qu’on a atteint un âge où on sait ce qu’on veut. Il s’agit de s’entraîner correctement.

 

SKI DE FOND - A l'issue du sprint libre de Lenzerheide, comptant pour la deuxième étape du Tour de ski en Suisse, Richard Jouve est monté sur la troisième marche du podium après une finale tactiquement parfaite. Retour en images sur la joie du skieur de Montgenèvre.

Richard Jouve félicité par toute l’équipe de France après son podium à Lenzerheide – Modica/NordicFocus.

 

J’ai toujours eu cette chance d’avoir un groupe et des coachs avec qui je m’entends super bien et c’est un facteur très important dans la performance.

 

« Le gros objectif, ce sont les Jeux de Pékin, c’est sûr »

 

  • Quels sont vos prochains gros objectifs ?

Le gros objectif, ce sont les Jeux (de Pékin, en 2022 NDLR.), c’est sûr. On y pense depuis que Peyongchang est terminé. On voit cet objectif au loin. Déjà, l’année prochaine, il va falloir passer par les championnats du monde en Allemagne, les coupes du monde comme d’habitude. Il y a déjà une grosse attente pour Oberstdorf avec un sprint classique individuel à aller chercher. Nous ne sommes jamais allés chercher un gros résultat en classique sur des Mondiaux. Alors à nous de démontrer que maintenant, on peut y arriver. Après il y a un relais, un team sprint, où on peut encore aller chercher l’or. Donc on verra.

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Richard Jouve est déjà médaillé olympique. C’était avec Maurice Manificat sur le team sprint bronzé de PyeongChang, en 2018 – Modica/NordicFocus

 

À Seefeld je savais que j’étais en grande forme et que chaque course à laquelle je participais je pouvais ramener une médaille. J’en ai eu une avec le relais et ce n’est passé loin en individuel [quatrième, NDLR] et en team sprint [cinquième, NDLR]. Les Mondiaux et les Jeux font qu’à chaque départ qu’on prend, on peut gagner. Les carrières sportives sont assez courtes et tant qu’on peut prendre, on prend. L’objectif est de ramener autant de médailles que possible.

 

SKI DE FOND - Retour en photos sur la médaille de bronze mondiale décrochée par Adrien Backscheider, Maurice Manificat, Clément Parisse et Richard Jouve à Seefeld.

Richard Jouve (FRA), Clément Parisse (FRA), Maurice Manificat (FRA), Adrien Backscheider (FRA) ont remporté le bronze mondial du relais après un finish dantesque signé le sprinteur des Bleus – Nordic Focus

 

  • Enfin, on peut évoquer le changement de coach. Qu’est-ce que cela va changer à votre avis ? Qu’en pensez-vous ?

Ça va changer de fonctionnement, c’est sûr. Après mon coach principal reste Cyril Burdet, donc je n’ai pas énormément de changements dans la préparation. Il va peut-être y avoir un peu de changements sur l’hiver car on est souvent un peu plus proches des distanceurs. Je pense que ça va faire du bien. Maintenant, à voir comment on va s’adapter et comment cela va se passer.

 

Photos : Nordic Focus et Instagram.

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