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Thomas Joly sur son lit d'hôpital - Alexis Jeannerod

Ski de fond

Ski de fond | Thomas Joly : « J’ai eu très peur » sur La Diagonela

Transi par le froid, à bout de forces, Thomas Joly a été contraint à l’abandon dans La Diagonela dantesque de samedi dernier. Hospitalisé à Sallanches (Haute-Savoie) depuis, le distanceur de la Team Decathlon Experience revient pour Nordic Magazine sur cette épreuve, au sens propre comme au figuré.

Ski de fond : Sur La Diagonela, « j’entendais des mecs crier dans les descentes », raconte Thomas Joly

Sur une épreuve de coupe du monde, un départ n’est jamais donné quand les températures sont inférieures à -18°C. Sur la Visma ski classics, aucune restriction de la sorte n’existe. Les -22°C au départ de Zuoz (Suisse) n’ont donc pas empêchés La Diagonela de s’élancer samedi. Les températures glaciales sont descendues jusqu’à -27°C durant la course selon Britta Johansson Norgren, une des leaders de la spécialité. Et encore, ces mesures ne prennent pas compte le vent, qui donne un ressenti encore plus froid.

Onze des 82 concurrents ont abandonné. Parmi eux, Thomas Joly. Revenu en France, le coureur du Team Decathlon Experience est désormais hospitalisé à Sallanches (Haute-Savoie). Seul dans sa chambre, il ne peut pas recevoir de visites, Covid-19 oblige. Pour s’occuper, il répond aux « nombreux messages de soutien » qu’il reçoit et poursuit ses soins. Il nous a aussi accordé un entretien, au retour d’un examen de contrôle.

  • Comment allez-vous ?

J’espère avoir passé le plus dur. Sur le coup, j’ai eu très peur. Dans les 3, 4, 5, 6 heures qui suivaient la course, je pensais avoir perdu l’usage de mes doigts. Là, ça revient petit à petit. Chaque jour, mon état est meilleur que la veille. J’ai six heures de perfusion par jour, où je ne peux pas bouger de mon lit, mais ça va. Je suis dans le meilleur hôpital de France pour les gelures et je suis suivi régulièrement. J’espère sortir sous sept jours.

« Mon coach m’a dit : « Est-ce que ça va ? » Je n’étais pas capable de répondre »

  • Revenons sur la course. Vous êtes-vous dit en commençant votre échauffement que vous vivriez une journée galère ?

Oui, complètement. Avec le team (Decathlon Experience), nous avions pourtant prévu de nous échauffer le moins possible. Mais moi, je sentais déjà que je ne pourrais pas faire un kilomètre sans me réchauffer les mains.

  • Vous avez pensé à renoncer au départ ?

À aucun moment. L’impatience de courir a pris le dessus ; c’était au-delà de l’excitation. L’objectif principal était la performance, quelle que soient les conditions. Une fois parti, je ne pensais qu’à la course et rester au contact. C’est seulement au bout de 2h45 que j’ai eu des nausées. Bon, c’est sûr que dès le deuxième kilomètre, je ne sentais plus mes doigts. Je ne pouvais pas prendre les ravitaillements car mes doigts gelaient. Ça m’a un peu inquiété, mais je restais focalisé dans la course.

  • L’ambiance était-elle différente dans le peloton ?

J’ai vu que les meilleurs mondiaux couraient en moufles. Ça m’a étonné : je n’avais jamais vu ça. Je ne savais même pas que c’était possible ! Puis lors de la course, j’entendais des mecs crier dans les descentes…

  • Puis, vous avez fini par abandonner…

Honnêtement, je n’ai jamais pensé à abandonner. Mais à l’approche du km 50, j’ai tétanisé d’un coup. Mon coach m’a vu ne pas être capable de prendre le ravitaillement. Il m’a dit : « Est-ce que ça va ? » Je n’ai pas pu répondre. Je n’avais plus la force de rien. Il m’a enlevé les skis et m’a mis dans le bus. L’arrivée aurait été un kilomètre plus loin, je n’aurai pas pu l’atteindre.

« La course aurait dû être raccourcie »

  • Aujourd’hui, pensez-vous que la course aurait du être reportée ?

Avec du recul, oui. On a touché des températures à -28°C, -30°C : c’est vraiment dangereux ! Elle aurait dû être raccourcie. Ça aurait fait beaucoup moins de dégâts si elle avait duré 1h30 plutôt que 3h.

  • Avez-vous des nouvelles de vos compagnons d’infortunes ?

Je me suis rendu à Sallanches avec mon leader Alexis Jeannerod. Lui ne s’est pas fait hospitalisé, il n’avait des gelures « que » de phase 2. Les médecins lui ont quand même dit que la rééducation serait longue. Il y a des cas plus sévères que moi, comme cette fille hospitalisée avec moi. Pour elle, c’est très grave. Un de ses orteils est sévèrement atteint. Personnellement, je pourrais perdre de la sensibilité au bout des doigts. Il y a encore des effets qu’on ne sait pas, comme ceux sur les bronches qui ont sûrement pris. Mais je reste optimiste.

  • Quand skierez-vous de nouveau ?

Pour le moment, ce n’est pas préconisé par les médecins. Peut-être qu’en fin de saison, avec des crèmes et des gants chauds, je pourrais monter sur des skis. Pas forcément en course, mais d’abord à l’entraînement.

Photo : Alexis Jeannerod.

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