Ski de fond | Tour de Ski : le bilan de François Faivre

ROLLERSKI - L’entraîneur de l’équipe de France de ski de fond, François Faivre, revient sur les championnats de France de ski-roues disputés ce week-end en Auvergne. Et dévoile ses ambitions pour la saison de coupe du monde.
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SKI DE FOND – L’entraîneur de l’équipe de France de ski de fond, François Faivre, est revenu avec Nordic Magazine, sur les performances du groupe sur l’ensemble du Tour de Ski.

 

Les performances de ses hommes ont comblé François Faivre, entraîneur de l’équipe de France de ski de fond. Les podiums des sprinteurs, les belles performances de Clément Parisse ajoutées à la révélation Jules Lapierre, sans oublier les performances des filles, le technicien tricolore nous a fait part de sa satisfaction et de ses ambitions après le Tour de Ski.

 

  • Quel premier bilan pourrez-vous tirer ce Tour de Ski ?

Un bon bilan. On a eu de bonnes choses, autant chez les filles que chez les hommes. Pour clôturer l’année et en entamer une nouvelle, on a toujours en point d’orgue le Tour de Ski et ses différentes courses ; mass-starts, sprints, distance en skate ou en classique. On y vise les étapes et, au fur et à mesure, tenter un classement. Je pense aux sprints skate avec un double podium à Toblach et une autre place toute proche à Val Mustair.

Clément Parisse s’est, lui, même positionné pour jouer un top dix. C’est une performance globale solide pour lui. Je retiendrais surtout la fraîcheur et l’état d’esprit du groupe.

Côté féminin, je note les belles places de Delphine Claudel qui a été chercher sa première qualification sur un sprint coupe du monde et Anouk Faivre-Picon qui signent de belles places d’honneur.

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Delphine Claudel a obtenu sa première qualifications en phase finale lors de ce Tour de Ski

  • Avant de parler des athlètes, un mot sur les techniciens. Diriez-vous qu’ils ont été, sur l’ensemble de la course par étapes, avec des neiges très différentes d’un site à l’autre, à la hauteur de l’enjeu ?

C’est toujours compliqué et difficile sur le Tour de Ski, il y a des courses tous les jours. Passer d’Oberstdorf un jour au Val Mustair le lendemain n’est pas évident, ils n’ont que très peu de temps. Aujourd’hui, l’équipe est solide et travaille bien ensemble.

Dans la totalité, les techniciens ont répondu présents. Ils ont mis à la disposition des athlètes un matériel qui leur permettait de jouer devant.

 

  • Les sprinteurs sont donc montés à plusieurs reprises sur le podium. Selon vous, que manque-t-il pour qu’ils grimpent sur la plus haute marche ?

Il ne manque rien. Si ce n’est peut être un petit coup de pouce du destin, un placement a peine amélioré ou une tactique plus efficace. En termes de qualité physique, de connaissance et d’expérience, l’ensemble du groupe a atteint sa maturité. Je suis quasiment persuadé que d’ici la fin de saison, ils peuvent le faire, ils peuvent grimper sur cette première marche et on va tout faire pour que cela arrive aussi à Seefeld.

 

Bel état d’esprit et de fraîcheur du groupe

 

  • Lucas Chanavat, Richard Jouve et Baptiste Gros ont brillé, soit trois tricolores sur cinq. Les autres n’ont pas démérité. Cette densité dans l’équipe de France, n’est-ce pas le meilleur atout pour parvenir à la victoire ?

Si si, bien sûr. Ils sont à cinq toute l’année. On peut y ajouter Valentin Chauvin ou encore Jean Tiberghien, qui a été champion du monde de l’exercice en juniors. La densité joue énormément. Les gars se bousculent et cela permet à chacun d’élever son niveau. Je pense que le groupe sprint France se situe dans les trois grosses nations, avec la Norvège et la Russie.

 

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Richard Jouve et Lucas Chanavat sont montés sur le podium du sprint de Toblach – Modica / NordicFocus

 

  • Ce Tour de Ski a vu l’explosion aux yeux du grand public de Jules Lapierre. Le jeune Dauphinois conclut la montée de l’Alpe Cermis 14e au général avec le 4e temps du jour. En attendiez-vous autant sur ce Tour de Ski ?

Pour être honnête, on regarde au quotidien. Il n’a pas de pression, il n’a que 23 ans. Cette année, l’objectif principal pour Jules sont les Mondiaux U23 où il visera notamment de nouvelles médailles, mais surtout un titre. Il continue d’apprendre en évoluant sur la coupe du monde. Ce que je retiens surtout de lui sur ce Tour de Ski et ce début de saison, c’est son état d’esprit, même s’il est tout proche de monter sur son premier podium.

 

  • Qu’apporte-t-il au groupe ?

Jules représente le bel état d’esprit et de fraîcheur du groupe. Tout jeune qu’il est, il a déjà cet esprit conquérant qu’il sait mettre en commun avec ses collègues. Il est tout proche de monter sur premier podium. Il est plein de vie et pétillant.

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Jules Lapierre est passé à 1 seconde d’un premier podium en coupe du monde – Modica / NordicFocus

 

  • Maurice Manificat, de son côté, a été moins à son aise tout au long de ces différents jours de compétition, alors qu’il avait montré de belles choses à Davos, puis lors d’une OPA en Italie. Quel enseignement tirez-vous de son parcours ? Etes-vous inquiet à quelques semaines des Mondiaux de Seefeld ?

Je suis moins inquiet que lors du stage à Rovaniemi car effectivement il a réussi un podium à Davos (que l’on connait tous). Maintenant, il ne faut pas oublier que sa préparation a été perturbée, d’autant plus que nous sommes dans un contexte de très très haut niveau et on ne s’en remet pas comme ça. Cette saison, je pense que le salut viendra pour lui sur ses capacités à cibler et surtout à intégrer le fait qu’une saison globale au plus haut niveau sera compliquée.

Il faudra pour lui qu’il se fixe des objectifs importants. Il y en a un fin janvier, avec une coupe du monde en Suède et un 15 km libre. On va essayer d’arriver le plus frais possible et dans les meilleures dispositions sur cette course, d’autant plus qu’il y aura un relais, toujours très important pour nous. Alors, si tout est intégré, on pourra aller aux championnats du monde de Seefeld avec peu de compétitions au compteur, mais avec un état de fraîcheur et une condition physique au top, malgré la faiblesse et une préparation occultée.

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Un Tour de Ski compliqué pour le chef de file des Bleus Maurice Manificat – Modica / NordicFocus

 

  • Clément Parisse a, lui, brillé sur les premières épreuves. Il jouait même un top 10 au général. Arrivé dans le Val di Fiemme, cela a été plus compliqué pour le Mégevan. Comment l’expliquez-vous ?

C’est dans la Val di Fiemme que ça c’est compliqué pour Clément. Ça a été surtout difficile car sur la mass-start 15km, on avait beaucoup d’espoir. Et c’est sans doute un ensemble de choses qui ne lui ont pas permis de concrétiser une belle course et de rester au contact avec les ténors et jouer un top dix. Le lendemain, dans la montée, le mal était fait, car la veille était tellement difficile en plus de la fatigue.

 

Clément Parisse a changé de statut

 

Maintenant ce n’est pas du tout ce que je vais retenir. On va surtout se pencher sur sa capacité à faire 4e sur une poursuite ou encore 6e sur l’individuel skate de Toblach. Depuis le début de saison, il a empilé les courses autour de la 10e place. C’est surtout cela qui fait que je pense qu’aujourd’hui, Clément a changé de statut. Il peut rentrer dans le top dix à chaque course avec pour objectif accéder au podium et on a bon espoir pour cela.

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Clément Parisse (FRA) a su rester au contact avec les ténors – Nordic Focus Photo Agency

 

  • Quel regard portez-vous sur le parcours de l’ancien combiné Hugo Buffard en OPA ?

Je suis ça de très près. Deux podiums sur deux courses en skate, il est tourné vers ce type de format : le 15 km skate individuel. On a bien remarqué ses performances et on va essayer de lui proposer autre chose pour qu’il vienne courir au plus haut niveau. Malgré cela, il performe sur 15 km skate, un secteur très concurrentiel en France. Je dirais même le format favori des fondeurs français sur lequel beaucoup d’athlètes brillent. Cela ne cache en rien ses performances.

 

  • En rentrant du Val di Fiemme, avez-vous déjà une idée précise de qui va participer aux championnats du monde en Autriche ? Si non, quelles seront les prochaines échéances déterminantes pour la sélection ?

C’est sûr que l’équipe est déjà bien dessinée. Une majeure partie était présente sur ce Tour de Ski. Il reste cependant quelques sprints en skate pour dévoiler notre sélection définitive. Il y aussi un format que l’on retrouvera sur les Mondiaux, le 15 km classique. Là, cela reste à voir. Les coupes du monde de janvier et début février vont nous servir à finaliser nos sélections qui ne sont pas arrêtées.

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Les Français au sommet de l’Alpe Cermis : Adrien Backscheider, Jean Marc Gaillard, Clement Parisse, Maurice Manificat, Jules Lapierre (FRA) – Modica/NordicFocus

 

  • Les distanceurs français seront-ils de la partie lors de la prochaine coupe du monde à Otepaa dès le 19 janvier prochain ? Ou observeront-ils quelques semaines de coupure avant les Mondiaux de Seefeld ?

Nous allons nous réunir et voir avec le staff. Il est sûr que notre idée de garder de la fraicheur et ne pas multiplier les courses. On doit donc faire un choix pour Otepää ou pour début février. Nous ne sommes pas tenus de participer à toutes les étapes. Nous n’oublions pas que l’objectif reste évidemment les championnats du monde. On se garde donc le droit de faire des impasses sur les prochaines échéances.

 

 

Photos : Nordic Focus Photo Agency

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