Ski de fond : Emil Iversen retrouve le podium… et des couleurs
Il n’a terminé que troisième derrière Johannes Hoesflot Klæbo et Harald Oestberg Amundsen. Mais ce skiathlon de Trondheim (Norvège) restera peut-être comme la course qui a relancé la carrière d’Emil Iversen, trente-quatre ans. Il lui a, en tout cas, permis de s’inviter de nouveau dans la liste des prétendants à une sélection pour les Jeux olympiques de Milan/Cortina 2026. Pour lui comme pour beaucoup de concurrents, l’enjeu était majeur : il s’agissait du seul skiathlon inscrit au calendrier de la coupe du monde avant les JO. Les entraîneurs norvégiens ne cessaient d’ailleurs de le rappeler : cette épreuve ferait office de test capital pour un groupe où se bousculent Klæbo, Amundsen, Nyenget, Valnes, Krueger et consorts.

Dans ce contexte, on comprend mieux l’émotion du Norvégien à l’arrivée : « Je vais essayer de me calmer, mais en réalité je ne comprends pas vraiment ce qui se passe », a déclaré le skieur à nos confrères de NRK. Et d’ajouter : « Je suis très fier. »
C’est que la semaine dernière encore, le champion du monde du 50 km (c’était en 2021 après l’épisode Klæbo/Bolshunov) regardait encore la coupe du monde à la télévision. Non retenu pour l’ouverture de Ruka (Finlande), il avait vertement critiqué la fédération norvégienne et avait dû se rabattre sur la NorgesCup de Gålå… où il avait répondu comme il sait le faire : par une victoire sur le 10 km skate et une autre sur le 20 km classique.

Ces succès lui ont ouvert la porte de l’étape disputée ce week-end sur ses terres, conformément aux critères annoncés par le staff.
Sportivement, c’est également énorme : Emil Iversen n’était plus monté sur un podium de coupe du monde depuis janvier 2021. Quatre hivers de galères, de formes en dents de scie et de sélections manquées balayés donc en quarante-trois minutes de résistance au rythme infernal de Klæbo, résumait dans la foulée le quotidien Dagbladet.
L’image qui restera de ce skiathlon, c’est donc bien celle d’Emil Iversen, bras levés, puis à genoux dans l’aire d’arrivée, submergé par les larmes, pendant que le public de Granåsen scandait son nom. Quelques secondes plus tard, Johannes Hoesflot Klæbo lui-même est venu lui glisser une accolade.

« Purée, c’était énorme ! J’étais un peu inquiet dans le dernier tour, car il était un peu loin et je sais à quel point le placement est crucial en fin de course. Mais il a réussi à recoller, et ensuite, au sprint, il est très difficile à battre », a commenté Eirik Myhr Nossum, entraîneur de l’équipe nationale, sur TV2.
Dans le vestiaire norvégien, on savourait tout autant ce retournement de situation. « S’il avait été à Ruka, il ne serait probablement pas venu ici. Au final, tout s’est plutôt bien goupillé pour lui : un super week-end à Gålå, un autre ici, avec en plus une grosse couverture médiatique. Ça lui plaît. C’est devenu pour lui une histoire incroyable, une dramaturgie de premier ordre », s’est par exemple exclamé Erik Valnes, un brin fataliste.
Rien n’est gagné, évidemment. Mais ce samedi à Trondheim, Emil Iversen a coché plusieurs cases.
Les cinq dernières infos
- Biathlon | JO de Milan/Cortina 2026 : une sélection olympique avec toutes les têtes d’affiche pour l’Estonie
- Biathlon | Coupe de Norvège de Trondheim : Gro Randby et Andreas Aas remportent la mass-start
- Ski de fond | Goms : la démonstration de Harald Oestberg Amundsen et Einar Hedegart sur le team sprint skate, Richard Jouve et Jules Chappaz huitièmes
- Ski de fond : septièmes du team sprint skate de Goms, Léonie Perry et Mélissa Gal signent le meilleur résultat français en coupe du monde depuis… 2010
- Ski de fond | Goms : Léonie Perry et Mélissa Gal septièmes du team sprint skate, la victoire pour Laura Gimmler et Coletta Rydzek






























