Stéphane Bouthiaux à propos de Martin Fourcade : «Il peut être indisponible deux mois comme six»

Après l’annonce de la mononucléose de Martin Fourcade ce mardi, le patron du biathlon français Stéphane Bouthiaux revient pour Nordic magazine sur l’état de santé de son protégé. « Avec cette maladie, il peut être indisponible deux mois comme six ! », analyse l’entraîneur qui dresse également un bilan satisfaisant de la préparation estivale des athlètes.

 

Stéphane Bouthiaux, nous apprenions hier que Martin Fourcade souffre d’une mononucléose. Si c’est bien sûr une mauvaise nouvelle, ça a la mérite de mettre un mot sur la méforme estivale de Martin Fourcade… Depuis quand Martin ne se sentait pas au top de sa forme ?

Depuis mi-juillet. En fait, ça a commencé avant la Norvège où il n’avait déjà pas de bonnes sensations. Dès le début du stage en vue du Blink festival, son état a empiré. Du coup, on a fait le choix de ne pas l’aligner sur les courses Blink car on voyait bien que son état de santé n’était pas normal. Il est rentré à la maison et a fait des tests poussés pour détecter une mononucléose qu’on soupçonnait depuis quelques jours…

 

Quelles sont les conséquences sur sa vie d’athlète au quotidien ?

Il ne fait plus aucun entraînement en intensité. On gère au jour le jour avec des séances courtes et des semaines entre 8 et 10h de travail maximum. Il ne fait que du spécifique sans forcer. C’est très dommageable car le mois d’août est habituellement le plus important en volume. Il lui faut du repos, on sait que ça passera comme ça.

 

A-t-on une idée de la période de repos relatif à observer ?

On n’en a aucune idée ! Les effets d’une mononucléose, à savoir une fatigue latente et persistance, peuvent durer entre 2 et 6 mois selon les cas. Personne ne maîtrise vraiment la situation.

 

Malgré cette annonce, la fédération fait savoir que Martin Fourcade ne fait pas une croix sur son double objectif de concourir aux mondiaux de ski nordique et de biathlon cette saison. Qu’en pensez-vous ?

Pour le moment, il n’y a pas le feu. Tout dépendra de sa période d’indisponibilité pour un entraînement normal. Si dans 15 jours à trois semaines ça ne va pas mieux, il faudra se poser la question du double projet, voire de la date de reprise de sa saison. Si ça revient dans l’ordre rapidement, on peut espérer rester sur le programme initial.

 

Pour en venir à cet hiver justement, l’équipe de France sera ambitieuse, aussi bien chez les hommes que chez les dames. Comment s’est déroulée la préparation estivale ?

Elle s’est plutôt très bien passée. Simon Desthieux et Quentin Fillon-Maillet continuent de progresser. Simon Fourcade et Alexis Boeuf sont bien mieux que l’an passé. Jean-Guillaume a été très perturbé par des problèmes de dos durant le mois de juillet. Depuis, il a repris le fil de l’entraînement.

 

Les filles de l’équipe de France ont pris leurs responsabilités

 

Le collectif dames, privé de Marie-Laure Brunet et temporairement de Marie Dorin, s’est parfaitement illustré lors du Blink festival. Que pensez-vous de l’évolution de ce jeune groupe emmené par Anaïs Bescond et Anaïs Chevalier ?

C’est une belle évolution même s’il n’y avait pas une grosse concurrence chez les filles à part la Finlandaise Makaraïnen et quelques Norvégiennes. La performance des filles est intéressante aussi bien dans les résultats que l’ambiance du groupe et l’envie montré sur les skis comme face au pas de tir. On sent qu’une dynamique se met en place après deux saisons compliquées en termes de résultats. L’équipe féminine doit retrouver le niveau qui était le sien durant les vingt dernières années. Les filles ont pris leurs responsabilités en l’absence des deux leaders. Elles ne peuvent plus sa cacher derrière les deux Marie. On sent quelque chose de positif dans ce groupe, même si on va pas crier victoire trop tôt. L’envie, l’agressivité, les bons tirs sont là… et tant mieux !

 

Quel est désormais la suite du programme pour les biathlètes du groupe A ?

On profite au maximum du matériel de ski-roues qui est aujourd’hui tellement proche du ski de fond. On a abandonné les stages sur glacier en altitude, trop fatigants pour les organismes. On retrouvera la neige dans le tunnel d’Oberhof, pas avant.  A l’issue du stage à Corrençon dans le Vercors, où nous profitons d’un superbe site et d’une piste au profil nordique très intéressant, les athlètes disputeront les championnats de France de biathlon d’été à Bessans. Ensuite, nouveau stage de 15 jours qui se terminera par le Biathlon summer tour d’Arçon, dans le Doubs, fin octobre.

 

 

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