Stéphane Dalloz, le sorcier de Lélex

SKI | PORTRAIT - Stéphane Dalloz, c'est l'homme aux mille casquettes dans l'univers du ski et plus largement de la montagne. S'il transforme tout ce qu'il touche, il reste attaché à la terre de ses ancêtres. 
Rollerski, trail, ski de fond, Ski nordique, Ski-roues

SKI – Stéphane Dalloz, c’est l’homme aux mille casquettes dans l’univers du ski et plus largement de la montagne. S’il transforme tout ce qu’il touche, il reste attaché à la terre de ses ancêtres. 

 

Un gourou du ski

C’est un sorcier, un gourou… Un de ces types qui transforme tout ce qu’il touche, et comme il a mille casquettes, son personnage n’en finit pas de s’auréoler d’un mystère qui n’est pas pour lui déplaire. Stéphane Dalloz, 45 ans, marié et père d’un enfant, de la famille des Dalloz-Bourguignon sise à Septmoncel (Jura) depuis des lustres, s’est vu privé de Haut-Jura dans sa jeunesse qu’il a dû passer en exil, dans les pas de son père, garagiste installé à Moirans-en-Montagne… à 30 kilomètres de là. C’est dire son attachement à la terre de ses ancêtres.

Mais son paternel est un passionné de ski alpin et il lui donne le virus : « J’ai baigné dans l’alpin, j’ai fait quelques petites compétitions au ski-club du Lizon où je suis toujours sociétaire. » Études à Saint-Claude, la capitale du Haut-Jura, service militaire au fort des Rousses et entrée dans l’entreprise Dalloz Montagne à Lamoura en 1992 pour commercialiser du matériel de compétition.

 

SKI | PORTRAIT - Stéphane Dalloz, c'est l'homme aux mille casquettes dans l'univers du ski et plus largement de la montagne. S'il transforme tout ce qu'il touche, il reste attaché à la terre de ses ancêtres. 

 

Il y restera une vingtaine d’années à traîner ses guêtres sur toutes les pistes : « On travaillait sur les grands événements de l’alpin : championnats et coupes du monde qui avaient lieu partout. Le monde du ski alpin est tout petit, je me suis fait un nom dans les Alpes. » Il y a cinq ans, au départ en retraite de son patron, l’entreprise est rachetée. Stéphane Dalloz décide de travailler en solo : « Il est difficile de définir exactement mon métier, je fais du marketing et de la communication. Avant, je travaillais sur de grandes épreuves, maintenant je les organise ! »

 

De l’expérience et des résultats

C’est vrai, on vient le chercher parce qu’il a de l’expérience et des résultats. Kandahar à Chamonix en février prochain, finale de la coupe du monde de ski alpin à Méribel en mars dernier… Stéphane Dalloz est aussi coordinateur technique et marketing du Critérium de la Première Neige à Val d’Isère. La gestion des besoins médiatiques, la sécurité sportive, le public, les partenaires, la production télé… Tout ça constitue son quotidien, mais ce milieu haut de gamme et high tech ne lui fait pas tourner la tête : « En dessous du niveau de coupe du monde, il n’existe pas les budgets nécessaires à l’organisation de grands événements. Pour qu’une épreuve génère des retombées, il faut une télé qui achète les droits de retransmission en live. »

Et pourtant, depuis dix ans, il concocte bénévolement des courses dans la vallée de la Valserine, tout près de chez lui. « En parcourant les stations de France, je me suis rendu compte que personne n’était capable de situer Lélex. Les gens plaçaient la station tantôt dans les Vosges, tantôt dans le Massif Central. J’étais vexé ! C’est le seul endroit du massif à avoir des pistes homologuées FIS où l’on peut faire des courses d’envergure ! »

 

SKI | PORTRAIT - Stéphane Dalloz, c'est l'homme aux mille casquettes dans l'univers du ski et plus largement de la montagne. S'il transforme tout ce qu'il touche, il reste attaché à la terre de ses ancêtres. 

 

Du coup, avec d’autres, il crée Monts Jura Sports Evénements, une association qui regroupe des membres des clubs du massif jurassien et c’est le début de la renaissance : 2009, organisation des championnats de France ; 2011, coupe d’Europe dames ; 2015, coupe d’Europe hommes et en 2017, à nouveau, les championnats de France… Pas mal pour la petite station de 230 habitants.

 

Le bassin genevois à nos pieds

Le bilan est flatteur, mais Stéphane Dalloz en veut beaucoup plus : « Aujourd’hui le ski alpin a une vraie notoriété dans les Monts- Jura, l’organisation de grands événements a changé notre image. Les équipes de France viennent s’entraîner à Lélex, mais si nous avons un potentiel énorme, nous avons encore de grosses lacunes. La station travaille encore à 80% avec une clientèle locale, les infrastructures sont sous-exploitées et il manque les hébergements pour accueillir les gens. »

Quelques chiffres donnent une idée de ce potentiel : 29 kilomètres de pistes alpines, 26 pistes, dont 3 noires, 15 remontées dont 2 télécabines et 2 télésièges, 32 hectares en neige de culture (en fait, l’ensemble de la station Lélex-Crozet), un domaine qui grimpe 800 mètres de dénivelé à partir de Lélex pour tutoyer le Crêt de la Neige, le Colombey de Gex, le Reculet et le Grand Mont Rond, avant de redescendre sur Crozet (1930 habitants) : « Quand des responsables de stations des Alpes viennent ici, ils sont tous médusés par le bassin de population à nos pieds. À Val d’Isère, il y a les pistes, à boire et à manger et c’est tout. Ici, le bassin genevois est à quarante minutes avec un aéroport international. Il n’y a qu’à se baisser pour ramasser… Malheureusement, on ne se baisse pas. Il nous manque les compétences pour attirer les promoteurs. Pourtant c’est possible, ils viennent bien monter un Center Parc à Poligny ! »

 

Portrait publié dans Nordic Magazine #17

 

Photos : Archives.

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