Sven Fischer… dans la maille du filet

CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : une légende, Sven Fischer.
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CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : une légende, Sven Fischer.

 

Oui c’est un poisson que j’ai attrapé dans La Maille du filet ! Et pas des moindres car c’est LE « Fish » en personne, la légende du biathlon qui s’est débattu à mains nues comme à son habitude dans les prises du filet. Le biathlon de la chute du mur à l’ère moderne, les anecdotes personnelles, le duel Poirée/Bjoerndalen/Fischer raconté par celui qui se considère comme un « Dinosaure » de ce sport ! Herr Sven Fischer dans La Maille du filet !

  • Est-ce que tu as souvent des blagues ou des confusions avec ton nom, « Fischer », comme la marque de ski ?

Non pas vraiment avec mon nom mais plus avec mon surnom, « Fish » (ndlm : « poisson » en anglais) ! J’ai eu ce surnom à l’époque parce que « Fischer » c’était trop long et je n’avais pas vraiment de surnom. Et une fois je suis allé dans l’eau, et comme je ne savais pas si l’eau était froide ou pas, j’ai sauté directement !… alors c’est devenu « fish » et c’est resté en surnom. J’ai beaucoup d’autodérision et ça me fait rire alors je n’ai pas de soucis avec mon surnom (rires) !

  • Les journalistes essayent toujours de trouver des surnoms aux athlètes. Quel était le tien quand tu étais compétiteur ?

Oh oui ! Il y avait un mec de Ruhpolding qui voulait m’encourager, alors il criait comme on dit en allemand « Hop ! Hop ! » et a associé les deux « hop » et « fish ». Je pense que l’association des deux n’est pas très bonne mais il l’utilisait souvent et c’est devenu courant. Les gens dans le public ont adopté « hop fish ! Hop fish ! »… Qui a été crée par ce commentateur de Ruhpolding.

  • Sur ta page Wikipedia en allemand, on trouve une belle photo de toi. Mais dans les autres langues, la photo n’est pas la même est n’est pas très avantageuse. Est-ce que tu as une explication ?

Non non je ne savais pas ! (rires) Tu es le premier à me le dire ! Quand j’ai commencé le biathlon… c’était il y a longtemps… je suis un dinosaure ! (rires) C’était assez populaire en ancienne Allemagne de l’Est, mais mondialement le biathlon n’était presque rien ! Puis c’est devenu de plus en plus populaire.

Je me rappelle ma première interview, quand je me suis réécouté je me suis dit « est-ce que c’est moi qui parle vraiment ? » parce que le son de la voix est toujours un peu différent quand on l’écoute à la radio plutôt qu’en vrai. Mais donc au début il n’y avait pas beaucoup de photos de nous, et à chaque fois que j’en voyais une je me demandais « est-ce que c’est moi vraiment ? » (rires) ! Je ne suis pas quelqu’un qui aime être toujours bien sur les photos. J’étais jeune avec plus de cheveux… et donc je ressemblais à ça à l’époque donc c’est bon, j’ai du respect pour ces photos ! (rires)

  • Tu étais célèbre pour être le biathlète qui ne portait jamais de gants. Est-ce que tu jouais avec ça ou tu n’avais jamais froid aux doigts ?

C’est surtout que j’avais le meilleur ressenti avec ma carabine et mes poignées de bâton. Surtout quand je prenais une balle de pioche, j’étais très rapide pour recharger une balle. Donc j’ai pris l’habitude de partir sans gants. Quand j’avais 10-12 ans quand il faisait froid et j’utilisais des gros gants, mais pas quand il faisait chaud… alors c’était tout le temps un coup oui, un coup non !

Quand je suis passé sur la coupe du monde, je ne les utilisais plus ! Il y a une fois où j’ai pris le départ alors que j’étais un peu malade et j’ai eu très froid, je tremblais, il faisait moins vingt degrés. Sur le dessus de mes mains ça commençait à devenir blanc ! Elles commençaient à geler ! (rires)

  • Est-ce que tu penses avoir perdu de l’argent d’un contrat que tu aurais pu avoir avec une marque de gants ?

(rires) C’est sûr ! Je me rappelle une fois j’ai eu une lettre qui me félicitait de mes résultats mais qui me disait aussi « j’espère que vous comprenez mais vous ne pouvez pas recevoir les primes parce que n’avez pas utilisé les gants ».

  • Le système de rechargement de ta carabine était unique, ainsi que tes poignées de bâton plates. Est-ce que tu as vu d’autres athlètes utiliser ces systèmes ou tu es le seul et unique ?

Il y avait beaucoup d’athlètes au début qui utilisaient ce système, c’était un vieux modèle de l’Allemagne de l’Est. L’entreprise qui produisait ces armes a fait beaucoup de carabines de biathlon, mais après 1989 et la chute du mur, ils ont du changer leur stratégie. L’entreprise a continué de produire des armes pour la chasse et la police, mais plus de biathlon. J’ai été autorisé à utiliser ce système même après 1990, chaque année les tests de ma carabine étaient suffisamment bons pour que je puisse l’utiliser jusqu’à la fin de ma carrière.

  • Ton duel avec Ole Einar Bjoerndalen et Raphael Poirée a écrit la légende du biathlon. Maintenant que vous êtes tous les trois commentateurs, il y a toujours une rivalité des micros ?

(rires) Non on est amis, pas de souci ! C’est marrant parce qu’on a été des compétiteurs, on était les uns contre autres, et maintenant c’est complètement différent. Je me rappelle beaucoup de compétitions où c’était serré entre nous, on a beaucoup échangé des victoires… et c’était sympa !

Maintenant quand on se voit on parle du passé. Cela nous a tous les trois vraiment touché et ça nous a changé aussi je pense. Le sport nous a fait devenir de meilleures personnes !

  • Et enfin, à quoi tu penses là tout de suite ?

Je dois aller avec ma fille chez le docteur pour faire des tests. Et là tout de suite je pense que c’est vraiment important d’être en bonne santé, se sentir bien, avoir du respect pour son corps. Que les proches et la famille se portent bien aussi.

Et l’autre chose c’est que l’on s’est bien amusé et je pense qu’il faut se battre pour défendre ça et faire que l’on s’amuse tout le temps ! Pour le sport bien sûr il faut travailler et s’entraîner mais il faut aussi s’amuser ! C’est important !

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