Sylvie Negro : “Cette traversée de la GTJ était féérique”

Sylvie Negro a réalisé un exploit ce dimanche : boucler les 180 km de la GTJ en 18h28. Même si une meilleure orientation lui aurait permis de gagner encore un peu de temps ! Elle confie, dans cet entretien, son bonheur d’avoir skié dans des paysages de rêve.

 

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Sylvie Negro a passé 18h28 sur les pistes du Doubs, du Jura et de l’Ain ce dimanche.

 

Ce dimanche, Sylvie Negro, vous avez réalisé une première en parcourant la Grande traversée du Jura (GTJ) en intégrale : 180 km en 18h28. Que vous inspire ce défi réalisé ?

C’est juste un défi. Aujourd’hui, je suis très contente d’avoir fait ça. Près de 200 km de ski en France et en ligne, ça ne doit pas arriver souvent. D’être la première à réaliser cette GTJ me plaît bien aussi.

 

10 km/h de moyenne pendant 180 km, vous attendiez-vous à “carburer” de la sorte sur un tel parcours vallonné à souhait ?

Je m’attendais à mieux en fait. J’ai perdu beaucoup de temps pour trouver mon chemin. Sans doute 2h à 2h30 sur tout le parcours. Je cherchais mon parcours malgré ma montre GPS…  Et j’ai laissé aussi beaucoup de temps à Lajoux où j’ai déposé ma balise le temps de me changer et suis repartie sans ! Je n’ai pas réussi à tenir une vitesse de 12 km/h, l’objectif que je m’étais donné au départ.

 

Vous êtes une traileuse et fondeurs du Revard, comment vous est venue cette idée un peu folle ?

En fait, je fais un peu de trail entre 60 et 80 km, et pour moi faire la GTJ n’est pas un challenge plus fou que de faire l’UTMB à pied. C’est même sûrement moins traumatisant. Quand j’ai vu l’expérience de Patrick Bohard sur ce long parcours, je me suis dit, “ça, c’est un truc pour moi”. La difficulté, c’est de trouver le moment où on est en forme, où on peut s’organiser avec le travail. J’ai décidé de me lancer en début d’année. Il a fallu prévoir la logistique, mettre tout ça en place : c’est ce qui nous a occupés depuis 1 mois 1/2.

 

J’avais hâte de partir”

 

C’est justement le détenteur du record chez les hommes, Patrick Bohard qui vous a donné le top départ. Qu’avez-vous ressenti ce dimanche matin à 4h du matin sous la nuit étoilé du haut-Doubs au Meix Musy ?

Pas grand chose. J’étais bien contente d’être sur la ligne de départ : cela voulait dire qu’on avait terminé l’aspect logistique. J’étais surtout contente de partir et de profiter des super conditions. J’avais surtout envie de me réchauffer et de me lancer sur cette balade (rires) !

 

En 180 km, on a forcément des coups de moins bien, vers quels secteurs avez-vous rencontré le plus de difficultés ? Et a contrario, quelles parties sont passées très vite malgré la fatigue ?

Le plus dur a été la montée au Mont d’or dans une neige froide, le vent et le brouillard au niveau du 50e km, vraiment très dure. Si cette bosse avait été sur la fin du parcours, j’aurais peut-être abandonné… Les meilleurs moments ont été magique : quand je suis arrivée sur les hauts des Fourgs avec le lever du soleil, une impressionnante quantité de neige vierge partout, c’était un grand bonheur. Et moralement, j’ai toujours été en confiance malgré l’énervement pour trouver mon chemin (rires) !

 

Je la referai peut-être mais en deux ou trois jours pour apprécier encore plus. “

 

Selon vous, les conditions pour venir à bout de cette GTJ étaient réunies ?

Oui avec le soleil et le ciel bleu, même si neige ne glissait pas exceptionnellement bien. Ce serait presque mieux ces jours-ci. Ce qui est compliqué, c’est de programmer la journée, de tout réunir pour le jour J surtout qu’en début de semaine, on annonçait de la pluie pour le week-end. Finalement, on est parti dimanche à la place de samedi, sans oublier les trois collègues qui étaient avec moi et qui ont pu s’organiser avec leur travail avant d’y retourner dès ce lundi.

 

Connaissiez-vous le parcours dans son intégralité ?

Pas du tout, c’est ce qui m’a causé du tort justement. J’ai fait la Transju donc connaissais le Risoux, le Massacre, le secteur de Mouthe… Mais j’aurais certainement moins galère à mieux repérer le début surtout. On devait le faire et ce jour là, il pleuvait et on n’a pas pu organiser une autre reconnaissance.

 

Ce tracé vous a-t-il surpris ? Séduit ?

Totalement séduite par les paysages, de faire autant de kilomètres en ligne, c’est unique. C’était féérique hier, sans beaucoup de monde sur les pistes sauf à Mouthe et aux Rousses. J’en garderai un bon souvenir. Je la referai peut-être mais en deux ou trois jours pour apprécier encore plus. 


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