Thomas Dietsch : « J’avais tellement froid qu’on m’a aidé à enfiler une veste au ravito ! »

Le solide vététiste alsacien Thomas Dietsch, 2e du 100 km de la Forestière sur son 29 pouces Bulls, revient, sur Nordic magazine, sur cette épreuve dantesque. Pour les frileux, il est conseillé de passer une petite laine avant de se plonger dans cette interview… glaciale.



Dietsch Devaine

Thomas Dietsch, vous avez terminé second du 100 km de la Forestière ce dimanche derrière Alexander Moos. Racontez-nous votre course ?
La course est partie assez vite. On s’est retrouvé à quatre devant après 5 km de course (Vuillermoz, Moos, Plantet et moi). Les sensations étaient bonnes. La pluie ne s’arrête pas de tomber… La température sur le compteur descend à 3 ou 4 degrés… Je commence à avoir froid. Après 20 km (environ), Alexis lache prise frigorifié ! Le rythme est toujours soutenu. A Lajoux, je m’arrête au ravito pour prendre une veste (qu’on m’aide à enfiler car je ne sens plus mes mains !) et je perds le contact avec Moos et Plantet ! Dans la descente de Lelex, je commence à claquer des dents… je suis congelé ! Je commence à penser à l’abandon. Je n’ai plus de sensations. Le rythme cardiaque est bloqué à 135…  Je n’arrive même pas à me rechauffer dans la longue montée qui va à la borne au Lion ! A ce moment là, pour moi, c’est clair : au prochain ravito (même si je suis 3e à ce moment là), je monte dans la voiture et j’arrête. A 30 km de l’arrivée, je m’arrète à hauteur de Manu, le copain qui me fait les ravitos et qui m’attend… il me remotive et me dit que je dois continuer (même si il a surtout pitié de moi au vu de ma tête! Mon corps tremble de partout !) La température est remontée à 6 degrés. Je repars ; le temps s’améliore mais pas les sensations. Mon seul objectif maintenant est de ralier l’arrivée ! Un peu avant Viry je remonte sur Pierre-Jo (Plantet, ndlr) encore plus out que moi ! Je le passe mais il n’essaye même pas de me suivre. Après une fin de course “comme je peux”, je fini sur la seconde marche du podium (avec un rythme cardiaque moyen de 140 puls ! Alors que je tourne à un rythme moyen de 160 normalement ! Bien bien cuit mais tout de même content d’être arrivé au bout de cette course de fou !

A ce moment là, pour moi, c’est clair, au prochain ravito j’arrête”


Dans le groupe de tête, François Bailly-Maitre et Alexis Vuillermoz ont jeté l’éponge avant la mi-course, victimes d’hypothermie. Comment avez-vous géré ces conditions climatiques dantesques ?
Je suis parti de Prémanon avec un vêtement impérméable et à l’hôtel, le matin, j’ai coupé un pantalon plastique “Gonso” pour l’utiliser en short impérmable durant la course… la grande classe mais efficace ! J’ai peut-être eu un peu plus chaud mais j’ai tout de même rarement eu froid comme ça !

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Qu’est ce qui fait, dans la tête, qu’on poursuive la course pendant 100 km jusqu’à la ligne d’arrivée ?
Je ne sais pas !


Dans quelle mesure la gestion de son matériel joue-t-elle un rôle dans ce genre de course ou les vélos, comme les organismes, sont mis à (très très) rude épreuve ?
Oui, il faut gérer son matériel et adapter ses réglages au vu des conditions météo. Les pneus par exemple : je les ai gonflés à 1 bar 65 pour avoir un maximum d’acroche (dans la boue et sur les cailloux glissants) et de confort !

 

Dans 15 jours a lieu l’Extrem-sur-Loue à Ornans. Quel sera votre objectif sur cette répétition générale avant les mondiaux VTT marathon de 2012 sur ce tracé de 85 km très exigeant ?

Je récupère d’abord de la Forestière et après je pense à Ornans ! J’en ai un TRES mauvais souvenir en 2010… avec une fracture de l’épaule… Mais oui je serai à Ornans! C’est important de voir le parcours des championnats du monde 2012 en conditions courses ! L’objectif : we will see !

PHOTO : Thomas au départ en compagnie du speaker de la course Eric Devaine.


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