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Thomas Joly - Magnus Orth/Visma Ski Classics

Ski de fond

Thomas Joly : « Je veux rebondir »

Début janvier, Thomas Joly a été blessé par le froid polaire de la Diagonela. Après son hospitalisation et sa rééducation, il a tout même pu courir la Vasaloppet et d’autres épreuves suédoises.

Thomas Joly : des retrouvailles à la Vasaloppet

Ce fut un hiver particulier pour Thomas Joly. Membre de Decathlon Experience, il a d’abord vu la saison ne débuter qu’en janvier. Et, lors de la première course de la Visma Ski Classics, la Diagonela, il a été blessé à cause d’un froid polaire. Hospitalisé, le jeune fondeur a vécu des heures sombres. Mais il a pu rechausser les skis avant le printemps et finalement courir quelques courses. Entretien.

  • Thomas Joly, on vous avait quitté alors que vous étiez hospitalisé après la polaire Diagonela. Déjà, comment allez-vous ?

Je vais très bien, merci. L’hôpital, les douleurs, les brûlures et les gelures sont derrière moi maintenant.

  • Aujourd’hui, reste-t-il des séquelles ?

Je n’ai pas retrouvé la sensibilité pour deux doigts au niveau de la dernière phalange et je reste très sensible au froid, mais j’ai retrouvé toute la mobilité et la force dans la totalité de mes doigts.

  • Votre famille et vos proches ont-ils eu peur pour vous ?

Ils ont eu peur c’est vrai, surtout après avoir vu les photos et entendu les avis pessimistes des médecins les premiers jours.

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Thomas Joly sur son lit d’hôpital – Alexis Jeannerod
  • Avec le recul, que retenez-vous de ce malheureux épisode ?

Je retiens plusieurs choses de cette Diagonela. Premièrement, faire une course de 60 km par – 28°C avec de l’humidité, je ne referai plus jamais.
De plus, ma préparation vestimentaire n’était pas suffisante. Maintenant, je suis plus vigilant.
Enfin, il y a certaines limites du corps à ne pas repousser car on est perdant à court et long termes.

  • D’autres skieurs du Decathlon Experience ont, eux aussi, souffert du froid. En avez-vous parlé ensemble ?

Oui absolument. On en a tous parlé après la course car tout le monde a souffert du froid,
que ce soit ceux qui ont arrêté plus ou moins tôt ou ceux qui ont fini. Tout le monde a eu des séquelles avec des gravités différentes heureusement.

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Thomas Joly sur le le Tåssåsen Criterium 64 – Magnus Orth/Visma Ski Classics
  • Vous n’avez repris la compétition qu’à la Vasaloppet. Comment avez-vous préparé cette course ?

Oui, j’ai pu revenir pour la Vasaloppet. C’était une victoire personnelle car les médecins m’avaient dit que je ne pourrais plus courir de l’hiver. J’ai préparé cette course avec les moyens du bord, comme on dit.

Après l’hôpital, où j’avais des traitements lourds, je ne dormais pas beaucoup et mangeais très peu. J’ai mis pas mal de temps à récupérer.
Puis j’ai skié sans bâton, puis avec un bâton et ensuite à deux cannes, mais en gardant les doigts ouverts car je ne pouvais pas les plier sur la main gauche.

Et c’est à quinze jours de la Vasaloppet que j’ai vu, avec mon coach Maxime Grenard, pour reprendre le programme d’entraînement du team, même si je ne pouvais pas tout faire (pas de vitesse, pas de musculation…). J’ai enchaîné avec quelques séances longues et une intense, les Belles Combes virtuelles, avec le team Decathlon Experience, et ça a été le départ pour la Suède.

  • Et comment s’est-elle passée cette course qui marquait vos retrouvailles avec la compétition ?

Déjà, j’étais super content de retrouver le palpitant de la course. Je me suis surpris à être très bien, peut-être euphorique sur les 70 premiers kilomètres. Je skiais dans le groupe de tête, je sentais avoir retrouvé mes capacités. Mais musculairement, au niveau des bras, ça m’a complètement lâché et les vingt derniers kilomètres furent bien longs pour moi .

J’étais à bout de force, je suis rentré dans le bus et me suis écroulé sur la banquette.Thomas Joly à Nordic Magazine

  • En Suède, vous n’avez ensuite terminé que le Tåssåsen Criterium 64. Pourquoi ?

J’ai couru la Birkebeinerrennet la veille également, mais suite à une chute – on m’a skié sur le doigt blessé – j’ai arrêté immédiatement .
J’ai essayé de repartir le lendemain sur le Tåssåsen Criterium 64 mais ce n’était pas l’idéal.
Enfin l’Årefjällsloppet, avec 100 km, était la course la plus dure de la saison. Je n’avais que deux courses dans les bras et au bout de trois heures de course, j’avais l’impression de jamais avoir poussé de ma vie, j’étais à bout de force, je suis rentré dans le bus et me suis écroulé sur la banquette.

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Thomas Joly sur l’Årefjällsloppet – Magnus Orth/Visma Ski Classics
  • Avez-vous songé, même un instant, à arrêter le ski de fond ?

Oui, durant cette Årefjällsloppet où je subissais la course et souffrais sur les skis ainsi que les jours d’après car j’étais dégoûté de l’effort et des résultats. Mais j’ai rapidement relativisé en me rappelant d’où je revenais, ainsi de ce que je suis capable de faire quand tout va bien.

  • Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce mois d’avril qui signifie vacances des compétiteurs ?

J’ai d’abord pris du bon temps avec mes copains. Et maintenant je suis soulagé que tout cela soit derrière moi et je suis revanchard après avoir joué de malchance tout l’hiver.

  • Vous, vous n’êtes pas en vacances !

Non, c’est vrai je travaille un peu. C’est le seul moment de l’année où je peux.

  • Quels sont maintenant les projets ? Et vos envies ?

Les projets sont de rebondir après une saison qui a été un échec, d’avancer avec les copains du team Decathlon Experience et revenir en décembre prochain sur la première Visma avec le niveau qui était le mien à la Diagonela mais, cette fois, avec une bonne paire de gants !

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