Tim Hug : « Je suis persuadé que j’ai l’étoffe pour rivaliser avec l’élite mondiale »

Tim Hug est un compétiteur solitaire, au sens littéral du mot. En effet, après le départ de Seppi Hurschler et de Sven Fawer, l’équipe suisse des coureurs de combiné a fondu comme neige au soleil. A l’heure actuelle, elle se compose des deux athlètes du cadre C, Jan Kirchhofer et Christian Erichsen, ainsi que de l’athlète du cadre A Tim Hug. Le champion suisse en titre, qui s’est adjugé le titre de champion suisse en combiné nordique pour la troisième fois consécutive début octobre à Chaux-Neuve et au Sentier, a signé le meilleur résultat de sa carrière fin janvier en terminant neuvième à Klingenthal. Ce résultat inspire confiance au leader d’équipe de 26 ans en vue de Sotchi.

 

Tim Hug, quand et comment avez-vous commencé le combiné nordique ?
Dans le passeport vacances de Soleure, une journée d’initiation à Kandersteg était proposée. Comme il nous arrivait déjà d’utiliser des petites buttes comme tremplins en faisant du ski, mon frère voulait absolument participer à cette journée d’initiation. Il a suffi de quelques sauts sur le tremplin pour qu’il soit contaminé par le virus du saut à ski. Moi, le petit frère, je ne voulais naturellement pas être en reste et, un an plus tard, je me suis également inscrit à cette journée d’initiation. C’est ainsi qu’à huit ans j’ai fait mon baptême de l’air à Kandersteg et, une fois ma peur surmontée, plus rien ne pouvait m’arrêter.

 

Même si cette discipline me fait parfois frôler le désespoir, je l’aime

 

Que représente le combiné nordique à vos yeux ?
Il est très important pour moi. C’est une spécialité sportive qui demande beaucoup de temps. Elle est au cœur de ma vie depuis de nombreuses années et a grandement influencé maintes décisions.
Même si cette discipline me fait parfois frôler le désespoir, je l’aime car c’est tout particulièrement dans les situations difficiles que le sport fait office de bouée de sauvetage et me donne beaucoup de force en retour.

Qu’est-ce qui vous fascine le plus dans ce sport ?
La polyvalence de l’entraînement et surtout le contraste entre le saut à ski, qui exige force et vitesse, et le ski de fond, qui est un sport d’endurance. C’est un défi quotidien de combiner les deux spécialités sportives et de trouver le bon équilibre pendant l’entraînement.

Quels ont été vos grands moments personnels jusqu’ici ?
Les Jeux Olympiques de Vancouver ont sans nul doute été l’un des grands temps forts, en même temps qu’une super aventure. Ma première place dans le top 10 de Coupe du monde l’hiver dernier a été le point d’orgue émotionnel. Mais tout le reste en vaut également la peine, il y a toujours des petits moments de bonheur qui rendent les aventures sportives si spéciales et uniques.

 

Je suis persuadé que j’ai l’étoffe de rivaliser avec l’élite mondiale

En Suisse, la concurrence est très faible en combiné nordique. Qu’est-ce qui vous pousse malgré tout à donner le meilleur pendant l’entraînement bien que vous manquez de points de comparaison ?
Ces dernières années, il s’en est à chaque fois fallu de peu pour que je puisse rivaliser avec l’élite mondiale. Je suis persuadé que j’en ai l’étoffe mais j’ai conscience que pour y arriver je dois chaque jour tout donner. Comme l’élite mondiale est pour moi l’objectif absolu et que les Jeux Olympiques sont tout proches, je suis suffisamment motivé pour me donner les moyens d’aller seul jusqu’au bout.

En Suisse, le combiné nordique reste dans l’ombre. La reconnaissance par le public est faible, tout comme le soutien de la fédération. Vous devez également supporter des privations financières. Qu’est-ce qui vous motive, alors, à investir des heures innombrables dans ce sport ?
Le plaisir du sport et les moments forts, petits ou grands. Mais aussi naturellement mon ambition et la conviction que je peux encore accomplir quelque chose dans ce sport.

Quels objectifs voudriez-vous encore atteindre dans la vie, tant sur le plan sportif que privé/professionnel ?
Sur le plan sportif, tout est pour l’instant orienté sur Sotchi. J’ai déjà participé une fois aux Jeux Olympiques. A présent, je veux être dans le feu de l’action et avoir mon mot à dire.
Pour ce qui est de mon avenir après le sport, différents scénarios sont encore envisageables. Je commencerai probablement des études, mais il est possible que je fasse quelque chose de complètement différent.

 

Chez moi, tout tourne autour du sport

Quelle est votre compensation au combiné nordique ?
Chez moi, tout ou presque tourne autour du sport. Après la saison, j’aime aller skier quelques jours ou faire un tour de ski. Et en été je joue de temps en temps au beach-volley ou au tennis.

Qui est votre modèle (sportif) et pourquoi ?
Je n’ai pas vraiment de modèle, car je trouve que chacun a ses forces et ses faiblesses et doit trouver sa propre voie.

Si vous n’étiez pas un sportif d’élite, que seriez-vous aujourd’hui et pourquoi ?
J’aurais probablement achevé des études dans un domaine technique quelconque. Lorsque j’ai décidé d’aller à Einsiedeln et de miser sur le sport, j’étais déjà au gymnase depuis un an dans l’optique de faire ensuite des études.

 

Source : Swiss-ski – Photo : Nordic Magazine


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