UTMB/ François Faivre : « J’ai dû forcer ma nature »

Membre du team Lafuma, le Jurassien d’adoption François Faivre a terminé le week-end dernier 7e de l’UTMB après une 11e place en 2011. Entraîneur national à la Fédération française de ski (responsable du pôle France), il revit pour Nordic Magazine sa course. Il confie sa déception après l’amputation du parcours et explique sa nouvelle stratégie. Enfin, cet ambassadeur de la marque Julbo évoque son prochain pari à la Réunion.

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François Faivre, imaginiez-vous, avant le départ de l’UTMB, prendre la 7e place ?

J’espérais avant tout retrouver les sensations de l’année passée et donner le meilleur de moi-même sur les 166 km. Je sais que je suis plus endurant que rapide ! De ce fait, j’ai une stratégie qui consiste à remonter le plus de places possible dans la seconde moitié de la course… Parfois, ça suffit pour intégrer le top 10 comme l’an passé, parfois ce n’est pas suffisant ! Cette année, j’ai bien préparé cet UTMB, je l’ai reconnu et je me sentais en super forme. Je voulais partir à peine plus vite pour rentrer de nouveau dans les 10. Et secrètement, faire 8 ! J


Comme pas mal de coureurs élite, vous avez regretté le passage de 166 km à 100 km, suite à la dégradation météo. Pourquoi ?

Lorsque la météo s’est vraiment dégradée, que j’ai bien pensé que le col Ferret serait difficile d’accès, j’ai rapidement compris que l’on ferait un parcours raccourci ! Mais passer à une distance de 100 km m’a vraiment dépité ! En raison notamment de mon profil et de ma stratégie de course. 100 km en 11 h ou 12 h ce n’est vraiment pas la même gestion que pour 166 km et 22-23h !!

J’ai beaucoup sacrifié de mon temps libre,  de mes loisirs et de mon temps en famille pour réaliser des séances très longues, des sorties de reconnaissance sur 3 jours pour être encore d’attaque après 120-130 km. Alors ramener l’UTMB à un « mini-ultra » était décevant pour moi. Je pensais que tout le travail accompli l’avait été pour rien !  

La course amputée de 66 km a forcément changé de physionomie avec un départ plus rapide que sur l’UTMB habituel. Cela vous-a-t-il perturbé ?

Il a rapidement fallu se reconcentrer sur le nouveau profil et le nouvel itinéraire… Passé la déception de ne pas faire le tour du Mont Blanc cette année, il y avait une grande course à faire avec un plateau international de coureurs élites rarement réuni sur un ultra.

J’ai rapidement reconstruit une stratégie de course différente, me disant que si je voulais jouer devant il ne fallait pas passer 60e à Saint Gervais comme l’an passé à déjà plus de 30’… Je devais forcer ma nature, prendre des risques sur mon allure de la première heure et essayer de tenir la distance. J’ai douté au col de Voza, puis à Bellevue lorsque les premiers signes de faiblesse sont apparus mais ça a finalement bien tenu !


Dans la tête, comment s’opère le passage de 166 à 100 km ? A-t-on le temps de gamberger sur la tactique à adopter ? Le rythme à imprimer ?

C’est un peu comme en course, il faut « positiver ». Ça peut prendre quelques temps mais il faut se dire que la forme est là, que la famille nous soutient, et que les conditions sont les mêmes pour tous. Elles seront terribles et durciront la course malgré l’absence de nombreux kilomètres.  C’est sûr que du coup, les points de passage du début de course sont modifiés : -10 à 15’ après 2 h de course à Saint-Gervais, -25’ aux Contamines. Mais finalement, je gère en fonction du rythme de la tête de course aussi. Même si je ne les vois quasiment pas, le peloton suit cette allure ultra rapide sur les balcons en direction des Houches ! Après il faut compter sur un ralentissement général…

Une fois “échauffé” après 30 km de course, vous avez opéré une formidable remontée…

Sans m’en rendre compte en fait ! C’est en arrivant au retour des Contamines que mon père me dit que je suis 9e… Là, je me dis que c’est pas mal et que ça peut sourire finalement. A l’arrivée c’est à peine mieux, mais le début m’a usé et le profil « casse pattes » des 30 derniers kilomètres ne m’a pas vraiment aidé. Je préfère de longs cols en altitude avec 1h – 1h30 d’effort…

Après ce second UTMB et votre 9e place en 2011, vous serez dans un mois à la Réunion pour l’autre grand ultra-trail mondial, la Diagonale des fous. A part le climat ,en quoi ce trail est différent de l’UTMB ? Comment l’abordez-vous ?

C’est bien le climat et l’humidité qui m’inquiètent ! Et la technicité aussi ! Je ne sais pas trop quel va être le terrain rencontré durant la course, ça va être la découverte ! J’ai 7 semaines pour me refaire une santé et bien récupérer surtout. Pour un bloc de préparation, ça va être vite fait…

J’espère pouvoir tirer mon épingle du jeu et surtout prendre beaucoup de plaisir sur une vraie distance enfin !! J Comme finalement l’UTMB a été plus court que prévu et moins traumatisant, je serais tout aussi frais que mes collègues de LAFUMA qui ont couru la TDS ou la CCC !


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