UTMB/ Patrick Bohard : « L’approche mentale est primordiale »

Créé en 2003 par les Trailers du Mont-Blanc, une cordée solidaire d’amis passionnés par la course nature et le pays du Mont-Blanc, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc est rapidement devenu la référence mondiale du trail. Le succès de cette épreuve est sans aucun doute lié à la nature unique et exceptionnelle traversée durant les heures de courses. Le tour du Mont-Blanc est en effet un parcours d’exception : 3 pays, 7 vallées, 71 glaciers, 400 sommets.

Le traileur jurassien Patrick Bohard n’aurait manqué pour rien au monde ce 10 anniversaire. A quelques jours de la course, il répond aux questions de Nordic Magazine.

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A une semaine d’un trail comme l’UTMB, quel est l’état d’esprit ?

Rien de bien particulier pour moi à une semaine de la course si ce n’est tenter du mieux que je le peux de me dégager des temps de repos au beau milieu de la saison touristique et du travail à l’auberge [Patrick Bohard et son épouse Virginie tiennent l’Auberge sur la Roche, située à 1150 m d’altitude, sur le tracé de la Grande Traversée du Jura et à quelques minutes du Saut du Doubs, de Morteau et de la frontière Suisse, ndlr.].

 

Continue-t-on à se préparer sur le plan physique ? Si oui, quel est le programme ?

Sur la dernière semaine, je ne programme que 3 séances de courte durée (1 h max) avec un rappel en intensité et en fractionné 4 jours avant la course ; je ne pratique aucune activité sportive les 3 jours avant la course si ce n’est des étirements et un peu de Compex en électro-stimulation.

 

Est-on obligé de se fixer un tableau de marche ? Celui-ci peut-il encore changé la veille de la course ?

L’approche mentale est primordiale et particulièrement sur la longue distance comme l’UTMB. Personnellement, j’ai une approche très simpliste à proximité de mes courses, je prends chaque course comme un jeu en me lançant un défi très personnel. Je fixe d’abord les règles du jeu (temps de passage, nutrition, matériel…). Je m’efforce d’appliquer les règles définies à l’avance tout en sachant pertinemment qu’il y aura des aménagements et qu’il faudra faire face à toutes les situations .

 

Que redoute-t-on le plus ? L’abandon ?

L’abandon n’est pas un échec, bien au contraire ce peut être à un moment donné , quand le corps dit “stop” un acte de courage et de respect envers soit même .

Ce que je redoute le plus : ne pas être à la hauteur de mes propres espérances et de ne pas savoir y faire face.

 

A l’UTMB, qui est son principal adversaire ? La montagne ? La météo ? Les autres concurrents ? Soi même ?

D’une façon très égoïste et quoi qu’il arrive je rapporte tout à moi, je dois prendre sur moi et peut être même transformer les difficultés rencontrées en valeur ajoutée. Je ne suis donc pas mon propre adversaire, je suis deux, corps et âme. On est plus fort quant on est ensemble .

 

La douleur fait partie de l’histoire. L’an dernier, à quel moment est-elle apparue ?

Quand je cours je recherche l’équilibre et le bien être relatif (pour moi, le seul état possible pour être performant). La douleur, le dépassement de soi-même sont donc à l’opposé de ce que je recherche en course. L’an passé, le jeu consistait à revenir le plus près possible de la tête de course et donc d’occuper le corps et l’esprit dans une dynamique positive, mais comme les plus belles fables ( le lièvre et la tortue par exemple), le jeu a ses limites et quand le curseur ne descend plus (je suis revenu de la 32e à la 6e place), les jambes deviennent lourdes, la fatigue s’installe et on atteint tranquillement ce que l’on veut absolument éviter : la douleur .

 

Dort-on bien la veille de l’UTMB ? Ou est-on dans la peau d’un enfant la nuit de Noël ?

Avec un départ le soir à 18H30 il n’y a pas vraiment de raison de mal dormir la dernière nuit. Personnellement, j’apprécie les départs de course le soir avec la journée pour se reposer et bien gérer l’alimentation.

 

22 heures ou moins, c’est toujours votre objectif ?

Oui, c’est le jeu même si il faudra que toutes les conditions soient réunies ce jour là pour réaliser ce temps. Malgré l’absence de Kilian (Jornet) cette année, je pense qu’il peut y avoir 5 ou 6 coureurs en 21h ou moins, ce qui serait une première. Ce sera de toute façon une belle édition avec un beau vainqueur mais au-delà de ces valeurs de temps et classement, je tiens à souhaiter chance et réussite à toutes et tous les coureurs(ses) de l’UTMB 2012 (toutes courses confondues bien sûr) .


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