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Vincent Jay : « J’arrête ma carrière car le biathlon est toujours le sport que j’aime »

L’un des leaders de l’équipe de France de biathlon, Vincent Jay a décidé de mettre un terme à sa carrière sportive.

Membre des équipes de France de Biathlon depuis 2003, sa carrière a été marquée par de nombreux podiums en coupe du monde, aussi bien en individuel qu’en relais.

Il a également offert à la France, en 2010, un titre de champion olympique en sprint et une médaille de bronze en poursuite aux JO de Vancouver.

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Il met un terme définitif à sa carrière internationale ce jour après plus de 9 ans au plus haut niveau.

Le président de la FFS, Michel Vion, le directeur technique national, Fabien Saguez ainsi que l’ensemble de l’encadrement sportif et administratif ont tenu dans un communiqué à remercier Vincent Jay pour sa formidable carrière et lui apporteront tout leur soutien dans ses projets futurs.  

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Vincent Jay : « Cette décision a été difficile à prendre » 

J’ai décidé de mettre un terme à ma carrière de sportif de haut niveau. Ma décision peut surprendre alors que la saison de Coupe du Monde vient à peine de commencer, que je suis champion olympique en titre et que dans un an, je rêvais de remettre mon titre en jeu à Sotchi.

Cette décision a été difficile à prendre. On n’abandonne pas ce qui a été le fil conducteur de ma vie d’enfant, d’adolescent puis de jeune adulte, sans un pincement au cœur et à l’âme. J’ai retourné le problème dans tous les sens, jour et nuit. J’ai réfléchi, analysé, pesé consciencieusement le pour et le contre.

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Aujourd’hui : je sais. C’est l’unique et la meilleure issue pour que les belles années passées à pratiquer le biathlon au plus haut niveau ne se transforment pas en calvaire.

En février 2010, j’ai réussi le rêve d’une vie de sportif. Je suis devenu champion olympique, ce Graal après lequel je courais depuis que tout gosse mes parents m’ont posé sur des skis aux Menuires. J’ai aimé le biathlon et la compétition passionnément et l’énergie, l’implication et la motivation que j’y ai mis m’ont permis d’être exact à ce rendez-vous que je m’étais fixé.

Depuis de longs mois, j’avais punaisé le plan des pistes de Vancouver au mur de ma chambre et, chaque matin, je le regardais pour mieux m’en imprégner.

J’ai gagné la plus belle des médailles, la plus convoitée. Celle qui restera pour toujours dans mon cœur et celui du public. Celle qui s’est toujours refusée à certains grands champions de l’histoire du sport mondial. C’est une chance, une aubaine, un honneur…

C’est, également, une expérience à laquelle je n’étais pas préparé. Lorsque l’on débute le sport, c’est pour se faire plaisir, puis pour gagner. Pas pour la gloire et la pression.

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J’ai ressenti à Vancouver des sensations uniques. Je me suis retrouvé entraîné dans un tourbillon incroyable. Etre champion olympique, c’est entrer dans un autre monde et avoir d’un coup trente millions d’amis. Le regard des autres, même celui de certains de vos proches, n’est plus le même. On vous considère différemment. On veut vous voir, vous parler, vous toucher. Vous êtes invités d’un coup dans des endroits où vous n’imaginiez pas accéder un jour…

J’ai vécu douloureusement ce changement de statut et ce qui devait me poser durablement sur un petit nuage pesait des tonnes sur mes épaules de biathlète. Pourtant, je suis resté sérieux, assidu à l’entraînement conscient de ne pas me bruler les ailes, décidé à réussir le plus dur : confirmer que ce coup d’une vie n’était pas le coup d’un jour.

Deux ans avant les Jeux Olympiques, déjà, j’avais failli arrêter ma carrière car je n’avais pas envie de trainer sur la deuxième page des feuilles de classement. A l’époque, j’ai changé de skis, trouvé la recette pour reprendre ma progression et cela avait abouti en 2009 à ma première victoire en Coupe du Monde puis, un an plus tard, à la médaille olympique.  

Cette fois, je n’en suis plus capable. Depuis trois ans, je travaille dur, plus dur peut-être que beaucoup de biathlètes du circuit mondial. Je me bats pour retrouver un niveau digne d’un champion olympique. Aujourd’hui, je me rends compte que ce n’est plus possible, que j’ai lâché prise. Continuer ? Pourquoi ? Pour qui ? Pour donner l’image d’un champion olympique à la dérive, loin des meilleurs mondiaux et de ses ambitions de victoire ?

Bien sûr, j’aurais pu m’accrocher à la perspective de renouer le fil de mon histoire olympique à Sotchi. Mais je sais que sportivement, je suis top loin du compte.

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J’arrête ma carrière car le biathlon est toujours le sport que j’aime et cette histoire d’amour ne peut pas se terminer dans l’amertume. 

Photo : © Christophe Pallot/Agence Zoom

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