Vu de Norge #123 : Northug au centre des débats

CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et Nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

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Northug : retour décevant 

La pression est forte sur les épaules de Petter Northug Jr. Après un début de saison désastreux lié à un surplus d’entraînement en haute altitude, le fondeur n’a fait son retour sur le circuit mondial que ce week-end avec une 31e place sur le 30 km classique. Un résultat honorable, mais décevant pour l’athlète, comme ses entraîneurs. Il faut dire qu’Hetland, coach de l’équipe nationale, avait prévenu l’enfant de Mosvik : tous ses athlètes sont capables de jouer le top 10 et il n’en attendait pas moins de Northug. Stig Rune Kveen, entraîneur personnel du Norvégien, est quant à lui bien plus modéré : « Il faut prendre cette compétition plus comme un pas vers une forme optimale à Lahti qu’un objectif en soit », explique-t-il dans les colonnes de VG.
 

 
Northug étant déjà qualifié pour les épreuves du sprint et du 50 km (qu’il avait remporté à Falun en 2015), le fondeur est assuré d’aller à Lahti. Mais deux compétitions ne lui suffisent pas. Il aimerait aussi participer au skiathlon, d’où sa participation au 30 km ce week-end (la distance est la même que sur le skiathlon). Une 31e place n’est pourtant pas suffisant pour se qualifier. Northug n’a donc pas d’autre choix que d’aller prendre un podium sur les championnats nationaux le week-end prochain pour cette distance. S’il figure correctement aussi sur le sprint, il peut espérer participer au team sprint et au relais. « Désormais, c’est la guerre, je vais me battre, confie le principal intéressé aux médias à Falun. Je pense que je peux être en très bonne forme à Lahti et je veux au moins une médaille d’or individuelle alors je vais me battre. »

Et l’enfant terrible du ski de fond n’a pas vraiment le choix car Tor Arne Hetland n’exclut pas de ne pas l’emmener sur les compétitions où Northug n’est pas qualifié d’office. « Si je ne peux avoir que 12 places et qu’il est 13e, tant pis, déclare le coach. Il participera au moins au sprint et au 50 km. Pour le reste, s’il est en forme, il sera sélectionné naturellement. » L’entraîneur national tient quand même à laisser la porte ouverte au fondeur norvégien, après tout, Northug est une valeur sûre aux mondiaux avec pas moins de 13 titres sur 5 éditions.

 

 

De plus, mieux vaudrait ne pas l’écarter des championnats de Lahti si l’on ne veut pas énerver ses fans. Vidar Løfshus, directeur national, en a fait les frais. D’abord non-sélectionné pour Falun, les supporters de Northug n’ont pas du tout apprécié le choix de Løfshus qui a alors reçu des lettres et emails de menace. « Le plus souvent, je lis quelques lignes et je les efface, confie le Norvégien. Je ne réponds que si c’est constructif. » Et de conclure : « Nous sommes reconnaissant de ce qu’a fait Petter pour la Norvège mais les temps changent et on doit aussi laisser leur chance aux autres… »

 


Krogh pour remplacer Northug sur le relais ?

Finn Haagen Krogh.

 

Qui imaginerait une fin de relais aux mondiaux sans Petter Northug Jr ? Lui-même. S’il a très envie d’en découdre avec ses adversaires (principalement Ustiugov et les Suédois), l’enfant terrible de la Norvège sait aussi qu’en ce moment, il n’est pas le meilleur choix pour son pays. Profondément patriote, jamais Northug ne mettrait en danger une victoire norvégienne.

 

 

Quitte à laisser sa place sur le relais final et, pourquoi pas, prendre l’un des deux relais en style classique, le fondeur aimerait avoir son mot à dire. « Je pense que Finn Hågen Krogh est le mieux placé pour terminer le relais, confie-t-il en conférence de presse, avant Falun. Sur les deux derniers relais, il a très bien joué et a su l’emporter face à Ustiugov et Halfvarsson (à La Clusaz et à Ulricehamn). Il faut quelqu’un pour assurer la médaille d’or et il est parfait pour ça. » Northug, de plus, assure que s’il était entraîneur de l’équipe nationale, il choisirait le quatuor Iversen-Tønseth-Sundby-Krogh pour aller chercher le titre du relais à Lahti.

Mais ce changement de tradition n’arrangerait pas Calle Halfvarsson. Le Suédois, dont l’ennemi juré était auparavant Northug, ne craint plus le fondeur de Mosvik. « Il n’a pas fait ses preuves cette saison », explique-t-il à VG. En riant, il ajoute : « c’est une option sûre de le choisir et je préfèrerai l’affronter lui que Krogh. » Torgeir Bjørn, expert de la NRK, pense quant à lui que Halfvarsson a du souci à se faire, qu’il affronte Krogh ou Northug. « De toutes façons, ce sera difficile pour lui », assure-t-il. Ne jamais vendre la peau du Norvégien avant de l’avoir tué !

 

 


Les spéculations sur les sélections de Lahti continuent

La Norvège, si elle a une place en plus grâce au titre de Northug à Falun sur le sprint, se voit tout de même confrontée à un dilemme de taille. Il y a deux semaines, Vidar Løfshus, directeur national du fond, avait même admis qu’il préfèrerait laisser sa place et ne pas avoir à trancher entre tous les très bons athlètes de l’équipe de sprint pour les sélections de Lahti (Lire Vu de Norge #121).

Mais la tâche est devenue encore plus compliquée avec la deuxième place d’Emil Iversen sur le sprint ce week-end à Falun. Désormais, quatre Norvégiens se sont montrés dignes d’une sélection pour cette épreuve après de très bons résultats cette saison : le petit prodige Johannes Høsflot Klæbo, Finn Hågen Krogh, Sindre Bjørnestad Skar et désormais Iversen. Ce dernier a annoncé lui-même dans les colonnes de VG que, s’il n’avait aucune indication officielle, il n’imaginait pas ne pas être de la partie à Lahti.


Pourtant, quatre autre hommes espèrent encore bouleverser cet ordre établi : Havard Solas Taugbøl, Ola Vigen Hattestad, Pål Golberg et Eirik Brandsdal. Tous ont marqué des points cette saison. Pål Golberg, jusqu’à ce week-end de Falun où il n’a pas fait le déplacement à sa plus grande surprise, était même premier du classement coupe du monde de la discipline. Ne reste donc plus à ces quatre mousquetaires qu’une option : l’emporter aux championnats nationaux organisés le week-end prochain pour montrer qu’ils ont leur place dans l’équipe de Lahti.

Quant aux équipes de distance, le dilemme n’est pas tellement différent. Mais les ténors de la discipline devraient se méfier : Johannes Høsflot Klæbo est tout à fait disposé à prendre leur place. « Je pense que je peux participer à d’autres distances que le sprint aux mondiaux, confie le jeune fondeur à la chaîne NRK. Pourquoi pas le 15km ? C’est une bonne distance pour moi… » Le Norvégien de 20 ans attend donc impatiemment les sélections nationales pour savoir quels autres tickets il peut décrocher pour Lahti. Et personne n’a oublié sa prestation impressionnante sur le mini-tour de Lillehammer où il a terminé 2e, seulement dépassé par Martin Johnsrud Sundby.
 

 
 

 


Retombées de l’affaire Johaug

Après l’audience, l’avocat de Therese Johaug est confiant : la fondeuse ne sera pas punie trop sévèrement et même, elle pourrait être acquittée. Auquel cas, la Norvégienne l’a déjà annoncée : elle ira à Lahti. Hypothétiquement, bien entendu, elle est prête à faire directement ses bagages et sauter dans le premier avion pour la Finlande si, avant le 20 février, le jury rend son verdict et la sanctionne de 4 mois de suspension (qu’elle a déjà effectué) ou moins. Mais tout cela n’est que très hypothétique car peu la voit obtenir moins de 12 mois de suspension.

 

 

Ce qui est plus sûr, ce sont les changements faits au niveau des contrats des athlètes. « Nous ne voulons pas que de telles choses se reproduisent », explique la fédération norvégienne. Il a donc été décidé que la clause selon laquelle les athlètes doivent se conformer aux prescriptions du médecin de l’équipe nationale sera supprimée ou tout au moins changée. Il est désormais précisé dans les contrats de tous les athlètes de l’équipe nationale qu’ils sont responsables de ce qu’ils ingèrent ou s’injectent. Plus de la moitié des fondeurs ont déjà signé ces nouveaux contrats.

Désormais, reste à s’assurer que tous sont correctement formés sur la lutte antidopage. Vidar Løfshus, directeur national du fond norvégien, expliquait avant l’affaire Johaug que tous ses athlètes avaient bien participé au cours « Clean Athlet » (« Ren Utøver » ou « Athlète Propre ») en 2015. Ce qui s’est avéré faux. Le même programme a été réédité en 2016 et des rappels avaient été envoyés à tous les fondeurs pour s’assurer de leur participation. Des dispositions seront prises pour mieux vérifier l’engagement des athlètes dans cette formation.

Secrétaire générale adjointe de la NSF (fédération norvégienne de ski), Ingvild Bretten Berg a assuré que ce programme n’était pas la seule sensibilisation à la lutte antidopage au sein de la fédération. « La lutte antidopage a toujours été l’une de nos priorités, rappelle-t-elle dans les colonnes de VG. Nous reconnaissons qu’il y a eu un manque de suivi mais nous allons changer cela. » Une bonne piqûre de rappel pour la première nation du ski de fond qui doit se remettre en question pour éviter de nouveaux cas de tests antidopage positifs.
 

 

 


Tarjei Bø : dernière chance et explications

Hochfilzen approche à grands pas. La dernière chance pour Tarjei Bø de se qualifier aussi. S’il sait désormais ce qui l’a rendu malade à Noël, l’obligeant à revenir à la maison et manquer la deuxième partie de la saison après une absence prolongée avant Noël, il n’a pourtant plus beaucoup de choix pour rattraper cette saison désastreuse. « Je me suis fait vacciné contre la grippe et ça ne m’a pas fait du bien, en fait », explique maintenant l’aîné de la fratrie norvégienne.

 

 

Heureusement, Tarjei Bø est de retour à l’entraînement et ses entraîneurs lui ont laissé une dernière chance. Il fera donc le voyage sur l’IBU Cup en Slovaquie pour tenter de prendre l’une des deux dernières places restantes pour les mondiaux d’Hochfilzen. « J’espère que ça va aller. J’en ai marre. Je me suis reconstruit lentement en octobre et novembre et au moment où je pense que je peux revenir, je retombe malade. C’est frustrant », raconte le biathlète. Son objectif désormais : montrer qu’il est en bonne forme physique et qu’il ne fera pas que figuration en Autriche pour les championnats.

 

 

 


Le handball s’invite à Falun

Point commun entre le handball et le ski de fond ? Et bien la Norvège est présente dans ces deux sports. Les Norvégiens étant extrêmement patriotes, hors de question pour les fondeurs de ne pas regarder leur équipe passer les demi-finales et accéder à la grande finale des championnats du monde. « J’étais à Arlanda (aéroport de Stockholm) et c’était vraiment stressant, raconte ainsi Petter Northug Jr. à la chaîne TV2. C’était un match exceptionnel et ça promet pour dimanche. »

Mais la plus passionnée par le handball, c’est Heidi Weng. Dans sa jeunesse, elle et sa cousine Martine Ek Hagen étaient en effet des joueuses de handball très prometteuses. Et le maillot jaune de la coupe du monde n’a pas perdu son engouement pour ce sport collectif. « Je n’ai pas pu regarder la demi-finale vendredi, c’était trop stressant, j’y aurais perdu trop d’énergie », confie-t-elle à Dagbladet. La fondeuse confie même que, pour elle, le handball est bien plus intéressant que le ski de fond. « Si je n’avais pas été skieuse, c’est certain que j’aurais joué au handball, affirme Weng. Et Martine aussi. Elle était encore plus forte que moi. »

En fait, Heidi Weng aime tellement le handball qu’elle a pensé à ne pas courir dimanche pour être sûre de voir la finale France-Norvège. « J’ai pleuré en voyant qu’on passait en finale. Si on gagne, je crois que je vais encore pleurer », ajoute-t-elle. Malheureusement, la Norvégienne était sur le chemin du retour pendant le match : « je vais essayer de le voir sur mon téléphone si ça fonctionne… » Personne ne sait si elle a pu voir le match. En revanche, il est certain qu’elle a dû être déçue de la défaite de la Norvège 33 à 26, laissant la France conserver son titre de championne du monde.
 

 


Iversen-Nilsson vs. Northug

« Petter Northug est vraiment drôle », confiait Maurice Manificat à Dagbladet. Il est vrai que le fondeur de Mosvik n’est pas connu pour avoir la langue dans sa poche. En revanche, certains pensent que Northug va parfois trop loin. C’est le cas de Stina Nilsson et Emil Iversen. La Suédoise a ainsi expliqué au quotidien norvégien que les ragots du fondeur sur elle et Iversen l’avaient d’abord fait rire, puisqu’ils sont faux. Mais quand le Norvégien est allé raconter qu’il les avait vus s’embrasser à Val Senales, là, il est allé trop loin. « C’est vrai que ça doit s’arrêter », ajoute Iversen au micro de TV2, venant en soutien à son amie de toujours (le père d’Iversen étant entraîneur en Suède). Mais le passe-temps favori de Northug reste de charrier son camarade de chambre et il ne s’en prive jamais. « Je pense qu’on peut souhaiter à Emil d’avoir des enfants en 2017 », déclare-t-il ainsi à Dagbladet. Heureusement pour lui, Iversen est beau joueur : « dites-lui merci », répond-t-il.

Toujours est-il que personne ne sait quoi prendre au sérieux. « Même moi je ne sais pas toujours quand il plaisante, explique Iversen. Nous sommes tous les deux blagueurs alors c’est difficile… » En fait, les deux fondeurs ont trouvé l’un dans l’autre un véritable ami et un égal. « Ils ont exactement le même humour », raconte le père de Northug. Une belle amitié que des petites piques lancées par le fondeur aux médias ne viendront pas gâcher.

 

 

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