Vu de Norge #136 : Klæbo n’en fait qu’à sa tête

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Klæbo n’en fait qu’à sa tête

Une fois la liste des équipes nationales de fond révélée, les athlètes ont fait savoir à la presse leur contentement ou mécontentement.

Du côté de Johannes Høsflot Klæbo, la pilule est plutôt difficile à avaler. S’il est bien sur la liste de l’équipe nationale de sprint, ce n’est pas suffisant pour le jeune fondeur de 20 ans qui espérait être nommé dans la liste nationale toutes distances aux côtés de Sundby ou Northug. Avant la publication des équipes, le jeune homme avait d’ailleurs fait savoir qu’il voulait ne pas être seulement pris sur le sprint car il souhaite se perfectionner dans tous les types de courses. Malheureusement pour lui, il n’a pas été entendu. Au micro de la NRK, le Norvégien affirme tout de même être content d’être retenu dans l’équipe nationale de sprint… Pour un objectif à court terme comme les Jeux Olympiques 2018.

 

Car le grand-père et entraîneur personnel de Klæbo en est certain : son petit-fils est un fondeur complet qui ne doit pas se limiter aux sprints. Pour lui, « l’équipe toutes distances est la meilleure solution pour développer son potentiel au maximum », comme il l’explique en interview pour le quotidien VG. Il a donc été décidé qu’en plus de l’entraînement avec l’équipe nationale de sprint, le fondeur norvégien suivrait un entraînement à part pour développer au mieux ses capacités sur les plus longues distances, en collaboration avec les entraîneurs nationaux et la fédération norvégienne.
Quant à Martin Johnsrud Sundby, il n’a pas caché sa petite déception à l’idée de devoir encore attendre pour voir Klæbo dans la même équipe que lui. « Honnêtement, ce serait génial pour moi de pouvoir m’entraîner avec lui, explique-t-il dans les colonnes de VG. Il est incroyablement fascinant et il me donne plus de motivation. C’est aussi très amusant de partager avec lui. »

Sundby aimerait ainsi devenir en quelque sorte le mentor de son jeune compatriote si celui-ci veut échanger avec son aîné. « A mon avis, Dyrhaug et Tønseth peuvent et voudraient aussi être son mentor, continue Sundby. Mais Johannes et son grand-père ont déjà mis en place un super plan. » Le meilleure fondeur de la coupe du monde est en tous cas impatient de se confronter à nouveau au jeune Klæbo.

 


 
 

Domracheva rejoint les Norvégiens

 

Mariée à Ole Einar Bjørndalen et maman avec lui d’une petite Ksenija, Darya Domracheva partage désormais sa vie entre la Biélorussie et la Norvège. S’ils ont fait construire une maison à Minsk en Biélorussie, Bjørndalen étant membre de l’équipe nationale de Norvège, il se doit de participer à quelques stages de formation avec ses coéquipiers. Mais pas question de se séparer de sa petite famille… Domracheva devrait donc parfois venir s’entraîner avec l’équipe de Norvège. « Il est naturel de lui offrir les mêmes moyens que si elle était chez elle », explique Morten Aa Dupvjik, directeur sportif du biathlon norvégien. Si tous les détails ne sont pas encore réglés, la Norvège aimerait aider Domracheva à aller chercher de nouvelles médailles olympiques en compagnie de son illustre mari. Mais la Biélorusse préfère mettre les choses au clair : « je continuerai de m’entraîner avec mon équipe, déclare-t-elle. Nous aussi, nous avons un bon groupe et j’aime être avec les autres filles. »

 

 

Equipes nationales de fond : du grabuge en perspective

Avec la publication des listes des équipes nationales de fond, certains ont bien sûr eu la chance d’y accéder alors que d’autres s’en sont fait sortir sans pouvoir demander leur reste. On voit ainsi débarquer Simen Hegstad Krüger, Håvard Solås Taugbøl et Johannes Høsflot Klæbo parmi les fondeurs ayant la chance de rejoindre l’équipe nationale norvégienne. Pål Golberg retrouve aussi son ancienne place après une bonne saison.

 

Anders Gløersen.

Ola Vigen Hattestad.

Mais ceux qui en pâtissent ne doivent pas voir les choses du même œil et l’ont bien fait savoir. Ola Vigen Hattestad et Anders Gløersen ont ainsi très peu appréciés d’être renvoyés de l’équipe nationale. « Je suis déçu, je dois l’admettre, confie Gløersen à nos confrères de la NRK. Mais mes objectifs pour l’an prochain restent les mêmes. » Tor Arne Hetland, entraîneur national, admet lui-même que le message est brutal et désagréable à faire passer. Heureusement pour lui, Gløersen a décidé de ne pas faire trop de bruit, assurant juste qu’il comptait bien montrer que c’était une erreur de le sortir de l’équipe.
Hattestad de son côté, s’est exprimé plus rapidement sur son éviction de l’équipe dont il faisait partie depuis 12 ans. « Je suis extrêmement déçu, d’autant plus que quand je ne suis pas malade, je fais toujours partie des meilleurs du monde. » Le sprinteur espère pouvoir aller défendre son titre de Sochi à Pyeongchang et n’a pas souhaité en dire plus aux médias.
Côté féminin, l’absence de Therese Johaug dans la liste s’est faite remarquée. La fédération de ski a donc tenu à préciser qu’il était impossible de la nommer tant qu’elle n’était pas réintégrée et sa suspension terminée. En revanche, quand sa peine arrivera à son terme, Johaug pourrait très vite retrouver le chemin de l’équipe nationale. Immédiatement même puisque les quotas ne sont pas remplis.

 

Le nouveau Sundby ?

 

 

Johannes Høsflot Klæbo était, jusqu’à sa victoire au général du sprint, le « nouveau Northug ». Mais pourrait-il y avoir aussi un « nouveau Sundby » dans les rangs norvégiens ? C’est en tout cas ce que pense le quotidien Dagbladet qui s’est penché sur le cas du jeune fondeur de 19 ans, Vebjørn Hegdal.

Le Norvégien aurait apparemment des capacités hors normes et, à 17 ans, il battait déjà des Dario Cologna et des Finn Hågen Krogh sur la Skarverennet.

Comme Sundby, le jeune Hegdal est aussi capable de s’entraîner des heures entières et il a un volume d’heures de formation tout a fait impressionnant. Il va jusqu’à s’entraîner 1000 h par an. « Ca doit être le record du monde ! », s’exclame son compatriote Emil Iversen. « Il s’entraîne plus que certains athlètes de l’équipe nationale, s’émerveille Vidar Løfshus. Ce n’est pas très recommandé mais c’est passionnant de voir ça. »

Quant au principal intéressé, il explique tout simplement qu’il cherche ainsi à se construire de solides bases pour, une fois au plus haut niveau, continuer de s’améliorer et faire mieux que les autres. « Mon objectif la saison prochaine, ce sont les championnats juniors. J’essaie de me façonner une carrière longue et riche en succès », continue Hegdal. Et si certains aimeraient freiner ses ardeurs, d’autres le comparent à Sundby. Il aurait alors une belle carrière devant lui…
 

 
 

Un premier entraîneur norvégien pour les Chinois

Comme promis, la Norvège a déjà envoyé un premier entraîneur pour les équipes de ski en Chine en vue des Jeux Olympiques 2022 de Pékin. Kristian Bjune Sveen, 25 ans, est donc l’heureux élu. « C’est une chance que je devais saisir, explique-t-il à la NRK. C’est un défi passionnant et cela pourrait aider à vraiment développer le ski de fond à l’international. » Sveen a été recruté dans la plus grande région de Chine : le Xinjiang. Là, il devra repérer les talents les plus prometteurs pour mettre en place la meilleur équipe de fond possible afin d’aller rivaliser avec les Norvégiens en 2022.

 


Et le défi est de taille ! Il y a en effet très peu de fondeurs en Chine et, comme le confie Sveen, le skieur moyen de Norvège est bien meilleur que l’élite chinoise. A titre représentatif, il n’y a qu’un seul ressortissant chinois en coupe du monde de fond et il n’est que 146e du général. Sveen a donc déjà dû leur introduire, pendant ce mois d’avril, les skis-roues. « Il semble que beaucoup sont intéressés par le ski de fond et sont impatients d’en savoir plus », raconte le coach norvégien. L’objectif est donc simple : recruter le plus de potentiels fondeurs en allant les voler aux autres sports.
Autre défi : Sveen compte bien apprendre le chinois afin de se faire comprendre au mieux par ses nouveaux athlètes. « C’est une marque de respect », assure-t-il au micro de la NRK. Reste à savoir comment se confronter aux multiples dialectes parlés dans la province du Xinjiang. Il aura jusqu’à 2022 pour maîtriser parfaitement la langue, date d’expiration de son contrat et des Jeux Olympiques de Pékin.


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