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Johaug : objectif Seefeld 2019
18 mois de suspension et un rêve olympique brisé. Therese Johaug a enfin été fixée sur son verdict mardi dernier et elle doit dire adieu à la médaille à Pyeongchang. Mais loin de se laisser entièrement abattre, la fondeuse a déjà promis de revenir s’aligner en compétition dès qu’elle y sera autorisée. Dès le lendemain de l’annonce du verdict, la Norvégienne a donc rechaussé les skis-roues avec comme objectif les championnats du monde à Seefeld en février 2019. « Nous verrons ce que le futur apporte mais mon rêve est de nouveau prendre des départs », a-t-elle confié aux médias. Encore faut-il que sa motivation reste intacte d’ici là et ce sera son plus gros challenge. Johaug doit aussi revoir son plan de formation avec son entraîneur privé et définir des objectifs tout au long de son parcours pour revenir en coupe du monde.
Et peut-être revenir aussi aux Jeux Olympiques 2022 à Pékin. C’est en tout cas le rêve d’un peu plus de la moitié de la population norvégienne. Le quotidien VG révèle ainsi que 55% de ses compatriotes croient aux possibilités de titre de Johaug aux JO 2022.
Les avis sur la question Johaug diffèrent
Comme lors du premier verdict, les avis sur l’affaire Johaug sont nombreux et bien différents. Certains pensent que le TAS a été trop dur, d’autres arguent que le verdict est enfin juste. Parmi ces derniers, la Finlandaise Saarinen et la Polonaise Kowalczyk qui s’étaient déjà exprimées contre Johaug. L’entraîneur de Justyna Kowalczyk a ainsi assuré que personne ne croyait à l’explication de la Norvégienne, aucune surprise donc, que le jugement ait été plus dur. « C’est plus correct, c’est une violation grave des règles anti-dopage, explique quant à elle Aino-Kaisa Saarinen. L’athlète est seul responsable de ce qu’il ingère et ce n’est pas une petite violation. C’est triste mais quand on enfreint les règles, on doit payer. »
Les Norvégiens, en revanche, se serrent les coudes et ne laissent pas tomber leur coéquipière, Marit Bjørgen la première. « C’est injuste, déclare à la presse la championne. Elle m’a appelée pour me le dire et c’était très dur. On a toutes les deux pleuré. Maintenant la chose la plus importante c’est d’être là pour elle. »
Petter Northug Jr., pourtant discret dans les médias cette saison, n’a lui aussi pas manqué de réagir. « C’est vraiment triste, a-t-il confié à VG. Je pense surtout à Therese, pas à l’affaire. Elle a reçu un châtiment plus lourd qu’elle ne le mérite et pour moi, elle n’aurait pas dû être punie. Pas du tout. Mais si elle arrive à Seefeld, elle sera plus forte que jamais. »
Le dernier à s’être exprimé publiquement est Martin Johnsrud Sundby. Comme beaucoup, il a avoué penser que le verdict de Johaug était plus lourd pour montrer qu’il n’y avait aucun favoritisme envers les Norvégiens après que lui-même n’ait eu qu’une peine légère pour avoir surdosé son médicament contre l’asthme. « Mais ça reste incompréhensible, ajoute-t-il. Je me demande si les règles sont faites correctement pour ceux qui n’avaient aucune intention de se doper. » Il rappelle aussi que Johannes Dürr, qui a pris plusieurs fois de l’EPO, n’a eu que 6 mois de plus. Le système doit-il être remis en cause ? « C’est une mission très importante et très difficile que celle des sections antidopage, il ne faut pas l’oublier », conclut Sundby.
Gangnes continue d’impressionner
Déjà impressionnant lors de son retour sur les compétitions nationales, Kenneth Gangnes ne cesse d’étonner. Blessé au genou, le Norvégien a dû s’éloigner des tremplins pendant neuf mois avant de revenir en février à l’entraînement petit à petit. Mais rien n’arrête ce Norvégien talentueux. A Hakuba, il termine ainsi 2e du Grand Prix d’été. Comme toujours, les seuls mots de Gangnes ne reflètent que son plaisir d’être de retour : « c’est génial de se battre à nouveau et d’être sur le devant de la scène », affirme-t-il au micro de la NRK.
Clas Brede Bråthen, directeur sportif du saut norvégien est lui aussi ravi : « c’est toujours enthousiasmant de voir des blessés revenir de la sorte. » Quant à Alexander Stöckl, il a une affection toute particulière envers son athlète qui a dû passer par trois opérations du genou. « S’il remportait une médaille, s’il gagnait une compétition ce serait l’un de mes plus grands moments », confie le coach autrichien. Bien entendu, il se dit aussi surpris de la capacité de Gangnes à revenir si haut si vite. Ce qui pourrait bien promettre une médaille olympique au prodige du saut norvégien.
Petter Northug stratégique
La compétition sera plus rude que jamais cette année au sein de l’équipe nationale de ski de fond. Avec des quotas réduits et une équipe aux nombreux talents, les places seront chères aux Jeux Olympiques. En conséquence, Petter Northug Jr. reste incertain quant aux distances auxquelles il pourra participer. « Il sera difficile d’aller sur n’importe laquelle, affirme-t-il au quotidien VG. Maintenant, il faut se spécialiser dans les distances individuelles. Je ne sais pas encore ce que je peux et vais faire mais d’ici octobre, on aura une ou deux idées. » Son entraîneur personnel, Stig Rune Kveen, espère quant à lui que son poulain ressent la pression car « c’est là qu’il est le meilleur, ça le pousse à s’améliorer. »
« Le plan c’est d’être fort à Beitostølen et pourquoi pas au Tour de Ski aussi », explique Northug. Et de continuer : « je ne suis pas fait pour finir entre la 4e et la 15e place. Soit je suis devant, soit je suis derrière, c’est tout. »
Pour ce qui est de son combat face à ses coéquipiers, le fondeur n’ajoute qu’une chose : « j’espère qu’on me donnera la priorité puisqu’on m’avait écarté à Falun… Sauf s’ils sont tous en meilleure forme que moi. »
Tande le mauvais élève
Daniel Andre Tande est peut-être un des meilleurs élèves au tremplin mais il en était tout autrement sur les bancs de l’école. Le sauteur à ski confie ainsi que très vite, à l’école primaire, il a arrêté de lire et d’écrire, n’aimant pas cela. Résultat : ses tests étaient très mauvais puisqu’il avait beau essayé, il ne pouvait pas lire correctement les consignes. Enfin, en 10e année, il a dû passer un test plus important pour s’engager vers le monde du ski. « J’ai échoué parce que je ne pouvais pas lire ce qui était demandé », explique le Norvégien. Le professeur qui l’examinait s’est alors inquiété et Tande lui aurait parlé de ses problèmes. Il a ensuite passé un test de lecture. « Et il s’est avéré que j’étais resté coincé au niveau de la 4e année, conclut-il. Et c’est incroyablement embêtant que personne ne s’en soit rendu compte avant. »
Caroline Solem, secrétaire générale de Dysleksi Norge, salue l’initiative du sauteur de parler de ses problèmes : « cela signifie beaucoup pour les jeunes qui vont à l’école avec la peur dans le ventre. Tous ceux qui parlent haut et fort de ça rendent les choses plus faciles à vivre pour les autres. »
Heureusement pour Tande, le saut à ski lui a permis d’avoir un point d’ancrage et de s’en sortir sans trop de dégâts.