Vu de Norge #157 : Northug n’abandonnera pas la Norvège

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L’équipe de fond fragilisée ?

La saison dernière, Martin Johnsrud Sundby et Heidi Weng ont joués les chefs de file du fond norvégien en remportant la coupe du monde masculine et féminine. Mais il semblerait que leur début d’automne ne se passe pas aussi bien que le dernier hiver.
Sundby a ainsi préféré ne pas se rendre en Italie en camp d’entraînement avec l’équipe nationale pour rester à Oslo. « Je me suis senti un peu seul, regrette le fondeur après-coup. Ça fait du bien de tous les retrouver. »

 

 

Autre avantage de rester en groupe : mesurer sa forme à celle des autres. Mais ce n’est pas la seule chose qui préoccupe Sundby. Le fondeur s’est en effet moins entraîné qu’habituellement. « J’ai réduit le nombre d’heures mais j’ai travaillé plus dur, explique-t-il. Je n’ai pas vraiment eu le choix et ça a bien marché mais c’est vrai que ça a été dur de s’y faire. » Le Norvégien est donc dans l’inconnu quant à sa forme réelle et les résultats qu’il peut attendre pour l’hiver.

Du côté de Heidi Weng, les préoccupations sont plus sérieuses. Après avoir glissé, la jeune femme s’est blessée au genou. Depuis début septembre, la fondeuse est gênée par ce genou et ne peut plus aller courir. A la place, Weng fait du vélo et du ski-roues même si la course à pieds lui manque énormément. A deux mois du début de la saison, la Norvégienne espère que son genou se remettra très vite.

 

Une équipe de fond féminine trop vieille ?

 

Au sein de l’équipe nationale de fond, la plus jeune féminine a 26 ans. Un chiffre qui inquiète les instances norvégiennes. Pourquoi l’équipe n’a-t-elle pas de relève déjà prête à faire ses preuves comme du côté masculin avec, par exemple, Johannes Høsflot Klæbo ? « Il faut qu’on trouve pourquoi il n’y a pas plus de jeunes filles qui passent le cap et arrivent en équipe nationale, explique Vidar Løfshus. On ne peut pas être fiers de ce qui se passe en ce moment. »

Les fondeuses de leur côté, ont peut être un début d’explication. Maiken Caspersen Falla rappelle ainsi dans les colonnes de VG qu’elle est arrivée dans l’équipe à 18 ans. « Il y avait une place pour moi et une pour Ingvild Flugstad Østberg, rapporte-t-elle. Mais il est vrai que maintenant, les quotas sont plus faibles et notre équipe plus forte d’où le manque de places. » Falla continue en insistant sur l’importance de laisser sa chance aux jeunes : « qui sera là pour gagner dans 5 ou 10 ans ? On devrait laisser une ou plusieurs places à des jeunes filles pour qu’elles commencent à évoluer avec nous et se forment. »

Marit Bjørgen elle aussi souhaite prendre les choses en main. « Quand je prendrai ma retraite, je deviendrai peut-être entraîneur pour former les jeunes filles », avoue-t-elle.

Astrid Jacobsen, quant à elle, est persuadée que certaines fondeuses en équipe junior ont les qualités pour passer en senior dans les prochaines années.
Les experts, eux, sont moins optimistes : « après le millésime 1990-1991, tout sera différent et l’équipe sera certainement moins forte », admet Torgeir Bjørn, expert NRK. Pourtant, cela aurait un aspect positif : la concurrence mondiale serait relancée en fond féminin une fois la domination norvégienne terminée.

Les JO sans Northug ? Pas pour tout de suite

S’il n’a pas encore choisi quelle serait son épreuve de prédilection pour tenter d’avoir sa place aux Jeux olympiques, Petter Northug Jr. espère avant tout faire parti du relais olympique norvégien. Il ne s’en est jamais caché : il aime son pays et veut toujours voir ses couleurs hissées sur le haut du podium. Jusqu’aux mondiaux de Lahti 2017, le fondeur de Mosvik avait toujours clôturé le relais, amenant la victoire à sa patrie avec panache. Mais, en mauvaise forme, il avait dû laisser sa place à Krogh lors du dernier grand événement nordique et son équipe s’était tout de même imposée. La question se pose donc : Northug finira-t-il ou non le relais olympique de Pyeongchang ? « Je m’entraîne pour gagner, pas pour finir avec la médaille en chocolat et jusqu’ici, tout va bien », affirme le fondeur aux médias. Il continue en expliquant que si tout se passe selon ses plans, il sera à Kuusamo et fera ses preuves auparavant à Beitostølen. « En tous cas c’est le premier objectif », termine-t-il. Et d’ajouter : « je suis très motivé. Ce sont les Jeux Olympiques et les pistes me conviennent bien alors le but est d’aller sur le plus d’épreuves possibles. »

 

Que peut-on donc souhaiter à l’enfant terrible du fond norvégien ? « L’or en individuel mais en relais aussi. Je peux être un bon premier relais mais je sais que si je suis à mon réel niveau, je reste le meilleur finisseur de l’équipe, assure-t-il. Mais je suis content que Krogh soit là. Il est comme un mini-moi et c’est rassurant de savoir qu’il peut prendre ma place pour faire gagner l’équipe jusqu’à ce que Klæbo prenne le relais. »
En attendant les JO, Northug est parti pour un camp de 32 jours en altitude dans les Alpes, son plus long séjour jusqu’ici.

Deux remplaçants pour Djupvik

Avec le départ rapide de Morten Aa Djupvik, directeur sportif du biathlon norvégien, la fédération a dû rapidement lui trouver un remplaçant. Ou plutôt deux pour être exact. Pour le moment, c’est Per Arne Botnan qui reprendra les charges de Djupvik, assurant ainsi la transition entre l’ancien chef et le futur directeur sportif : Odd-Bjørn Hjelmeset. « Notre équipe est bien préparée pour affronter la saison olympique et c’est un honneur de pouvoir aider », a confié Botnan à la NRK. Hjelmeset, lui, a été embauché au 1er octobre et devrait prendre les commandes à l’hiver 2018/2019 après une période d’apprentissage et de transition aux côtés de Botnan.
« C’est une très bonne solution, ça apporte du sang neuf mais il y a quand même un temps pour accumuler de l’expérience ce qui est très bien », affirme Ole Einar Bjørndalen lors d’une interview pour la chaîne TV norvégienne. Il ajoute, à propos d’Hjelmeset : « il a déjà de l’expérience et il est très souriant et optimiste, il peut nous apporter beaucoup. »

 

Northug et Cologna : les Nadal et Federer du fond

 

Pour la première fois depuis 2011, Nadal et Federer sont les n°1 et n°2 mondiaux en tennis. Pour Dario Cologna, il ne fait aucun doute que lui et Petter Northug Jr. sont leurs homologues fondeurs et, en tant que tels, devraient connaître un succès similaire cet hiver. Le duel qui a débuté il y a 11 ans lors de leur arrivée en coupe du monde en 2006 a vu s’affronter le Suisse et le Norvégien sur tous les terrains : coupe du monde, championnats et Jeux Olympiques. Mais l’hiver dernier, ni Cologna ni Northug n’ont pu lutter face à Sundby et Ustiugov. La fin d’une ère ? « Non, assure l’helvétique. Nous allons revenir en haut des classements si tout se passe bien cet automne. On a tous les deux le niveau mais les blessures et les maladies nous ont empêché de le montrer. » Northug, de son côté, a admis être du même avis que son concurrent suisse.
De l’autre côté de la frontière, Maurice Manificat pense aussi que le Norvégien peut faire des étincelles : « lorsqu’on a eu une saison un peu faible, on peut revenir meilleur et plus frais. On est plus motivé alors Petter peut vraiment se battre pour les médailles. »


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