Vu de Norge #166 : Northug et Krogh en danger

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

Northug en danger

Petter Northug (NOR) à Lillehammer (photo : Modica/NordicFocus).

32e lors de la qualification du sprint, Petter Northug Jr. est rentré chez lui avant le skiathlon. Il ne participera donc pas aux compétitions de Davos et sa présence à Toblach est aussi compromise. « Il est certain que Davos est exclu, mais Toblach pourrait être plus intéressant pour lui, avoue Stig Rune Kveen, coach personnel du fondeur. Le plus important maintenant est qu’il s’entraîne, qu’il récupère et d’avoir une vraie conversation avec la fédération. »

 

Juste avant le week-end de Lillehammer, Tor Arne Hetland, entraîneur du fond masculin, avait prévenu Northug : « s’il ne fait pas de bonne performance, voire un podium, ses chances de sélection aux Jeux sont minces », a-t-il assuré au micro de la NRK. Fredrik Aukland, expert NRK, insiste quant à lui sur l’importance pour l’équipe nationale d’emmener avec eux Northug sur le Tour de Ski pour lui laisser sa chance. « Jamais je ne miserai contre Petter, surtout avant un événement de cette importance », confie Aukland. « Nous espérons qu’il va retrouver sa forme, le fond a besoin de lui », ajoute Vidar Løfshus.

 

De leur côté, les experts fond de VG remettent principalement en question le choix de Petter Northug Jr. d’avoir quitté l’équipe nationale depuis 2013 et de n’y être jamais revenu. « Il aurait pu profiter de s’entraîner avec les meilleurs athlètes, les meilleurs coachs du monde, » affirme Kjetil Kroksæter. « Ca pourrait être intéressant pour lui, confirme Torgeir Bjørn. Mais regardez Charlotte Kalla, elle a quitté l’équipe nationale suédoise et elle pourrait bien faire la meilleure saison de sa carrière cet hiver… » Are Sørum Langås, manager de Northug, a seulement conclut en commentant : « ce n’est pas une question importante à traiter à ce jour. »
 
 

Bataille de points

En ski de fond, les Norvégiens sont habitués à devoir tout donner pour être sélectionnés sur les coupes du monde. Encore plus lorsque les Jeux olympiques approchent. Mais cette année, leurs compatriotes biathlètes devront les imiter. Ils devront tout donner dès le début de la saison pour marquer un maximum de points. Pas seulement pour aller en Corée du Sud mais aussi pour avoir la chance de choisir leurs dossards. En raison des conditions météorologiques changeantes du site de Pyeongchang, les Norvégiens aimeraient partir dans les premiers dossards, mais ils ne disposeront que de trois places dans ce premier groupe : à qui reviendront-elles ?

 

Johannes Thingnes Boe (NOR), Tarjei Boe (NOR) (photo : Tumashov/NordicFocus).

Les 15 premiers de la coupe du monde après Antholz-Anterselva pouvant choisir leur groupe de départ, Johannes Thingnes Bø a annoncé son souhait avant même les premières épreuves individuelles d’Östersund : il fera partie de ce peloton gagnant. « Il faut être tactique et prendre des points partout où on peut », déclare-t-il à VG.
 


 
Si bien qu’il pourrait envisager de faire toutes les compétitions et ne pas prendre de repos pour être certain de figurer dans ce top 15. « Ces dernières années, j’en faisais partie mais on n’a jamais de garantie, admet le cadet de la fratrie Bø. Si je suis le 4e Norvégien du classement mondial, j’irai à Oberhof pour y glaner des points. »
Après sa victoire dès le 20 km d’Östersund, le biathlète peut néanmoins être rassuré même si son frère aîné et Emil Hegle Svendsen le talonnent de près.

 


 
 

Klæbo remplace Krogh

44e au sprint et 49e au skiathlon à Lillehammer, Finn Hågen Krogh s’inquiète de sa baisse de forme en ce début de saison, surtout face à un Johannes Høsflot Klæbo fort sur les sprints comme sur les plus longues distances. Au-delà de cette seule méforme, c’est sa place au relais des Jeux que Krogh joue. « Si les JO se déroulaient demain, Klæbo aurait le dernier relais, » confie sans sourciller Tor Arne Hetland, entraîneur de l’équipe de fond masculine.

 

Finn Haagen Krogh (NOR) (Photo : Modica/NordicFocus).

 

Krogh, lui, veut passer des examens chez le médecin pour comprendre pourquoi il ne va pas plus vite sur les skis. « Mais même si en ce moment ça ne va pas fort, la route est encore longue avant Pyeongchang », rappelle le fondeur.

Martin Johnsrud Sundby, lui, confie aux médias qu’il se demande si c’est vraiment la bonne technique que de faire ce genre de déclaration toutes les deux semaines : « on devrait peut-être juste accepter le fait que nous avons plusieurs alternatives et qu’on choisira le moment venu », ajoute-t-il. De son côté, Klæbo se dit ravi de cette possibilité mais qu’il faut encore attendre, Krogh ou un autre pouvant revenir sur le devant de la scène.
 
 

Lillehammer malgré les blessures

Niklas Dyrhaug (NOR) (photo : Modica/NordicFocus).

Sjur Roethe (NOR) (photo : Modica/NordicFocus).


 
Blessés tous les deux, Niklas Dyrhaug et Sjur Røthe ont mal vécu d’être écartés du circuit coupe du monde et de ne pas participer à l’ouverture de la saison à Ruka. Heureusement, ils étaient en assez bonne forme pour prendre le départ à Lillehammer. « Ça fait beaucoup de bien d’être de retour », confie Dyrhaug au micro de la NRK. « Oui, j’espère que je serais assez en forme pour dimanche », ajoute Røthe.

Son coéquipier assure désormais qu’après beaucoup de semaines d’attente insoutenable, il n’a plus aucune douleur et peut donc revenir à un niveau relativement correct en ayant perdu tant de jours d’entraînement. « Je pense que je peux être rapide sur le skiathlon », se réjouit-il. Sjur Røthe, lui, n’est pas si optimiste, souffrant encore de sa blessure au dos et à la hanche. « Quand je suis dans l’effort ça va mais après, ce n’est vraiment pas agréable, explique-t-il. Mais si j’arrive à être vite à 100%, j’espère partir aux Jeux olympiques. »
Malheureusement, tout deux au départ, Røthe et Dyrhaug n’ont pas passé la ligne d’arrivée, rattrapés par leurs maux, semble-t-il.
 
 

Gangnes : l’espoir en dernier recours

 

Blessé au genou deux fois en un an, Kenneth Gangnes a dû abandonner l’idée de revenir à la compétition cette saison. Malheureusement, il semblerait que celui qui était promis comme un prodige du saut pourrait bien faire une croix sur le saut pour toujours. « Je ne peux pas encore savoir si je remonterai au tremplin un jour, avoue-t-il au micro de la NRK. Si je veux une vie saine et active plus tard, il me faut un genou en bonne santé. C’est la même rééducation si je reprends ou non le ski alors on verra bien… Mais pas tout de suite. »

Le Norvégien n’est pourtant pas prêt à abandonner son rêve de neige ou de médailles et de victoires en saut à ski. « Je veux prouver que j’ai encore plus à donner, continue-t-il. Mettre fin à sa carrière à cause d’une blessure, c’est le pire. On ne cesse de se demander ce qu’on aurait pu encore faire… » Le jeune homme relativise tout de même ses multiples blessures au genou : « regardez Nick Fairall ou Lukas Müller, ils ont des problèmes pires que les miens. Moi, ça ira mieux, » assure-t-il. Kenneth Gangnes ne se prononcera pas sur la suite de sa carrière avant au moins la nouvelle année.
 
 

Les raisons de la rupture Weng-Iversen ?

Johannes Klaebo (NOR) et Emil Iversen (NOR) (photo Modica/NordicFocus).

Le quotidien VG a révélé ces derniers jours qu’Heidi Weng était tout particulièrement contre les téléphones. D’après elle, ils prendraient une place trop importante de nos jours. « Du coup, nous avons une règle : à table, nous n’utilisons jamais nos téléphones, ça permet de vraies conversations entre nous », explique-t-elle à propos de cette nouvelle coutume instaurée par l’équipe féminine de fond.

 

Heidi Weng (NOR) (photo : Modica/NordicFocus).

 

En entendant parler de cette histoire, Niklas Dyrhaug a demandé en riant à Emil Iversen si ce n’était pas là la raison de sa rupture avec sa compatriote norvégienne il y a deux ans. « Peut-être ! répond le fondeur en riant. J’aurais peut-être dû m’éloigner de mon téléphone. » Et Dyrhaug de renchérir : « ça prouve aussi que la légende racontant que les femmes peuvent faire deux choses est un mythe : nous on arrive à taper sur notre téléphone en mangeant ! »

Astrid Uhrenholdt Jacobsen, elle, tient à soutenir sa coéquipière : « c’est une idée fantastique, dit-elle. Ca paraît strict mais c’est une très bonne idée et tout le monde devrait le faire. »
En attendant, Emil Iversen n’est pas prêt de laisser tomber son téléphone. « C’est la seule chose que j’ai dans ma vie, c’est ma vie », conclut-il avec un rire.

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