Vu de Norge #167 : Bjoerndalen privé de Jeux olympiques ?

Vu de Norge, ski de fond, combiné nordique, saut à ski, biathlon, sports d'hiver, Norge, Norvège
CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

Klæbo fait la une

Johannes Hoesflot Klaebo (NOR), Federico Pellegrino (ITA). Photo :  Modica/NordicFocus

Après le sprint de Davos, Johannes Høsflot Klæbo était toujours invaincu en coupe du monde cet hiver. Il aura fallu un Maurice Manificat et l’absence du jeune prodige pour mettre un terme à cette série sur le 15 km dimanche.

Mais tout étonnant et impressionnant qu’il est, Klæbo n’en reste pas moins un jeune homme de 21 ans et toutes ces retombées médiatiques suivant ses exploits pourraient bien lui faire tourner la tête. La fédération a donc décidé de le protéger du mieux qu’elle peut. Ainsi, le Norvégien n’a pas rencontré les médias avant l’étape suisse afin de rester au calme et concentré. « C’est important qu’on s’intéresse au ski de fond, admet Vidar Løfshus. Quand on a un nouveau « wonder boy » comme lui, c’est génial mais il faut faire d’autant plus attention pour qu’il puisse avoir une vie normale à côté de ses exploits sportifs. » Pour le directeur national du ski de fond, Johannes Høsflot Klæbo a besoin de repos, même s’il gère relativement bien la pression médiatique. « Nous essayons toujours d’épargner nos athlètes, de les éloigner de cette pression et en ce moment, c’est important de l’éloigner lui », conclut Løfshus.


Pourtant, cette tentative d’éloignement n’est pas suffisante pour que le nom de Klæbo disparaisse des médias. Entre autre à cause d’une interview de Bjørn Dæhlie qui avoue ne jamais avoir vu un fondeur si léger et avec une telle explosion. « C’est vrai qu’il y a un « effet Northug », reconnaît Dæhlie. Maintenant que Petter n’est plus en forme, Johannes arrive au moment parfait. Et le pire, c’est qu’il ne nous a pas encore tout montré ! Il devrait être au mieux de sa forme dans les cinq prochaines années. »

En vérité, pour les hivers qui arrivent, Klæbo pourrait bien ne pas être le seul de sa génération à émerger. Pour le quotidien Dagbladet, la prochaine « fournée en or » pourrait bien être celle des fondeurs nés en 1995/1996 à l’instar du jeune prodige surnommé le « nouveau Northug ». Tout comme la génération du premier Northug, les athlètes nés en 1986, leurs successeurs pourraient se distinguer 20 ans plus tard avec, en chef de file, Johannes Høsflot Klæbo mais aussi les Russes Bolsjunov et Tsjervotkin. « Il est encore trop tôt pour en être absolument sûr, confie Tor Arne Hetland, entraîneur des Norvégiens. Mais c’est extrêmement intéressant de voir autant de jeunes en haut des classements, c’est bon pour l’avenir du sport. »
 
 


Le Tour de Ski sans les meilleurs

Ils l’avaient déjà annoncé, au moins du côté de l’équipe féminine, mais c’est finalement tout le fond norvégien qui pourrait être sous-représenté lors du Tour de ski 2017/2018. Avec de nombreux désistements mais aussi de multiples maladies et mauvaises formes, l’équipe masculine se retrouve décimée, les athlètes préférant se concentrer sur leur préparation aux Jeux olympiques.

Premiers absents : Petter Northug et Finn Hågen Krogh, pas en assez bonne forme et préférant se reposer avant les dernières échéances pour se qualifier pour Pyeongchang. « Nous pensions utiliser le Tour comme première étape de qualification, mais il semblerait que beaucoup restent à la maison, entre autre de nombreux sprinteurs », confie Vidar Løfshus au quotidien VG. Pourquoi ? Parce que si la Norvège espérait remplir son quota de dix athlètes, elle pourrait finalement en être empêchée. Il n’y a en effet pas assez de distanceurs avec des affinités pour le sprint qui ont eu des résultats suffisants pour transformer le quota habituel de 6 fondeurs en quota de 10. Seul Emil Iversen remplit les critères. L’équipe de sprint sera donc réduite à peau de chagrin…

 

A Toblach, Heidi Weng lors du Tour de Ski. Photo by Stanko Gruden/Agence Zoom

 

Surtout avec l’absence de Johannes Høsflot Klæbo qui a d’ores et déjà annoncé qu’il laissait tomber le Tour de ski. Après les courses de Toblach le week-end prochain, le jeune Norvégien rentrera se préparer et ne reviendra sur le circuit mondial qu’à la mi-janvier pour les compétitions de Dresde, Planica, Seefeld ainsi que pour les championnats nationaux de Vang.

« Nous verrons combien d’athlètes nous pourrons emmener, explique le coach Tor Arne Hetland. Mais il est toujours possible de se rattraper à Davos. » Malheureusement, Krogh n’aura pas réussi à atteindre le top 20 des sprinteurs et la Norvège pourrait donc perdre au moins une place sur les quotas au Tour.

 

 


Des stars privées de JO ?

Marit Bjoergen (NOR). Photo :  Modica/NordicFocus

 

Qui dit année olympique dit spéculations. Qui ira sur les pistes des JO ? Qui sera privé de voyage en Corée ? Avec seulement trois week-ends de recul, les médias parient déjà sur les sélections olympiques norvégiennes. Mais ils pourraient être surpris si des stars, les meilleurs athlètes de leur pays ne se rendaient finalement pas à Pyeongchang…

« Personne n’a le contrôle de la situation », rappelle à juste titre Marit Bjørgen. En effet, à 37 ans, considérée comme l’une des meilleures fondeuses de tous les temps, elle ne devrait avoir aucun souci pour se qualifier aux Jeux. Mais voudra-t-elle y aller ? La Norvégienne s’inquiète de la situation en Corée du Sud, si proche de sa voisine Corée du Nord. « Je ne peux que compter sur la fédération et s’ils décident de nous envoyer là-bas, alors j’espère que ce sera assez sécurisé », affirme tout de même la fondeuse.

 

 

Astrid Uhrenholdt Jacobsen a elle aussi suivi l’évolution de la situation et, entre autres, l’annonce de la représentante de la délégation américaine indiquant qu’aucune décision n’était prise quant à la participation des Etats-Unis aux Jeux. « Cela semble dramatique, admet Jacobsen. On ne peut pas encore prendre de décision quant à notre venue ou non aux JO. Je suppose que je serais capable de ne pas partir de mon propre chef mais les seules infos qui me reviennent sont celles de la fédération alors je les suivrai sûrement. »

 

Ola Vigen Hattestad.

 

Pour de toutes autres raisons, Ola Vigen Hattestad pourrait lui aussi être privé de campagne olympique, même si ses coéquipiers sont autorisés à aller en Corée. Champion olympique en titre du sprint, il n’est pas encore sûr d’aller défendre sa médaille à cause de nouveaux épisodes de maladie au cours de l’intersaison. « C’est très ennuyeux, j’ai presque tout le temps été malade, beaucoup de rhumes, et c’est fatiguant », explique Hattestad dans les colonnes du quotidien Dagbladet. « Malheureusement, il est vrai que ses possibilités de participer aux JO s’amenuisent mais il y a encore de l’espoir », confie Tor Arne Hetland, entraîneur de l’équipe masculine de fond.

 

 


Bjørndalen devra passer par l’étape qualifications

Ole Einar Bjoerndalen (NOR). Photo : NordicFocus

 

Ole Einar Bjørndalen espère cet hiver participer à ses 7e Jeux olympiques. Mais ce n’est pas parce que l’on est une légende de biathlon que l’obtention d’un ticket pour la Corée est assurée. « Il devra se qualifier comme tout le monde », assure Per Arne Botnan, directeur du biathlon norvégien. Et avec les très bonnes performances des frères Johannes et Tarjei Bø, d’Emil Hegle Svendsen, de Lars Helge Birkeland et d’Henrik L’Abée-Lund dès le premier week-end à Östersund, rien n’est sûr pour le vétéran du circuit mondial.

 

Johannes Thingnes Boe (NOR). Photo : NordicFocus

 

Selon les décisions officielles, les frères Bø, Svendsen et Birkeland sont assurés d’aller à Pyeongchang en février grâce à leur entrée dans le top 6 et même, pour les trois premiers cités, dans le top 3. « J’espère faire de même dès Hochfilzen », confiait Bjørndalen avant le week-end dernier dans les colonnes de VG. Mais avec une 28e et une 46e positions individuelles lors du week-end autrichien, l’espoir de performer avant la pause de Noël s’amenuise. « Nous savons qu’il se prépare pour février mais il doit montrer avant qu’il est assez en forme et qu’il mérite d’aller aux JO », rappelle Botnan.

Ole Einar Bjørndalen se rendra-t-il en France et réussira-t-il à se qualifier lors du week-end au Grand-Bornand ? Il a jusqu’à l’étape de Ruhpolding mi-janvier pour faire ses preuves, date à laquelle l’équipe olympique sera sélectionnée.

 

 


Le cas Eckhoff n’inquiète pas

 

Tiril Eckhoff espérait mieux de son début de saison. Mais Marte Olsbu et Synnøve Solemdal ont fait mieux qu’elle. Pourtant, ses coéquipières ne se font aucun souci pour elle, malgré une petite baisse de forme. « Je sais qu’elle va revenir, nous sommes une équipe solide, surtout Tiril qui a été bien tout l’été et l’automne, assure Olsbu. Encore quelques petits ajustements en tir et elle sera au top. » Pour le moment, seules elle et Solemdal seraient qualifiées pour les Jeux olympiques grâce à leurs podiums. « Il est important pour l’équipe que nous soyons nombreuses à jouer les premières places, analyse cette dernière. Mais je pense sans aucun doute que Tiril peut très vite reprendre les choses en main. »

Preuve en est : après avoir cru sa carrière terminée, Solemdal est revenue au plus haut niveau. Sa compatriote peut donc faire de même. « Peu importe sa forme actuelle, Tiril est notre meilleur espoir de médaille en Corée », affirme Per Aren Botnan, chef du biathlon norvégien. Pour lui, il ne manque à la Norvégienne qu’un peu de confiance en elle.

 

 


La Norvège au sommet

 

Au cours des trois dernières semaines, la Norvège n’a jamais été si bien représentée dans toutes les épreuves de ski nordique. Depuis l’ouverture de la coupe du monde, elle compte 24 victoires, dont 4 en saut à ski, 10 en ski de fond, 3 en combiné nordique et 6 en biathlon, sans compter les très nombreux podiums.

 

Johannes Hoesflot Klaebo (NOR). Photo : Modica/NordicFocus

 

De quoi ravir les athlètes, les fans et les médias en cette saison olympique. Les Italiens appellent même ce début de saison le « phénomène Klæbo », les Norvégiens semblant comme leur compatriote presque imbattables dans leurs disciplines respectives. Mais Dagbladet l’assure : ce n’est pas Johannes Høsflot Klæbo qui motive les troupes et les rend si optimistes avant les Jeux olympiques. Non, la Norvège est simplement la meilleure nation du ski, y investissant beaucoup de moyens techniques, financiers et humains.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.