Vu de Norge #173 : verdict pour Northug

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

  • Des mondiaux sous haute pression

Daniel Andre Tande (NOR) – Rauschendorfer/NordicFocus.

Andreas Stjernen (NOR) –  Rauschendorfer/NordicFocus.

Robert Johansson (NOR) –  Rauschendorfer/NordicFocus.

Johann Andre Forfang (NOR) – Rauschendorfer/NordicFocus.

A peine un mois avant les Jeux olympiques, tout le gratin du saut à ski se retrouvait à Oberstdorf pour les championnats mondiaux de vol, deuxième grande échéance de la saison après la Tournée en début d’année. Et qui dit événement important dit aussi déçus et pression pour toute l’équipe norvégienne.

Avec un vivier dense, particulièrement en vol, Alexander Stöckl a dû faire des choix puisqu’il ne pouvait emmener que quatre sauteurs contre six habituellement. C’est ainsi qu’Anders Fannemel, ancien détenteur du record du monde de distance, a été laissé sur le carreau. « Je suis vraiment déçu, commente l’athlète. Les autres ont mieux fait à Kulm, je dois l’accepter, mais je restais un candidat sérieux pour la médaille à Oberstdorf. »

Son entraîneur a lui aussi admis qu’il n’était pas ravi de ce choix, connaissant les aptitudes de Fannemel, surtout sur un tremplin de vol. « Malheureusement, il fallait faire un choix et le but est de ramener des médailles », a rappelé l’Autrichien, soutenu dans ses propos par Johan Remen Evensen, lui aussi ancien détenteur du record de distance, qui souligne que son compatriote a été le moins régulier cet hiver.

 

Andreas Stjernen (NOR) –  Rauschendorfer/NordicFocus.

Mais une fois cette première mésentente passée, il a fallu affronter le tremplin d’Oberstdorf et les aléas des compétitions. C’est Andreas Stjernen qui en fait les frais. Arrivé en favori après sa victoire à Kulm, il a perdu tout espoir de médaille lors du premier saut à cause de très mauvaises conditions, parmi les pires de la manche. Evensen comme Stöckl ont souligné que le jury n’aurait jamais dû le laisser s’élancer sous un pareil vent, connaissant le danger. Heureusement, tout est bien qui finit bien : Stjernen réussira une belle remontée avec les deux sauts suivants pour terminer 5e. Il pourra même se consoler avec un beau titre par équipe deux jours plus tard.

Daniel-André Tande (NOR) – © Rauschendorfer/NordicFocus.

Le réel vainqueur du week-end, en revanche, c’est bien Daniel-André Tande qui repart d’Allemagne avec deux titres de champions du monde dans ses valises. « J’en rêvais depuis tout petit, c’est un sentiment indescriptible », confie le sauteur en redescendant du tremplin après que la 4e et dernière manche ait été annulée.

Lors de l’annonce, le Norvégien fond en larmes : « il est vrai que j’ai eu besoin de quelques minutes pour réaliser et me reprendre », admet-il au micro de la NRK. « C’est encore plus génial à voir quand on sait le travail qu’il y a derrière, affirme Stöckl. C’est pour ça que l’on devient coach : voir l’évolution d’un athlète. » L’évolution de toute une équipe aussi puisque pour la deuxième fois consécutive, l’entraîneur de la Norvège ramène avec son équipe le titre collectif de champions du monde de vol.

 


  • Verdict pour Northug

Petter Northug Jr. souffre d’un virus parainfluenza qui cause de la fièvre, des rhumes et une grande fatigue. Pour le médecin de l’équipe nationale, il faudra au moins dix à quinze jours pour que le fondeur revienne à un entraînement intensif. Trop tard pour les Jeux olympiques.

L’entraîneur de Northug, Stig Rune Kveen, est très pessimiste sur le bilan de la saison de son athlète : « nous sommes en janvier, il n’a presque pas couru, n’ira pas aux JO. C’est un échec », affirme-t-il. Si Vidar Løfshus n’a pas encore fermé entièrement la porte pour que le Norvégien se rende à Pyeongchang, Kveen préfère être réaliste et penser qu’il ne se rendra pas aux Jeux.
« C’est vraiment dommage pour lui, c’était son grand objectif et il doit abandonner », réagit Niklas Dyrhaug. Johannes Høsflot Klæbo avoue être embêté pour son aîné qu’il décrit comme son modèle, rappelant qu’auparavant il a particulièrement brillé sur les grands rendez-vous. « Il donne de l’intérêt à ces épreuves, il fait le show, assure le jeune fondeur. Et puis j’aurais aimé que l’on participe aux Jeux ensemble. » Arild Monsen, l’entraîneur de sprint, dit lui aussi être triste de ne pas emmener Northug en Corée.


  • Et les sélectionnés sont…

Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Avec un doublé norvégien en sprint ce week-end, les sélections de la discipline se dessinent peu à peu. S’ils restent en forme, Johannes Høsflot Klæbo et Emil Iversen sont presque certains d’être du voyage. D’après la NRK, Eirik Brandsdal pourrait lui aussi être prêt à partir à Pyeongchang après avoir atteint la finale à Planica.

Paal Golberg (NOR), Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) – Modica/NordicFocus.

Pål Golberg et Sondre Turvoll Fossli se battraient pour la dernière place disponible. Leur entraîneur, Arild Monsen, est optimiste sur les chances de son équipe : « c’est une bonne nouvelle de voir qu’Emil et Eirik étaient en finale avec Johannes, je n’assure rien mais on devrait vite se décider Vidar Løfshus et moi sur notre sélection olympique », révèle-t-il.

Marit Bjorgen (NOR) – Modica/NordicFocus.

Du côté des filles, Marit Bjørgen a d’ores et déjà annoncé qu’elle espérait participer aux six courses en Corée pour ce qui s’annonce être sa dernière participation aux JO. Elle aurait alors six chances d’obtenir un titre olympique et pourrait ainsi tenter de rivaliser avec les palmarès de Bjørndalen et Dæhlie, voire même de dépasser leurs huit médailles d’or respectives. Mais pour cela, il lui faudra être sélectionnée sur le sprint et donc prendre la place de Weng ou Østberg pour rejoindre Falla et Jacobsen.

Kathrine Harsem devrait elle aussi obtenir une place sur le sprint féminin. Leur entraîneur Roar Hjelmeset a tout de même insisté, lors d’une interview pour Dagbladet, qu’il prendrait les athlètes les plus en forme et surtout les moins fatiguées, peu importe leur palmarès.


  • Moment historique en combiné

Pour la première fois de l’histoire, ce week-end a eu lieu une coupe continentale de combiné nordique féminin. L’objectif est clair pour ces athlètes : être présentes aux Jeux olympiques 2022.

Thea Øihaugen, l’une des combinés norvégiennes, a avoué à la NRK être ravie d’assister à ce moment historique tout comme les 13 autres filles qui ont pris le départ à Rena en Norvège. « Nous travaillons toutes très dures pour que la FIS nous prenne au sérieux et nous accorde notre chance », explique sa coéquipière Hanna Leinan Lund. Se sont retrouvées pour cette toute première des Japonaises, des Allemandes, des Russes, des Tchèques, des Italiennes et bien sûr cinq Norvégiennes.

Toni Guggenmos, coordinateur du combiné pour la FIS, a fait savoir à la chaîne TV NRK qu’il était lui aussi très heureux de cet événement : « c’est un jour très important, dit-il. C’est vraiment bien que les filles puissent faire du combiné et il était temps que ça arrive. » La prochaine étape est désormais d’organiser une coupe du monde pour ces jeunes athlètes. Linda Svensdrud, chef du combiné féminin norvégien, espère même que cela serait fait dès 2021 pour participer à la campagne olympique 2022. « Si l’on compare avec le parcours du saut féminin, nous sommes allés plus vite mais il est vrai qu’il faut être patient pour arriver aux Jeux », commente Hanna Mindtsunstad, une autre des combinés norvégiennes.


  • Fin de carrière pour Bjørndalen ?

Ole Einar Bjoerndalen (NOR) – Manzoni/NordicFocus.

« Il est devant l’un des plus grands défis de sa carrière », affirme Ola Lunde, expert biathlon pour la NRK. Ole Einar Bjørndalen n’ira pas aux Jeux olympiques et pour son compatriote commentateur, il est aussi possible qu’il ne revienne pas en coupe du monde. Du tout. Serait-il temps pour la légende du biathlon de prendre sa retraite ? « Il sera difficile pour Ole de revenir, déclare Lunde. A mon avis, il n’a qu’une chance microscopique d’y arriver. »

Per Arne Botnan, directeur du biathlon à la fédération norvégienne, est du même avis : les athlètes sélectionnés aux Jeux devraient aussi être ceux qui finiront la saison coupe du monde si aucune blessure ou maladie ne se met en travers de leur chemin. S’il veut de nouveau rentrer en coupe du monde cet hiver, Bjørndalen devra lui peut-être retourner par l’IBU Cup et y battre tous ses compatriotes.

En attendant, le vétéran se rendra aux championnats d’Europe pour refaire ses gammes.
Mais la saison prochaine, Ole Einar Bjørndalen devra peut-être repasser par les mêmes étapes : les courses d’ouverture de Sjusjøen, l’IBU Cup puis, peut-être, la Coupe du monde. « Ce sera très difficile et je ne pense pas qu’il puisse être en forme tout un hiver, confie Ola Lunde. Mais je pense aussi qu’il ne va pas laisser tomber, il n’est pas encore prêt à s’éloigner du biathlon. »
D’ailleurs, le Norvégien devrait se rendre à Pyeongchang pour soutenir sa femme Darya Domracheva. Certes, il ne sera pas sur les skis, une carabine sur le dos, mais il ne s’éloignera pas des pistes… Avant de pouvoir lui-même tenter de les retrouver au plus vite.


  • Lundby : un mental d’acier

Après un début de saison à batailler ferme contre Katharina Althaus, Maren Lundby a sorti son épingle du jeu et s’est envolée au classement général avec quatre victoires au Japon. Tout semble indiquer qu’à moins d’une vraie méforme, la Norvégienne arrivera ultra-favorite à Pyeongchang. « C’est le résultat d’un long et dur travail », explique Lundby.

Calme et posée, la jeune fille révèle en interview que beaucoup repose sur le mental. « Je crois que j’ai le regard plus noir avant la compétition, je change de personnalité et je deviens plus dure, plus hargneuse, affirme la sauteuse. Il faut que je fasse ressortir le pire en moi pour gagner. »

D’après la Norvégienne, son succès repose sur sa capacité à désormais repérer très vite ses erreurs techniques et à les régler tout aussi vite. « Il faut beaucoup travailler sur le mental, se concentrer sur tous les petits points techniques tout en étant agressif, le plus difficile c’est donc de trouver le juste milieu », assure Lundby.

Christian Meyer, entraîneur de l’équipe norvégienne, est d’ailleurs impressionné par le mental de son athlète : « elle a un dévouement au saut sans précédent en Coupe du monde féminine et une très bonne équipe autour d’elle ce qui fait qu’elle peut presque à chaque fois se battre pour la victoire », confirme-t-il. A voir si cette recette fonctionnera aussi aux Jeux olympiques.


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1 Comment

  1. ricardot

    23/01/2018 à 11 h 55 min

    dommage car les finish de northug m’ont fait aimer en partie ce sport et c’était mieux que maintenant où ils sont à v02 max tout le temps et un norvégien en particulier qui ne connait jamais de baisse de forme depuis 3 ans..

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