Vu de norge #229 : une année en or pour la Norvège

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Une année en or

Malgré le départ en retraite des champions de ski de fond  Marit Bjørgen et Petter Northug et de biathlon Emil Hegle Svendsen et Ole Einar Bjørndalen, les Norvégiens auront rarement ramené autant de médailles et de victoires. Retour sur une saison en or.

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Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) –  Modica/NordicFocus.

En ski de fond tout d’abord : l’équipe masculine a ramené tous les titres possibles de Seefeld ainsi que plusieurs autres médailles. « Il nous est impossible de faire mieux, réagit Martin Johnsrud Sundby. Je ne vois pas encore comment aborder les prochains mondiaux sachant cela. » Il sera en effet difficile de faire mieux.

Déjà, après la fabuleuse récolte des Jeux olympiques de Pyeongchang (14 médailles d’or, 14 en argent et 11 en bronze), il semblait presque impossible de faire mieux.

Pourtant, cette année, la Norvège ramène 20 médailles d’or, 13 en argent et 7 en bronze des différents championnats du monde sur des exercices olympiques.

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Therese Johaug (NOR) – Modica/NordicFocus.

Therese Johaug en est un parfait exemple : sur presque toutes les courses de distances où elle s’est engagée, elle est repartie avec une victoire. Ne lui manque que le mini-tour du Québec et le 10 km de Québec. « J’ai du mal à imaginer que j’ai pu gagner toutes les distances sur lesquelles j’étais engagée, réagit-elle avant le week-end canadien. C’est extraordinaire. »

Mais elle n’assure pas seule la succession de Marit Bjørgen. Avec plusieurs médailles d’argent derrière Johaug et le gros globe de cristal, Ingvild Flugstad Østberg a fait une saison exceptionnelle.

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Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) –  Modica/NordicFocus.

« Après les retraites de nos grands champions, la Norvège aurait pu avoir un passage à vide, le temps de changer de génération, analyse le quotidien Dagbladet. Au lieu de ça, nous sommes plus forts que jamais. »

Et en biathlon, c’est avant tout grâce à Johannes Thingnes Bø et sa razzia sur les coupes du monde de la discipline. Il engrange ainsi 16 victoires sur une saison, deux de plus que le record précédent établi par Martin Fourcade l’an dernier.

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Johannes Thingnes Boe (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

En combiné nordique ensuite, Jarl Magnus Riiber a connu une saison toute aussi incroyable. A 21 ans, il est devenu le premier norvégien depuis 20 ans à remporter le globe de la discipline. « C’était une vraie aventure où toutes les pièces du puzzle se sont assemblées, c’était magique », réagit Riiber.

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Jarl Magnus Riiber (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

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Maren Lundby (NOR) –  Tumashov/NordicFocus.

Enfin, en saut à ski, Maren Lundby a continué sur sa lancée de l’an dernier, remportant le globe de cristal et le concours individuel des mondiaux.

 


  • Bolshunov impressionne et fait peur

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Alexander Bolshunov (RUS) –  Modica/NordicFocus.

Ce week-end, Johannes Høsflot Klæbo n’avait pas le droit à l’erreur s’il voulait empocher son deuxième gros globe de cristal consécutif.

Le Russe Alexander Bolshunov veillait au grain, à quelques points seulement de la tête du général.

Impressionnant, lors du 15 km de Falun ou le 50 km d’Oslo par exemple, ses adversaires et le monde du ski ont souvent tendance à oublier que le fondeur n’a que 22 ans. « Il court comme s’il avait 28 ou 29 ans, qu’il était au sommet de sa carrière, explique Martin Johnsrud Sundby.

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Alexander Bolshunov (RUS) –  Modica/NordicFocus.

Son ski est exceptionnel… » Assez exceptionnel pour impressionner les Norvégiens mais aussi les inquiéter un peu. « C’est incroyable, réagit Didrik Tønseth. Être capable de remporter le 50 km comme le sprint, il est complet et c’est ça le plus fou. »

Pour Fredrik Aukland, expert NRK, les Norvégiens sont prévenus : « ils doivent s’entraîner plus fort, sur toutes les distances, dit-il.

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Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Bolshunov est capable de gagner toutes les distances et ça, c’est l’avenir. On n’a vu que le début de ce dont il est capable. » Sundby est bien d’accord : « dans les prochaines années, il sera le meilleur et il sera très difficile à aller chercher. » Bolshunov, lui, invite ses concurrents à participer à ses entraînements estivaux en Russie qui, d’après lui, sont l’explication de sa si grande forme et de ses incroyables capacités.

 


  • Une équipe nationale de sprint féminine ?

Pour le moment, l’équipe masculine nationale de ski de fond est divisée en deux groupes distincts : l’équipe toutes distances et l’équipe de sprint. Ils ont d’ailleurs deux coachs différents.

Du côté de l’équipe féminine, en revanche, il n’existe qu’un seul groupe. Et si cela était sur le point de changer ?
C’est en tous cas ce qu’aimerait la jeune Kristine Stavås Skistad.

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Kristine Stavaas Skistad (NOR) –  Modica/NordicFocus.

A 19 ans, la Norvégienne est vue comme l’avenir du sprint, souvent comparée à Stina Nilsson. « J’espère qu’une équipe nationale de sprint va être créée, avoue-t-elle à la NRK. La Norvège ne peut pas vouloir battre les Suédoises si elle ne forme pas une équipe spécialisée, le moment est venu. »

Ole Morten Iversen, entraîneur de cette équipe féminine, a aussitôt réagit au micro de la chaîne norvégienne : « pour le moment, rien n’est acté, dit-il. Tout ce que l’on sait, c’est que le budget n’a pas changé, il n’y aura pas de changements dans la structure de l’équipe c’est-à-dire que nous aurons toujours un groupe national, un groupe junior et un groupe régional. »

Pourtant, la Norvège pense depuis longtemps à créer un groupe sprint chez les femmes. Encore plus depuis la saison en demi-teinte en sprint cette année. Si Falla et Eide ont pris des médailles à Seefeld, les experts s’interrogent : qui sera là pour prendre la relève de Maiken Caspersen Falla ?

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Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Cette dernière, elle, affiche clairement ses revendications : « je ne veux pas d’une équipe de sprint féminine, déclare-t-elle. Je crois fermement que les sprinteuses ont besoin d’avoir des qualités d’endurance et que pour les acquérir, il nous faut travailler avec Østberg ou Johaug par exemple. »

En revanche, elle aimerait tout de même voir quelques changements : « je crois que la taille maximum de l’équipe devrait changer pour allouer 12 places à des athlètes, ou 10, commence-t-elle. Il nous faut aussi développer notre technique. Les fondeuses sont de plus en plus rapides alors en sprint, on doit passer de nouvelles étapes. »

Skistad, de son côté, espère intégrer l’équipe nationale cet été. Mais malgré les explications de sa compatriote, elle avoue ne toujours pas voir l’intérêt pour elle de s’entraîner avec les distanceuses. Alors, qui a le plus raison ?

 


  • Kobayashi aidé par la Norvège

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Ryoyu Kobayashi (JPN) – Nordicfocus/EXPA/JFK.

Ryoyu Kobayashi n’a pas gagné la coupe du monde de saut à ski tout seul. Le Japonais peut compter sur une équipe technique qui le soutient et lui a permis de s’imposer tout au long de la saison. Parmi eux, un Norvégien : Stian André Skinnes.

Il y a près de deux ans, l’homme de 27 ans venu du sud-est de la Norvège a cousu une combinaison pour les sauteurs japonais en guise de test. « C’est arrivé en France et une semaine plus tard, on me demandait de rejoindre l’équipe japonaise et je signais mon contrat à Tokyo », confie-t-il à la NRK. Un nouvel emploi tombé un peu de nulle part d’après lui mais plus que bien venu. Skinnes a donc commencé son travail avec l’équipe japonaise au début de la saison 2017/2018.

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Ryoyu Kobayashi (JPN) –  Nordicfocus/EXPA/JFK.

Mais très vite, les nippons ont réalisé qu’il avait d’autres qualités que de seulement coudre des combinaisons très performantes. Skinnes est alors devenu l’entraîneur adjoint de l’équipe nationale japonaise de saut à ski. « C’est un très bon coach, affirme Kobayashi. Il nous a beaucoup apporté. »

Le Norvégien a surtout fait travailler son équipe sur la technique de vol et la position d’impulsion. « C’est un élément important du succès japonais, estime Johan Remen Evensen, ancien sauteur et désormais expert NRK. Et je crois qu’il a confié certains secrets norvégiens à sa nouvelle équipe… » Ce que Skinnes nie : « je ne crois pas qu’il y ait de secret norvégien, chaque sauteur doit trouver son truc, doit trouver la clé qui le fera sauter loin, explique le coach. En revanche, le secret des Japonais, s’il existe, c’est de manger beaucoup de nouilles et de riz », termine-t-il en riant.

 


  • Qui pour remplacer Løfshus ?

Il y a quelques semaines, Vidar Løfshus a annoncé qu’il quittait son poste de chef des équipes de fond norvégiennes.

Après 13 ans au sein de la fédération dont 8 années à ce poste, Løfshus a laissé un bel héritage à son successeur. Mais justement, qui sera son successeur ?

Ce vendredi marquait la date limite des dépôts de candidature pour le poste. Le directeur du fond national, Espen Bjervig, et le comité de la fédération en charge du fond seront désormais chargés de faire un choix.

Si rien n’est encore officiel, le quotidien VG a voulu envisagé les candidats potentiels et les comparer. Parmi les candidats, plusieurs, à l’instar de l’expert NRK Fredrik Aukland, l’entraîneur de l’équipe de natation Petter Løvberg, le chef de l’athlétisme norvégien Erlend Slokvik, le responsable du fond suédois Rikard Grip ou l’experte SVT Johanna Ojala, ont déjà affirmé qu’ils n’avaient pas postulé et que, même si c’est un travail très intéressant, prendre ce poste ne serait pas pertinent pour eux.
D’autres candidats semblent plus convaincus. Trond Nystad, qui vient de démissionner de l’équipe autrichienne, révèle ainsi que ce travail ne serait pas sans intérêt pour lui. Guri Hetland, directeur du fond suisse, ne veut faire aucun commentaire mais avoue que ce serait un poste intéressant. Les deux coachs de l’équipe nationale masculine, Arild Monsen et Eirik Myhr Nossum se disent flattés mais tout à fait satisfaits de leur travail actuel, même s’ils ont tous deux été en contact avec Espen Bjervig à propos du poste de Løfshus.

Restent Håvard Tjørhom, ancien directeur sportif de l’alpin, Odd-Bjørn Hjelmeset, actuel directeur sportif du biathlon, ou même Morten Aa Djupvik, ancien coach des équipes de fond. Le premier a avoué être lui aussi flatté mais « reprendre le poste après Løfshus est un vrai challenge, ça me semble trop difficile », affirme-t-il à VG. Le second s’est contenté de dire qu’il n’avait pas encore postulé puisqu’il occupe déjà le même poste que celui de Løfshus mais en biathlon. Enfin, le dernier n’a pas voulu répondre aux questions de VG.
Le mystère reste donc entier : qui remplacera Løfshus ? Pour le moment, aucun favori ne semble se détacher du lot… Et si le nouveau directeur sportif du ski de fond norvégien n’apparaissait pas dans cette liste ?

 


  • Changements aux nationaux de biathlon

Cette année, les championnats nationaux de biathlon en Norvège ont été répartis, comme souvent, sur deux dates différentes. Problème : l’un des deux week-ends choisis tombait avant les mondiaux à Östersund. Résultat : onze coureurs de l’équipe nationale, dont Johannes Thingnes Bø, étaient aux abonnés absents à Ål, lieu des championnats nationaux.
Le comité du biathlon norvégien s’est donc réuni la semaine dernière et a décidé que dès l’an prochain, ces championnats se tiendraient en une seule partie, à la fin de la saison.

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Johannes Thingnes Boe (NOR) © Manzoni/NordicFocus. 

« Je suis totalement pour, c’est le meilleur choix, commente Johannes Thingnes Bø au micro de la NRK. L’an dernier, j’avais déjà prévenu que si des championnats nationaux se tenaient en milieu de saison, je n’irais pas. C’est impossible si on veut se battre pour le général de la coupe du monde. »
La seule athlète de l’équipe féminine à s’y être rendue en janvier était Ingrid Landmark Tandrevold. « C’est toujours un évènement fantastique auquel j’aime participer, explique-t-elle. Mais je crois tout de même qu’un seul week-end, ce serait mieux, plutôt que deux. »
De son côté, le président du biathlon norvégien, Arne Horten, a assuré que de nombreux athlètes de l’équipe nationale ont assuré qu’ils seraient présents ce week-end pour le deuxième week-end de championnats nationaux norvégiens. « Nous travaillons aussi à améliorer le statut, la reconnaissance de cet évènement, confie-t-il à la NRK. Nous voulons qu’il soit plus attractif pour les athlètes. »

Photo : Nordic Focus photo agency

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