CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique (ski de fond, biathlon, saut à ski, combiné nordique) norvégienne.
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Le Tour de Ski : nouvelle formule
Lors du Congrès FIS qui s’est déroulé la semaine dernière, plusieurs choses ont été décidées afin de redonner un nouvel élan au Tour de Ski.
Des nouveautés qui, contrairement à ses habitudes, ont été votées par la Norvège, souvent opposée à tout changement.
Première modification, d’importance, la montée finale de l’Alpe Cermis sera bel et bien une mass-start. Pour la rendre possible, l’élargissement des premiers virages a été évoqué. Il faudra aussi fournir aux spectateurs la possibilité de suivre le leader du Tour au général, comme lors des compétitions de cyclisme.
Un maillot vert sera aussi introduit dès l’an prochain. Il aura pour but de repérer le meilleur sprinteur du Tour de Ski qui sera récompensé à la fin de la dernière étape. Une façon de rendre cette compétition plus attractive pour les fondeurs spécialisés en sprint.
De plus, il n’y aura plus de bonus seconde pour les sprinteurs mais bien des points pour permettre une plus grande équité. Ces changements en rapport avec le sprint tendent à motiver les fondeurs à se rendre jusqu’à la dernière étape et non à abandonner en cours de chemin, comme cela a souvent été le cas jusqu’à présent.
« Si nous n’essayons rien de nouveau, nous ne saurons jamais si c’est une bonne idée », argumente Åge Skinstad qui, représentant de la Norvège à la FIS, a décidé de voter en faveur de ces nouvelles résolutions.
Les fondeurs, eux, ne se sont pas encore exprimés sur ce sujet.
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Holmenkollen revient au départ à intervalle
Dès 2021, le classique 50 km d’Holmenkollen se déroulera de nouveau avec un format individuel plutôt qu’une mass-start. L’épreuve revient ainsi à ses origines qu’elle avait abandonnées en 2009.
« Ce sera plus intéressant pour les spectateurs dans le stade », assure Åge Skistad, représentant de la Norvège au Congrès de la FIS.
Mais moins pour ceux placés dans les bois, argumente Dagbladet. Pour palier à ce risque, le parcours sera allongé. Les hommes feront ainsi 5 boucles de 10 km et les femmes 3 boucles de 10 km au lieu des anciens tracés à 8 km.
Avec le départ à intervalles, il devrait ainsi y avoir des athlètes sur tout le long du tracé, à chaque moment. Seul hic : les spectateurs qui se trouvent loin du stade ne sauront pas qui est en tête et devront utiliser leur téléphone pour se tenir informés.
Skistad, s’il comprend ce problème, affirme pourtant que les athlètes norvégiens seront ravis de ce changement qu’ils demandent depuis longtemps et estiment que les spectateurs comprendront cette décision.
Reste un dernier point d’ombre : certaines équipes souhaiteraient que les pistes d’Holmenkollen soient fermées aux essais 14 jours avant la course. Les Norvégiens du Comité sont alors montés au créneau pour défendre ses athlètes. « Comment feraient Johaug, Jacobsen ou Sundby ? plaide Skistad. Ils s’entraînent toute l’année sur cette piste, ils n’ont pas d’autres solutions. » Ce point restera à éclaircir avant le retour du départ à intervalles en 2021.
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Grand Chelem en saut à ski
Actuellement, il existe en saut à ski deux coupes du monde : celle des tremplins dits « normaux » et celle de vol à ski. Mais bientôt, cette dernière pourrait disparaître au profit d’un Grand Chelem, comparable à ceux du tennis.
Les tremplins de Vikersund, Planica, Kulm et Oberstdorf pourraient rentrer dans le cadre de ce Grand Chelem, suivis par Harachov et peut-être même une épreuve en Chine.
Le vainqueur de ce Grand Chelem, cette « Formule 1 du saut à ski », remporterait 1 million d’euros en plus du titre de champion du monde de vol.
Cette proposition a été faite par les organisateurs des coupes du monde à Planica et a aussitôt été soutenue par toutes les nations dont la Norvège. Tous veulent depuis longtemps créer un format de ce type et sont donc impatients de pouvoir le mettre en œuvre. Malheureusement pour les impatients, cela ne serait possible qu’à partir de la saison 2022/2023.
Du côté des athlètes féminines, le Grand Chelem ne devrait pas leur être ouvert tout de suite. Il a été évoqué la possibilité de leur proposer une compétition similaire dès qu’elles seraient plus nombreuses en Coupe du monde.
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L’équipe de saut s’engage
« Nous voulons devenir la première équipe écologique », annonce fièrement Robert Johansson.
La semaine dernière, l’équipe de saut norvégienne a annoncé sa collaboration avec l’entreprise CHOOSE qui a pour objectif de « racheter des crédits carbone » en soutenant des projets écologiques approuvés par l’ONU. Les sauteurs, eux, comptent réduire de 500 tonnes par an leurs émissions de CO2 pour compenser leurs inévitables voyages en avion. Comment s’y prendront-ils ? Concrètement, pour chaque mètre sauté par un Norvégien, l’entreprise CHOOSE rachètera 1 kg de CO2.
« Le saut à ski est bien plus amusant sur la neige, explique Andreas Slettvoll, directeur du groupe CHOOSE. C’est une bonne façon de montrer que nous voulons conserver notre terrain de jeu grâce à des mesures positives tout en faisant passer un message écologique dans de nouveaux milieux. »
Alexander Stöckl, entraîneur de l’équipe, rappelle que l’environnement et la nature sont tous deux importants pour les skieurs. « Nous espérons continuer à sauter sur la neige pour de nombreuses années et c’est pour cela que nous sommes très vigilants sur toutes les actions possibles », continue Stöckl.
En conséquence, l’équipe de saut norvégienne a été licenciée comme « partenaire de l’ONU pour le programme Climate Neutral Now ».
En pratique, les sauteurs scandinaves se déplaceront en voiture hybride, réduiront au mieux leurs déplacements et veilleront à la réutilisation, au recyclage de leur équipement. « Le calendrier de coupe du monde actuel ne permet pas de ne pas prendre l’avion, explique Slettvoll. Mais c’est merveilleux que notre équipe cherche à compenser ces émissions de CO2 inévitables. »
Bjørn Einar Romøren, ancien sauteur et désormais chargé du marketing, conclut : « nous voulons devenir la meilleure équipe du monde, la plus importante, et cela ne passe pas que par les podiums. Nous voulons avoir un impact écologique sur notre sport, l’aider à se développer dans une direction qui aidera à lutter contre les changements climatiques. »
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Bjørgen au travail
C’est officiel, Marit Bjørgen a trouvé un travail. Après avoir pris sa retraite à la fin de l’hiver 2017/2018, la fondeuse ne s’était pas encore décidé sur ce qu’elle voulait faire à présent.
C’est chose faite : elle sera conseillère pour l’équipe de ski de fond Veidekke Midt-Norge. Elle y apportera son aide aux jeunes athlètes, notamment comment faire face à la très haute concurrence dans ce sport en Norvège.
Parmi les fondeurs de cette équipe, la cousine de Bjørgen, Anne Kjersti Kalvå, aurait demandé conseil à la championne et son entraîneur aurait alors eu l’idée de chercher à l’embaucher comme conseillère officielle de l’équipe. « Je suis heureuse de cette opportunité et j’espère réussir à apporter mon aide, commente Bjørgen dans les colonnes de Dagbladet.
Ces jeunes athlètes auront comme grand défi d’accéder à la Coupe du monde et je veux les y aider mais ils doivent se souvenir qu’on n’atteint pas son plein potentiel tout de suite dans cette discipline. Moi, ça a été après mes 30 ans. Il faut être patient, s’écouter et construire les choses, pierre après pierre. »
Dans le même temps, Marit Bjørgen a entamé la rénovation de la maison de sa grand-mère à Rognes, sa ville natale. Un nouveau pied à terre dont sa petite famille pourra parfois profiter.
Photo : Nordic Focus Photo Agency