Vu de Norge #252 : la stratégie de Johaug et Østberg

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

 

 

  • Johaug et Østberg : plus longtemps en altitude

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Therese Johaug (NOR) – NordicFocus.

Il reste moins de 50 jours avant l’ouverture de la saison de ski de fond à Kuusamo. Les athlètes entrent dans la dernière phrase de leur préparation.

La semaine prochaine, les fondeuses norvégiennes se rendront donc en altitude, à Val Senales pour leur stage annuel habituel. Mais quand tout le monde rentrera chez lui le 31 octobre, Therese Johaug et Ingvild Flugstad Østberg resteront en Italie une semaine de plus.

« Nous avons toujours passé quelques jours supplémentaires en altitude avec Therese, explique Østberg dans les colonnes de VG. Nous pensons que c’est un bon plan qui fonctionne bien et nous pensons le faire aussi pour la saison olympique. »

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Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Pour Torgeir Bjørn, expert à la NRK, les équipes nationales devraient suivre l’exemple des deux Norvégiennes. « Elles ont testé ce modèle depuis des années, il est éprouvé et il fonctionne, dit-il. Aujourd’hui, aucun modèle d’entraînement ne fonctionne mieux et la formation en altitude est importante pour développer les capacités en endurance. Northug, Sundby, Bjørgen, Dæhlie, Ulvang… Ils l’ont tous fait. »

Pour l’expert, il aurait été important que les plus jeunes coureurs imitent Johaug et Østberg, estimant qu’il sera trop tard en 2021, avant les JO 2022, pour qu’un tel plan de formation soit efficace.

De leur côté, les deux athlètes comptent s’entraider lors de cette semaine supplémentaire. « Elle me rend meilleure, c’est certain, affirme Østberg. Et je crois que moi aussi je lui permets de s’améliorer. »

 


  • Johaug vs Jacobsen

 

Ce dimanche s’est déroulée une course à pieds de championnat national de 6 km à Oslo. Seules trois membres de l’équipe nationale de fond norvégienne ont décidé d’y prendre part : Didrik Tønseth, Therese Johaug et Astrid Uhrenholdt Jacobsen.

Le premier tentera de défendre sa médaille d’or qu’il avait remporté l’an dernier à Trondheim face à un des frères Ingebrigtsen, famille de l’athlétisme norvégien : Henrik.

Les deux jeunes femmes, quant à elles, tenteront de faire face aux meilleures athlètes norvégiennes, excepté Karoline Bjerkeli Grøvdal qui a décidé de prendre des vacances après les mondiaux d’athlétisme au Qatar.

« Therese adore aller courir en compétition, ça l’amuse beaucoup, explique le manager de Johaug à Dagbladet. Elle a beaucoup aimé le 10.000 mètres d’Hamar et elle a envie de plus souvent courir en compétition. Ça lui fait une pause dans l’entraînement normal d’une fondeuse. »

Johaug comme Tønseth étaient de sérieux candidats à la médaille d’or, malgré une concurrence féroce. Au final, seule Johaug sera titrée, la convainquant pour de bon d’aller aux championnats d’Europe d’athlétisme l’an prochain. « Mes chances d’y aller sont de 50%, ça me plairait énormément, confie Johaug après la course du week-end. Et puis, je ne suis jamais allée à Paris… »

De son côté, Tønseth a longtemps lutté face à Henrik Ingebrigtsen, jusqu’à quelques mètres avant l’arrivée. Le fondeur prend donc la médaille d’argent avec 6,38 secondes de retard sur le vainqueur.

 


  • Johannes Dürr banni : les Norvégiens réagissent

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Capture d’écran ARD

Johannes Dürr a de nouveau été inculpé pour dopage. Cette fois-ci, le fondeur autrichien a été banni à vie des compétitions sportives. Il a été condamné jeudi dernier après qu’il ait révélé qu’il s’était de nouveau dopé et avait aussi aidé ses coéquipiers et d’autres fondeurs à faire de même dans le grand scandale de Seefeld. Pour les Norvégiens, c’est une victoire : un tricheur a été définitivement exclu du sport.

Et l’un des plus heureux est Petter Northug Jr. « Si je le revois sur une piste, je l’assomme », n’hésitait-il pas à dire dans les colonnes de Dagbladet lors de la première condamnation de l’Autrichien.

Simen Hegstad Krüger ou Hans Christer Holund sont moins violents dans leurs propos cette semaine. « C’est bien qu’un tel verdict soit rendu, nous n’avons pas besoin de gens comme lui dans le ski de fond », affirme Krüger. « Il ne serait probablement jamais revenu, continue Holund. Mais c’est bien quand même, ça montre l’exemple. »

En revanche, un seul mot d’ordre reste désormais : ne pas se méfier des concurrents. « On ne peut pas passer notre temps à douter de l’honnêteté de nos adversaires, explique Krüger. Alors je crois, et j’espère, que tout le monde est propre désormais et que tout ce travail contre le dopage fonctionne. »

 

 


  • 40 Norvégiens dans le giron chinois

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Ole Einar Bjørndalen ne sera pas le seul Norvégien à aider les équipes chinoises de ski en vue des Jeux olympiques 2022. Au moins une quarantaine de ses compatriotes a aussi été recrutée par les instances du ski en Chine, deux ans avant la grande échéance. Bien sûr, Bjørndalen s’occupe des équipes de biathlon mais il n’est pas le seul à être devenu entraîneur.

Tor Arne Hetland et le lycée de Meråker accueillent de jeunes skieurs chinois pour les former au ski de fond au mieux.

Kristin Størmer Steira, ancienne fondeuse, a elle aussi emmené avec elle une équipe de six entraîneurs à temps plein et deux à temps partiel ainsi qu’un directeur sportif et deux gestionnaires de l’équipement et du fartage pour son équipe sponsorisée par l’entreprise norvégienne NTG Kompetanse AS.

Kristin Størmer Steira.

 

La Chine collabore aussi avec le saut à ski norvégien pour former une future génération de sauteurs. 22 athlètes asiatiques sont ainsi venus s’entraîner en Norvège à l’automne 2018 et 8 ont déménagé de manière permanente pour être formés par Kjetil Strandbråten, coach depuis 1994.

Bernhard Rønning et Kristian Bjune Sveen ont quant à eux la tâche de former les équipes nationales de ski de fond après avoir tous deux été engagés directement par la fédération chinoise, tout comme Bjørndalen.

Chacun de ces 40 Norvégiens, recrutés pour former des athlètes chinois, ont dû faire face à une tâche énorme puisque, pour la plupart, les sportifs n’avaient jamais chaussé de skis.

Bien évidemment, ils ont emmené avec eux des farteurs, des médecins, des physiothérapeutes, et bien d’autres encore… tous Norvégiens. Il existe d’ailleurs des accords officiels entre les deux fédérations qui travaillent ensemble, entre autres sur les questions de lutte antidopage.

 

 


  • Les coulisses du nordique dans un livre

La semaine prochaine paraîtra le livre « Gull till Norge » (L’or pour la Norvège), racontant les histoires entre autres de commentateurs norvégiens.

Gunnar Grimstad, commentateur NRK, en handball surtout mais aussi pour les sports nautiques et le ski de fond, y raconte une histoire tout à fait particulière sur les Jeux olympiques d’Innsbruck en 1976. « Je skiais beaucoup à cette époque, explique-t-il à VG. J’avais donc acheté une paire de chaussures spécialement pour cela… Des Alpha, achetées dans une usine à Halden. Je les avais emmenées à Innsbruck pour skier un peu là-bas. »

Le commentateur raconte alors qu’une nuit, on vint frapper à la porte de sa chambre d’hôtel. Là, deux hommes lui ont demandé quelle était sa pointure de chaussures. « Je leur ai répondu 45 et ils ont voulu savoir s’ils pouvaient m’emprunter mes chaussures de fond, raconte Grimstad. L’un d’eux avait cassé sa paire et personne d’autre ne faisait la même taille que lui. J’ai accepté, bien sûr, à condition qu’on me les rende après. »

Le Norvégien était alors loin de se douter de l’épopée que vivraient ses chaussures. Grimstad a alors demandé à un collègue, photographe à la NRK, qui pouvait être l’athlète lui ayant emprunté cet équipement. Ça pourrait être l’Américain Bill Koch », répond alors Ottar Fjellanger, qui s’était renseigné. Le même Bill Koch qui, quelques heures plus tard, prendrait la médaille d’argent du 30 km olympique. Un exploit et la seule médaille des Etats-Unis en fond aux JO jusqu’en 2018 et le titre en sprint par équipes féminin de Kikkan Randall et Jessica Diggins.

« Nous avons eu la chance d’interviewer Koch juste après, pour la NRK, se souvient Grimstad. Il ne savait pas qui j’étais, qu’il avait eu mes chaussures. Il s’est contenté de dire qu’il avait eu du nouveau matériel et, en souriant, je lui ai avoué que c’était mes chaussures qu’il portait. C’est un beau souvenir. Ça ne pourrait plus arriver désormais mais c’était vraiment sympa… Et je les lui ai prêtées gratuitement ! J’aurais peut-être dû demander 50.000 couronnes », plaisante-t-il.

 

Photo : Nordic Focus

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