Vu de Norge #258 : le fluor interdit en 2020

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Le fluor totalement interdit dès 2020

Depuis des mois, le fluor, présent dans les produits de fartage, est dans la ligne de mire du monde du ski de fond. Après avoir été interdit dans les compétitions juniors en Norvège l’hiver dernier, les révélations récentes ont montré que ce produit chimique était en effet très dangereux pour l’environnement mais aussi pour la santé des farteurs.

La FIS a donc pris une grande décision : dès l’hiver 2020/2021, les produits à base de fluor seront totalement interdits au niveau international. Poussée par Vegard Ulvang, représentant de la Norvège à la FIS en fond, cette décision est tombée assez soudainement.

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Jens Burman (SWE), Daniel Rickardsson (SWE), Martin Johnsrud Sundby (NOR), Alexander Bessmertnykh (RUS) –  Modica/NordicFocus.

L’instance internationale a donc un an pour mettre en place un système qui fonctionne et empêche la triche car c’est la grande inquiétude des Norvégiens : que certaines équipes utilisent quand même des produits au fluor, permettant souvent un meilleur fartage des skis.

« Un groupe de spécialistes élaborera une réglementation et des moyens de contrôle, explique Erik Røste, président de la fédération de ski norvégienne. Pierre Mignerey en fera partie, tout comme moi et d’autres acteurs du milieu. » Pour Røste, il faudra mettre en place des contrôles semblables à ceux de l’anti-dopage.
Le président de Swix, Åge Skinstad, fournisseur des produits de fartage, est lui aussi très content de cette décision et espère pouvoir faire partie du groupe d’experts. Désormais, son entreprise a un an pour peaufiner les produits sans fluor et leur permettre d’égaler le fartage actuellement utilisé en coupe du monde.


  • Pål Trøan Aune mécontent

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Paal Troean Aune (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Il est monté sur le podium du sprint de Beitostølen, battu seulement par Erik Valnes. Après ce beau résultat, Pål Trøan Aune déclarait aux médias être bien sûr en lice pour être aligné au départ du sprint de Kuusamo. « Non, il aurait dû gagner avec au moins 50 m d’avance pour espérer cela, réagit Arild Monsen, entraîneur de l’équipe de sprint norvégienne. Les coureurs de l’équipe nationale restent prioritaires. »

De quoi énerver le fondeur de l’équipe régionale Veidekke Midt-Norge. « S’ils n’ont plus de respect pour les podiums, c’est très bien pour eux, réagit-il au micro de la NRK. Mais je trouve ça ridicule. Si ceux qui skient le plus vite en Norvège n’ont aucune chance d’aller en coupe du monde, alors à quoi ça sert de s’entraîner pour battre les athlètes de l’équipe nationale ? »

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Paal Troean Aune (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

Pour Aune, cette injustice date d’une époque où il y avait moins de compétition entre les athlètes norvégiens. Désormais, même hors de l’équipe nationale il existe de vrais prodiges du ski de fond qui méritent une chance d’aller en coupe du monde. Mais les quotas sont trop réducteurs pour une telle nation qui doit donc faire des choix difficiles. Au détriment d’athlètes qui montent pourtant sur les podiums.

« Pål doit apprendre la patience », se contente de commenter Arild Monsen. L’entraîneur d’Aune, Kristian Skrødal, est du même avis, comprenant qu’en Norvège, les athlètes de l’équipe nationale ont la priorité sur les coupes du monde avant Noël. « Le but est de continuer de performer désormais et d’espérer être sélectionné pour des étapes de coupe du monde après Noël », conclut-il.


  • Johaug soutient Østberg

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Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) –  Modica/NordicFocus.

La semaine dernière, Ingvild Flugstad Østberg annonçait qu’elle n’irait ni à Beitostølen, ni à Kuusamo sur l’ouverture de la coupe du monde. En fait, les médecins de la fédération norvégienne ont refusé de lui accorder un certificat médical lui permettant de participer aux compétitions jusqu’à une date indéterminée.

Pour obtenir ce certificat médical, plusieurs facteurs sont pris en compte : la pesée, l’alimentation de l’athlète, le taux d’hémoglobine, le rythme cardiaque, la pression artérielle. Les fondeurs norvégiens passent très souvent ce rendez-vous médical pour s’assurer de leur bonne santé. Østberg n’a pas voulu révéler ce qui avait coincé. « Je me sens très bien et c’est ce qui est très ennuyeux », déclare-t-elle aux médias.

Le médecin de l’équipe, Øystein Andersen, a voulu rassurer en affirmant que la fondeuse ne souffrait pas de troubles alimentaires, ce qui n’a pas entièrement convaincu Astrid Jacobsen, pensant qu’Østberg et Johaug sont peut-être trop souvent à la limite.

« J’aurais aimé courir mais je respecte cette décision, continue la Norvégienne. Pour le moment, d’après les médecins, je ne suis pas prête pour skier. Mon corps a peut-être besoin de temps pour récupérer après mon entraînement. » Un avis partagé par Therese Johaug qui soutient son amie et coéquipière : « nous sommes les deux Norvégiennes qui s’entraînent le plus, révèle-t-elle. Nous avons aussi beaucoup d’obligations à côté et des amis et une famille que nous voulons voir. Tout cela fait que parfois, nous avons besoin de repos même si on a l’impression d’aller bien. »

Johaug a aussi affirmé être admirative de sa compatriote : « elle est très courageuse, c’est difficile de venir annoncer quelque chose de ce genre aux médias, j’en sais quelque chose, dit-elle. C’est difficile de renoncer à des courses alors qu’on se sent en forme. »
Heureusement pour Øsbterg, elle a pu parler de tout ça ouvertement avec son équipe. « Je compte bien être à ses côtés et l’épauler jusqu’à ce qu’elle aille mieux », conclut Johaug.


  • Le biathlon en mauvaise position

Tiril Eckhoff (NOR) – Manzoni/NordicFocus.

L’Union Européenne envisage sérieusement d’interdire l’utilisation du plomb dans les sports de plein air. Une réglementation qui poserait problème à un sport d’hiver en particulier : le biathlon. « Nous serions en état de crise, réagit Marte Olsbu Roiseland. On fait quoi dans ce cas ? Du tir laser ? » Tiril Eckhoff est plus catégorique : « dans ce cas, je devrais quitter le biathlon et je n’en ai pas envie. »

Si cette nouvelle loi est appliquée, alors ce serait la fin du biathlon comme on le connaît. La discipline devrait prendre un tournant décisif pour continuer d’exister.

Le patron de la société norvégienne d’armement Nammo, sponsor de l’équipe de biathlonn, est inquiet. « Nous avons déjà essayé de fabriquer des cartouches sans plomb, explique Endre Lunde à la NRK. Mais rien ne semble fonctionner aussi bien, surtout pour le biathlon. Il faudra attendre longtemps avant que de nouveaux mélanges de plastique et métal soient fonctionnels et ça coûtera plus cher. »
Bien évidemment, cette interdiction du plomb interviendrait pour des raisons environnementales. « Mais il faut séparer le biathlon du reste, on ramasse tout le plomb après chaque épreuve, rappelle Lunde. Ce serait injuste pour cette discipline d’être punie pour ceux qui laissent leur plomb dans la nature. »

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Johannes Thingnes Boe (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

Pour Tore Bøygard, membre du conseil d’administration de l’IBU, il est important que l’instance internationale cherche encore et toujours un moyen de ne laisser aucune trace de plomb dans la nature. « Il est vrai que l’on va peut-être aussi devoir réfléchir à de nouvelles alternatives, comme le tir laser », continue-t-il.
Pour Ola Lunde, expert NRK, ce n’est pas forcément la bonne solution. « On ne peut pas utiliser le laser s’il neige, explique-t-il. Mais pour les évènements en ville, oui, pourquoi pas. » « Et puis, le biathlon perd de son charme si on utilise des lasers », affirme Olsbu. L’IBU, inquiète, commence donc déjà à se renseigner auprès des instances européennes pour savoir s’ils peuvent empêcher cette interdiction de s’appliquer au biathlon.


  • Nouveau job pour Stjernen

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Andreas Stjernen (NOR) –  Rauschendorfer/NordicFocus.

Andreas Stjernen, retraité depuis peu, a trouvé un nouvel emploi pour la saison, en plus de son boulot de coach à Trondheim. TV2 l’a en effet recruté comme commentateur et expert pour le saut à ski.

Lassé de laisser toutes les épreuves de saut à la NRK, la chaîne norvégienne concurrente a en effet obtenu les droits de la coupe du monde à Engelberg et des deux dernières épreuves autrichiennes de la Tournée des Quatre Tremplins. Andreas Stjernen commentera donc ces épreuves avec Kasper Wikestad, commentateur expérimenté. Un autre ancien sauteur se trouvera dans la zone des interviews : Tom Hilde.
« C’est quelque chose de nouveau pour moi et c’est très excitant, réagit Andreas Stjernen. J’ai été approché cet été pour ce projet et c’est devenu concret à l’automne. On verra à Engelberg comment ça se passe pour moi, je suis impatient. »


  • Stöckl supprime les réseaux sociaux

A l’heure des réseaux sociaux, il existe deux écoles : ceux qui publient leur vie d’athlète ou du monde sportif et ceux qui préfèrent s’en éloigner. Alexander Stöckl, entraîneur de l’équipe norvégienne de saut, faisait auparavant partie du premier groupe. Mais depuis peu, il a décidé de mettre un terme à sa pratique des réseaux sociaux, désinstallant toutes les applications de son téléphone.
« Je suis arrivé à la conclusion que je passais trop de temps sur les réseaux sociaux, s’explique l’Autrichien. J’ai donc décidé de consacrer mon temps à d’autres activités plus productives pour nous permettre d’encore progresser en coupe du monde. Ça m’apportera aussi plus d’intimité. »

Résultat : son attention n’est plus détournée de son travail ou de ses loisirs habituels. Des études ont en effet prouvé que les réseaux sociaux nous détournent très vite de toutes les autres tâches.

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« En ce qui concerne les athlètes, j’aimerai qu’ils aient une relation saine avec les réseaux sociaux, continue Stöckl. C’est bien de les utiliser pour promouvoir notre discipline mais il faut aussi faire attention. S’ils sont trop distraits, ils risquent d’être moins concentrés sur ce qui peut les amener à la victoire. Nous avons un “quota” d’énergie et si on l’utilise de façon inappropriée, alors il n’en reste plus assez pour ce qui compte vraiment. C’est ce que nous essayons d’apprendre aux sauteurs. »
Une philosophie qui pourrait avoir de nouveaux adeptes quand on voit que c’est un Norvégien, Daniel Andre Tande, qui a pris la tête de la coupe du monde à Wisla ce dimanche.
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