Vu de Norge #269 : Brandsdal s’excuse, Tande malade

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Brandsdal s’excuse

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Valentin Chauvin (FRA), Federico Pellegrino (ITA), Eirik Brandsdal (NOR) – Modica/NordicFocus. 

En quart de finale du sprint de ski de fond de Falun, les espoirs d’Eirik Brandsdal et Valentin Chauvin s’arrêtaient tout net lorsque le Français chutait, gêné par le Norvégien. Celui-ci sera d’ailleurs sanctionné après la compétition par le jury et se verra recalé à la 30e place.

Auprès des médias norvégiens, Brandsdal a tenu à s’excuser et à assumer publiquement son erreur. « Je ne suis vraiment pas fier de ma manœuvre, ça n’aurait jamais dû arriver, affirme-t-il au micro de TV2. J’ai ruiné notre course à tous les deux, c’était de ma faute et j’accepte le blâme. C’était vraiment moche et le fait de batailler en piste ne l’excuse pas. »

Dans des conditions de neige assez difficiles, la bataille a été rude en piste et le Français et le Norvégien en ont fait les frais. « Il faut juste oublier, ce n’est pas bon à retenir, il ne faut pas que ça recommence », conclut Brandsdal.

 


  • Tande malade

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Daniel-André  Tande (NOR) –  Tumashov/NordicFocus. 

Si les sauteurs n’ont de toutes façons pas beaucoup sauté ce week-end à Willingen, l’un des grands noms de la coupe du monde de saut à ski était absent cette semaine : Daniel-André Tande.

Malade, au lit avec un état grippal, le Norvégien n’a pas fait le déplacement en Allemagne mais n’a finalement pas beaucoup perdu au général. « C’est ennuyeux de tomber malade mais au moins, ce n’est pas pendant le Raw Air ou les mondiaux de vol à ski », commente Tande. « Nous n’avions pas besoin de cela maintenant, déplore son entraîneur Alexander Stöckl. Mais il est en effet plus sage qu’il se soit reposé ce week-end. Les grands rendez-vous de l’hiver sont un peu plus tard dans la saison, heureusement. » Le sauteur espère être de retour le week-end prochain en Autriche.


  • Johannes Dale rêve de médailles

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Johannes Dale (NOR) –  Manzoni/NordicFocus. 

A 22 ans, Johannes Dale a fait son entrée dans la cour des grands en intégrant l’équipe nationale de biathlon. En coupe du monde, il a impressionné avec dès le début de saison une 7e place, il n’a ensuite jamais quitté les points.

Mieux, sa pire place est une 27e position, il a frôlé le podium lors de la mass-start d’Oberhof et il a participé aux trois victoires en relais de l’équipe masculine.

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Johannes Dale (NOR) –  Manzoni/NordicFocus. 

Vu comme la dernière pépite du biathlon norvégien, il rêve, à raison, de remporter des médailles lors des Mondiaux d’Antholz-Anterselva.
« Mon début de saison a dépassé toutes mes attentes, confie-t-il dans les colonnes de Dagbladet. Déjà avant Noël, j’ai pu montrer ce dont j’étais capable et après Noël, j’étais encore plus proche du podium. C’est incroyable de pouvoir déjà performer ainsi. »

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Johannes Dale (NOR) –  Manzoni/NordicFocus. 

9e au général, Dale a de grands espoirs pour les prochaines compétitions : « je crois que mes rêves de podiums se sont transformés en réalité, je peux me battre avec les meilleurs, dit-il. » Pour les experts, le jeune homme peut tout à fait prétendre à une médaille puisqu’il n’a fait que s’améliorer au fil des week-ends cet hiver. « Je n’aurai jamais pu y arriver seul, conclut Johannes Dale. Sans cette équipe, sans les autres biathlètes, je ne me serai pas autant amélioré. S’entraîner avec les meilleurs Mondiaux, c’est sans aucun doute un avantage. »


  • Riiber meilleur combiné ?

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Jarl Magnus Riiber (NOR) –  Volk/NordicFocus. 

Il a seulement 22 ans mais Jarl Magnus Riiber défie déjà les statistiques. Leader incontesté du combiné nordique ces derniers hivers, il a remporté 11 des 13 compétitions déjà disputées cette saison et n’a jamais fini au-delà de la 2nde place.

Avec un total de 24 victoires, il n’est plus qu’à deux du record norvégien de Bjarte Engen Vik. « Il me rattrapera cette saison, juge l’ancien champion de combiné. Et il prendra ensuite les autres records. »

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Jarl Magnus Riiber (NOR) –  Volk/NordicFocus.

Mais avant de dépasser le Finlandais Hannu Manninen et ses 48 victoires, record inégalé en combiné nordique, le Norvégien a encore du travail. Pourtant, pour Magnus Moan, son jeune compatriote devrait en être capable avant ses 25 ans. « Ce n’est qu’une question de temps, assure-t-il. Ce ne sera pas forcément facile car il peut se passer énormément de choses, il peut tomber malade, se blesser, être en moins bonne forme… » Pour preuve, tout près de faire tomber le record de Manninen de 12 victoires en une saison l’an dernier, il a échoué tout près du but. « Mais je crois que j’ai une nouvelle chance d’y arriver cette année », confie Riiber, souriant.

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Jarl Magnus Riiber (NOR) –  Volk/NordicFocus. 

Pour le recordman norvégien Vik, en revanche, il faut faire attention à ce que le jeune prodige ne perde pas sa motivation, ce qui lui est arrivé alors qu’il n’avait que 30 ans. « J’espère qu’il ne va pas commencer à s’ennuyer, dit-il au micro de la NRK. Il doit trouver à chaque fois de nouvelles sources de motivation. » Pas d’inquiétude du côté de Riiber : « je ne suis pas à la recherche de records, affirme-t-il. J’ai encore de nombreuses années devant moi et tout ce qui me motive, c’est d’être à mon meilleur niveau, de toujours m’améliorer et de faire la meilleure compétition possible à chaque départ. »

 


  • La FIS vers un modèle plus écologique

Chaque semaine, les athlètes voyagent d’un pays à l’autre, bien souvent en avion. Résultat, l’empreinte carbone du circuit coupe du monde est extrêmement élevée. Pourtant, les skieurs sont parmi les premiers à voir les effets du changement climatique avec, en premier symptôme, la disparition de la neige et la hausse des températures. A titre d’exemple, il y a 21 étapes différentes au programme du saut à ski et du ski de fond. Ce mois-ci, les sauteurs ont d’ailleurs fait un aller-retour express au Japon pour un seul week-end de compétition.

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Sjur Roethe (NOR) –  Modica/NordicFocus. 

Sjur Røthe a aussi confié à VG que plus tard cet hiver, il ferait un aller-retour au Canada pour deux compétitions. Un déplacement qui s’ajoute à ceux qu’il a déjà fait en Finlande, en Suisse, au Tour de Ski, en République Tchèque et en Allemagne, toujours au départ de la Norvège. « Nous devons, nous athlètes, prendre en main la transition écologique de notre sport, estime le fondeur. Nous pourrions peut-être obtenir des améliorations de la FIS, des changements de calendrier, par exemple en proposant plus de courses, des week-ends plus longs sur chaque étape. »

Réaliste, le Norvégien sait aussi que pour continuer de faire évoluer son sport, il faut inclure plus de pays comme les Etats-Unis et donc, cela crée plus de déplacements. « Ça ne se fera pas du jour au lendemain », affirme Røthe.

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Pierre Mignerey et Michal Lamplot – Modica/NordicFocus. 

Mais cela peut se faire. « Il faut que nous commencions à vraiment agir, on ne peut pas passer notre temps à envoyer des athlètes en avion aux quatre coins du globe », renchérit Terje Lund, l’un des responsables à la fédération norvégienne. Ils sont rejoints par Pierre Mignerey, chef des courses de fond à la FIS : « ce n’est même plus seulement une question de climat mais aussi de coût, dit-il. Nous devons repenser le calendrier pour qu’il soit plus logique, nous devons vraiment nous améliorer sur ce point. Il suffit de voir le calendrier 2020/2021, on passe de la Suède, à la Finlande, pour retourner en Suède. »
La Norvège, particulièrement sensible sur ce sujet, se félicite donc d’avoir déjà mis en place pour le Raw Air en saut et le Ski Tour en fond l’obligation pour les athlètes de prendre le train. « Nous devons désormais nous pencher plus longuement sur la question et y travailler sérieusement pour améliorer notre empreinte carbone », conclut Espen Bjervig, chef du fond norvégien.


  • Le problème du fluor aux Etats-Unis

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Dès l’an prochain, le fluor sera interdit dans les fartages en coupe du monde de ski de fond. Un grand changement auquel se préparent les équipes et la fédération. Mais il leur faudra peut-être accélérer le mouvement. En effet, le fluor est déjà interdit depuis longtemps aux Etats-Unis et il est impossible d’en importer.

Or, en mars, le circuit mondial se déplace à Minneapolis pour une étape de coupe du monde. Stein Olav Snesrud, chef du camion de fartage norvégien, a d’ores et déjà annoncé que son équipe ne prendrait aucun risque : « il est hors de question que nous amenions des produits à base de fluor aux Etats-Unis, confie-t-il au quotidien VG. Nous ne voulons pas tenter le sort et risquer de se faire arrêter ou confisquer les produits. »

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A l’automne, Vegard Ulvang, chef du comité du ski de fond à la FIS, avait assuré aux équipes qu’elles pourraient emmener des produits fluorés illégalement en Amérique. Pierre Mignerey, lui, a affirmé dans les colonnes du journal norvégien que chaque équipe serait responsable de ses propres produits. « Nous en discuterons avec eux avant d’y aller et nous allons étudier les lois douanières mais il sera sûrement risqué de venir avec des produits illégaux là-bas », dit-il. Il a en revanche noté que certains produits, avec une teneur bien plus haute en fluor que ceux qu’utilisent les équipes, étaient en vente aux Etats-Unis et pourraient donc être achetés sur place.
« Je crois qu’il faut que la FIS soit claire à ce sujet, conclut Snesrud. Certaines équipes ne se posent pas les mêmes questions que nous et comptent amener leurs produits de fartage habituels. Même si un avion spécial a été affrété, nous ne sommes pas à l’abri des contrôles. »


  • Northug : reconversion

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Petter Northug à Trondheim/rode Sandbech/Red Bull Content Pool

Engagé sur quelques courses de fond dernièrement, Petter Northug Jr. n’a pas particulièrement brillé. En revanche, il continue de faire parler de lui. Il a ainsi lancé sa marque de lunettes dont plusieurs athlètes se servent en coupe du monde à l’instar de son ancien rival suédois, Calle Halfvarsson. Il a aussi mis en vente des gants et moufles. « En automne, nous allons lancer une collection textile, révèle-t-il dans les colonnes de Dagbladet. Je suis sûr qu’elle aura un aussi bon accueil que les précédents produits. »
En attendant, il s’est rendu à l’événement Sport1 organisé dans la ville de Førde où 50 jeunes chanceux ont pu s’entraîner avec l’ancien champion. « C’est incroyable de voir autant de monde un samedi soir, se réjouit le Norvégien. Bon, ils auraient peut-être mieux fait d’être sur les pistes de skis car, pour devenir professionnel, il faut beaucoup s’entraîner… Mais c’était un réel plaisir. Beaucoup ne m’ont sûrement jamais vu courir car ils étaient trop jeunes et pourtant, leurs parents ont dû leur raconter et ils étaient enthousiastes de me voir. » L’organisateur a d’ailleurs confié qu’ils auraient pu facilement avoir le double de participants mais ils avaient choisi de limiter les places.

Northug s’est ensuite envoler en République Tchèque, pour les courses de Jizerska ce week-end. « Ensuite, ce sera l’Engadine en Suisse en mars mais je ne serai pas au départ de la Birkenbeinerennet cette année, confie le fondeur. J’aurais aimé y aller mais ça ne sera pas possible. Je dois me contenter des autres courses. Au moins, ça me permet de rester en compétition mais aussi de faire connaître ma marque, c’est important. »

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Petter Northug à Trondheim/rode Sandbech/Red Bull Content Pool

Dès l’hiver prochain, l’express de Mosvik devra jongler entre sa marque et son travail de commentateur pour TV2. « Je vais passer beaucoup de temps à Oslo alors je vais mettre ma maison de Trondheim en vente, j’espère qu’il y aura des gens intéressés, plaisante-t-il. Pour ce qui est du ski, j’aime toujours ça mais je crois que le temps où je me battais pour la victoire est révolu. Je le fais pour m’amuser maintenant. »

 

 

Photo : Nordic Focus

 

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