Vu de Norge #270 : Klæbo à l’hôpital   

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

  • Klæbo à l’hôpital

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Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) –  THIBAUT/NordicFocus.

Östersund ne lui a pas souri : Johannes Høsflot Klæbo n’a pas ramené un seul podium du week-end suédois. Sa main, blessée, le fait souffrir. La FIS lui a donc donné une dérogation pour qu’il se rende dès dimanche à Trondheim en voiture pour faire des examens à l’hôpital. Il aura ensuite le droit de revenir pour le sprint d’Åre aujourd’hui, toujours en voiture alors que les athlètes sont censés se déplacer uniquement en train.

 

 

Mais il n’y a pas que sa main qui démoralise le fondeur norvégien. « On aurait dû emmener quelqu’un d’autre que moi, dit-il au micro de la NRK après le 15 km classique. Je suis le dernier des Norvégiens. J’ai même eu du mal à skier avec le Kazakh aujourd’hui. »

Klæbo a donc abandonné tout espoir de remporter le Ski Tour mais aussi d’aller chercher Bolshunov au général. « Désormais, j’attends la saison prochaine », conclut le jeune fondeur, défaitiste.

 


  • Le Ski Tour « écolo » : une façade ?

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Alexander Bolshunov (RUS) –  THIBAUT/NordicFocus.

Dès le départ, le Ski Tour norvégien et suédois proclamait qu’il serait plus « écolo » que les autres épreuves du calendrier. Ainsi, les athlètes doivent se déplacer en train plutôt qu’en voiture. Mais ces nouvelles règles ne seraient-elles pas qu’une façade médiatique ? La semaine dernière, Vu de Norge revenait sur les difficultés du calendrier FIS à proposer de réelles solutions au réchauffement climatique. Si les grandes instances mondiales et norvégiennes souhaitaient changer les calendriers pour éviter des déplacements en avion inutiles, d’autres acteurs de la coupe du monde sont sceptiques.

« Il faut prendre des initiatives comme celles du Ski Tour mais si ce sont les seules que la FIS peut offrir, alors il faut se poser des questions », dit ainsi Christoffer Ringnes Klyve, leader du groupe écologique « Framtiden ». Andreas Selliaas, rédacteur pour idrettspolitikk.no est plus vindicatif : « si la FIS pense vraiment que ces mesure améliorent l’environnement, alors ils sont naïfs, sinon, c’est juste un gros coup de bluff et seulement une façade médiatique, explique-t-il. On ne peut pas parcourir la moitié de la planète en avion et penser que prendre le train trois fois va sauver la planète. »

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Adrien Backscheider (FRA) –  THIBAUT/NordicFocus.

Pierre Mignerey, directeur du fond à la FIS, réagit au micro de la NRK : « non, le Ski Tour ne suffit pas à prétendre que notre calendrier est plus « vert ». Mais il ne s’agit pas seulement d’une façade médiatique. C’est la première étape sur une vision à plus long terme. »

A Östersund, pourtant, certains athlètes sont toujours sceptiques. « Le concept est un peu faussement écolo, confie Adrien Backscheider à Nordic Magazine. Quand on voit les transformateurs pour charger les motos électriques devant les gros camions de fartage des Suédois… On prend le train, certes mais à côté, tout l’équipement voyage avec les camions. »

De gros efforts sont encore à réaliser pour les sports d’hiver au niveau mondial. D’autant plus qu’ils sont parmi les plus touchés par le réchauffement climatique.

 

 


  • Les Danois amoureux

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Tiril Eckhoff (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Le biathlon a gagné de tous nouveaux fans dernièrement : les Danois. Il y a peu de représentants du Danemark dans la discipline et pourtant, un journaliste danois confie au quotidien Dagbladet que le sport est de plus en plus populaire là-bas. La raison ? Deux athlètes norvégiennes : Tiril Eckhoff et Ingrid Landmark Tandrevold. « Peut-être que c’est parce qu’ils veulent soutenir des Scandinaves, mais les Danois soutiennent les Norvégiens, c’est certain, confie ainsi Lars Fink. Tandrevold et Eckhoff les touchent particulièrement parce qu’elles ont créé un podcast. Je crois que leur côté naturel, souriant, proche des gens, plaît aux supporters Danois, surtout aux femmes. »

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Ingrid Landmark Tandrevold (NOR) – Modica/NordicFocus.

Une nouvelle qui fait plaisir aux deux intéressées. « C’est super cool de savoir que notre sport se développe au Danemark ! réagit Ingrid Landmark Tandrevold. Peut-être que plus tard, ils auront de très bons biathlètes même s’il vaut mieux pour nous que ça n’arrive pas, je préfère qu’ils nous encouragent nous plutôt », rit-elle. Tiril Eckhoff, elle, est ravie de savoir que les Danois sont aussi friands de sa personnalité et pas seulement de ses résultats.

 


  • Johannes Thingnes Bø veut du temps chez lui

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Johannes Thingnes Boe (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

Devenu papa, Johannes Thingnes Bø a fait un retour gagnant en coupe du monde. Aux championnats de biathlon d’Antholz, il a déjà une médaille d’or en relais mixte. Mais il n’est pas entièrement comblé. En fait, le Norvégien réfléchit déjà à son plan d’entraînement pour les années à venir pour passer plus de temps chez lui auprès de sa famille.

« L’arrivée de mon fils, ça a donné un tout nouveau sens à ma vie, raconte-t-il dans les colonnes de Dagbladet. C’est génial mais c’est vrai qu’on n’avait pas tout planifié. Et je dois admettre que pour l’instant, je suis plus motivé par être chez moi que par le biathlon. »

Le biathlète a donc déjà prévu d’emmener sa famille avec lui sur les compétitions le plus souvent possible à l’avenir pour ne pas qu’ils lui manquent trop. « Je pense que la grosse différence se fera l’été : je ne veux pas voyager autant qu’en hiver, continue le cadet des Bø. Je dois fixer mes priorités et je vais donc m’entraîner à la maison pour passer du temps en famille. » Mais pas d’inquiétude, le Norvégien ne pense pas à mettre un terme plus tôt que prévu à sa carrière.

 


  • Johaug en biathlon ?

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Therese Johaug (NOR) – THIBAUT/NordicFocus.

Et si Therese Johaug changeait de sport ? Après tout, Tiril Eckhoff s’est bien essayée au ski de fond… C’est en tous cas l’idée saugrenue de sa coéquipière Heidi Weng. Elle confie ainsi au journal Dagbladet, juste avant le Ski Tour, qu’elle verrait bien Johaug prendre la 4e place du relais féminin de biathlon norvégien dont l’attribution est encore incertaine. « Je suis sûre qu’elle brillerait, comme en athlétisme, sourit Weng. Elle peut tirer rapidement, manquer toutes les cibles et après regagner le temps perdu sur les skis. »

Une idée qui ne semble même pas avoir effleurée la n°1 mondiale du fond féminin. « Le biathlon et le ski de fond sont des sports tout à fait différents, commence Johaug. D’abord, il y a la carabine à porter et puis la gestion de course est différente. Et puis, je me connais, j’irais sur l’anneau de pénalité et je ferais 7 tours au lieu de 5 car j’aurais oublié de compter », rit-elle. Elle est néanmoins très admirative de ses compatriotes biathlètes qui, d’après elle, gèrent bien mieux leur stress qu’elle ne peut le faire.

Interrogée à ce sujet, Astrid Uhrenholdt Jacobsen a une autre idée : « moi, j’enverrai bien Maiken Caspersen Falla en biathlon, affirme-t-elle. Moi, je suis trop vieille même si je sais rester calme et que ça pourrait être un avantage. »

En tous cas, les fondeuses ne sont pas encore prêtes à faire le grand saut.

 

 

Photo : Nordic Focus

 

 

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