Vu de Norge #271 : Krog blessé

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • L’amour vache entre France et Norvège

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Quentin Fillon-Maillet (FRA), Johannes Thingnes Boe (NOR), Emilien Jacquelin (FRA) – Modica/NordicFocus.

Les mondiaux de biathlon se sont terminés dimanche et les deux premières nations du classement sont, sans trop de surprises, la Norvège et la France. Et entre les deux nations, l’ambiance est souvent bon enfant, comme le montre le quotidien VG samedi dernier dans une interview des Norvégiens alors que les Français, juste à côté, posent pour des photos, juste avant de prendre le départ du relais.

« Regardez, ils ont emprunté les médailles de Marte et les ont distribuées à trois Français », plaisante Tarjei Bø. A ce moment, la Norvégienne en possède en effet 5, autant que l’équipe tricolore. Les deux équipes ont d’ailleurs célébré ces médailles ensemble puisqu’elles vivent dans le même hôtel à Antholz Anterselva. « Ces championnats, ça a été plus de l’amour que de la rivalité, affirme Johannes Thingnes Bø. Je pense que c’est parce que nos deux équipes sont très contentes des résultats obtenus. » 

Son grand frère, pour plaisanter, assure quant à lui que c’est une nouvelle tactique cherchant ensuite à saper le moral des troupes françaises lorsque les Norvégiens les ignoreront soudainement. « Non, la vérité, c’est que nous avons un grand respect mutuel et ça rend la course encore plus excitante d’avoir deux nations si fortes », conclut Tarjei Bø, plus sérieux. 

 


  • Valnes a-t-il laissé Golberg gagner ? 

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Erik Valnes (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

En demi-finale à Trondheim, il semblait qu’une place en finale tendait les bras à Erik Valnes. Mais sur la ligne droite finale, le Norvégien se relève soudainement ce qui profite à Pål Golberg qui passe ainsi en finale. Celui-ci, 2e au général du Tour derrière Bolshunov qui avait chuté, se voyait ainsi assuré de reprendre du temps à son adversaire russe.

Paal Golberg (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

Mais alors, Valnes a-t-il laissé passer son coéquipier délibérément ? « Bien sûr, je crois que ça s’est vu », assure le sprinteur au micro de la NRK après la course. Le fondeur pensait tout de même passer en finale comme Lucky Loser, ce qu’il réussira, allant ensuite chercher le podium, juste derrière Golberg. « Mais je ne l’ai pas laissé passer en finale, assure Valnes. Il était juste plus rapide cette fois. » 

Leur entraîneur, Arild Monsen, se félicite du travail d’équipe de ses hommes : « ils ont fait ce que nous avions convenu, c’était très bien, dit-il aux médias. Nous étions tous d’accord pour aider Golberg, c’est vrai. Je ne pense pas que les Russes nous en tiendront rigueur car ce n’était pas non plus un gros coup de pouce. »

Mais Vegard Ulvang, représentant du fond à la FIS, ne voit pas les choses de cette façon. La FIS a en effet instauré une règle interdisant de manipuler les résultats d’une course. Si au départ, cette règle doit empêcher la manipulation de paris sportifs, elle pourrait ici s’appliquer aux Norvégiens. « Je resterai prudent sur ce type d’action, dit Ulvang à la NRK. On peut voir ça comme une manipulation des résultats ou comme une tactique d’équipe, ce n’est pas clair. » 

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Paal Golberg (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

« Nous espérions que j’atteindrai la finale pour reprendre du temps à Bolshunov, commente quant à lui Pål Golberg dans les colonnes de Dagbladet. Nous étions d’accord pour aller vite dans notre demi pour sécuriser 4 places et donc je pensais qu’Erik passerait au repêchage. Et je crois que si les rôles avaient été inversés, j’aurais fait pour lui la même chose. » « Nous sommes une équipe après tout », conclut quant à lui Erik Valnes. 

 


  • Krog blessé

Ce week-end, Jarl Magnus Riiber a réussi l’exploit de s’adjuger le gros globe de cristal, quatre courses avant la fin de saison. Il a aussi battu le record de victoires en une saison. Mais plus loin dans le peloton, son coéquipier Magnus Krog réalisait un autre type d’exploit : il a fait la course avec un poignet cassé. 

Une saison noire pour le Norvégien qui avait manqué toute la première moitié de la saison après une chute dans les championnats nationaux. Il n’a commencé son hiver que le 10 janvier et il doit déjà y mettre un terme puisqu’il sera plâtré pendant au moins trois semaines. « J’ai vraiment été malchanceux cette saison, commente Krog, résigné. Quand j’ai pu revenir, il y a eu une longue pause car la FIS n’avait trouvé aucun organisateur pour ces week-ends. Ou bien des courses ont été annulées à cause du temps. Maintenant, je suis enfin en forme, prêt à me battre devant et soudain, ma saison s’arrête là. » 

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Magnus Krog (NOR), Lars Ivar Skaarset (NOR) – Volk/NordicFocus.

Après quelques kilomètres de course, Magnus Krog a en effet entendu un son effrayant. « J’ai su que c’était cassé et j’aurais dû m’arrêter, confie le combiné. Mais je savais que ma saison était finie alors autant terminer cette compétition au moins. » Il termine ainsi à une honorable 14e place, incapable d’utiliser son bras gauche. « Il a 32 ans, déclare son entraîneur, Ivar Stuan. C’est difficile à cet âge de choisir entre le plus de courses possibles et rester à la maison. Mais j’espère qu’il va continuer de se concentrer sur les mondiaux 2021 et les JO 2022. Je crois que ce n’est qu’une mauvaise saison et qu’il pourra revenir au meilleur niveau. » 

 


  • Holmenkollen : la piste est-elle prête ? 

Les températures sont douces cet hiver. Trop douces. Même en Scandinavie. Drammen a donc dû annuler son sprint classique en ville du 4 mars et le déplacer dans la station de ski voisine où le circuit mondial du ski de fond disputera un sprint en style libre. 

La même semaine, le week-end, se tiendront les fameux 30km et 50km classique à Holmenkollen, dans la capitale norvégienne. LE grand événement populaire du fond norvégien. Mais le stade d’Oslo est-il prêt à accueillir la coupe du monde ? Car il n’y a pas eu beaucoup de chutes de neige dans le sud du pays. « Il y aura du fond et du saut, nous avons stocké assez de neige, assurent les organisateurs aux médias. Pour le moment, la piste fait seulement 5km de long, nous espérons pouvoir l’agrandir mais c’est encore trop tôt pour le dire. » 

Heureusement, la météo annonce des baisses de température dans la semaine et quelques chutes de neige avant le Holmenkollen Ski Festival. De quoi rassurer le fond, le combiné et le saut où débutera le Raw Air, la Tournée norvégienne. 

 

 


  • Northug remporte son pari

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Therese Johaug (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

Qui aurait parié sur une victoire à Åre de Therese Johaug ? La Norvégienne n’avait jamais remporté de sprint dans sa carrière. Pourtant, avant la compétition, Petter Northug Jr. a parié 10 000 couronnes norvégiennes (soit 100 euros) sur son ancienne coéquipière. Bien lui en a pris : cet investissement lui a rapporté 8 fois sa mise.

« Sérieusement ? » s’étonne en souriant Johaug, informée par les médias. Ravie de cette confiance en elle, la Norvégienne était aussi tout sourire en remportant pour la première fois ce genre d’épreuve. Pourtant, les autres fondeurs n’étaient pas tous unanimes sur l’intérêt de ce type de compétition pour la discipline ou de sa place dans le calendrier du sprint. 

 

 


  • Plastifier les sols : la mode norvégienne

« Les gens qui font le ménage doivent penser que nous sommes comme Dexter », plaisante Tiril Eckhoff au micro de TV2. La télévision norvégienne révèle en effet que lorsqu’elles voyagent, les équipes norvégiennes plastifient les moquettes ou tapis pour éviter les microbes. « En fait, l’air est très sec dans les chambres et cela crée donc plus de poussières qui peuvent nous rendre malades, explique Eckhoff. Plastifier le sol nous permet d’éviter cela. Nous l’enlevons toujours avant de partir pour ne pas donner plus de travail au personnel mais c’est vrai que ça doit être bizarre quand ils viennent faire le ménage pendant que nous sommes là. » 

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Ingrid Landmark Tandrevold (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

Pour autant, aucun hôtel accueillant les équipes ne s’est jamais plaint. « Jusqu’ici en tous cas, sourit Ingrid Landmark Tandrevold. Et puis, nous avons souvent les mêmes hôtels d’une année sur l’autre alors ils doivent être habitués à nos lubies. »

Pour les biathlètes norvégiens, cela a toujours été une habitude. Les autres équipes, elles, n’en sont pas arrivées là. « Ça a dû être très étrange pour Patrick Oberhofer et Siegfried Mazet quand ils sont arrivés », conclut Tandrevold. 

 

 


  • Eckhoff et Tandrevold : « nous ne sommes pas des lapins »

En biathlon, à chaque fin de course féminine, les photographes demandent aux lauréates du jour de sauter pour immortaliser leur joie. Une demande qui n’est pas faite aux garçons et qui semble énerver certaines biathlètes. « Je ne vois pas trop l’intérêt, réagit Ingrid Landmark Tandrevold au micro de la NRK. Je sais qu’ils le font aussi en ski de fond mais clairement, on a juste l’air d’une bande de lapins. » Elle est rejointe par son amie Tiril Eckhoff : « je ne sais pas pourquoi ils nous font faire ça, c’est stupide franchement, dit la Norvégienne. On ne fait pas du saut d’obstacles, nos pieds sont bien ancrés dans la neige. » 

Les garçons de l’équipe, eux, sont bien heureux qu’on ne leur demande pas d’imiter leurs coéquipières. « Je suis content que cette tendance n’ait pas atteint les compétitions masculines, se félicite Tarjei Bø. Je sais que Martin Fourcade le fait, c’est suffisant. Très franchement, je ne sais pas comment elles font pour sauter après une course, avec les jambes fatiguées. » 

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Johannes Thingnes Boe (NOR), Martin Fourcade (FRA), Dominik Landertinger (AUT) – Manzoni/NordicFocus. 

Mais alors pourquoi les hommes en sont-ils exempts ? Pour Tiril Eckhoff, à qui le féminisme tient à cœur, ce n’est pour une fois peut-être pas une question de sexisme. « Ce n’est pas plus féminin qu’autre chose de sauter », analyse-t-elle. Pour Marte Olsbu Røiseland, l’explication est peut-être que les photographes veulent de la vie dans leurs photos. « Et puis, une fois la ligne d’arrivée passée, je suis trop fatiguée pour faire autre chose que ce qu’on me demande », explique-t-elle. 

En signe de protestation, l’équipe féminine norvégienne a donc décidé de rester les pieds plantés dans le sol après leur victoire sur le relais. 

 

 

Photo : Nordic Focus

1 Commentaire

  1. M. J

    05/03/2020 à 23 h 20 min

    bientôt on pourra voir la marque des slips de l’equipe de norvege biathlon tellement les combinaisons sont transparentes . Tres sexi !

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