Vu de Norge #277 : les athlètes s’engagent

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Jacobsen s’engage…

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Astrid Uhrenholdt Jacobsen (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Si beaucoup de fondeurs profitent de ces vacances forcées et du confinement, Astrid Uhrenholdt Jacobsen, elle, a décidé de se rendre utile. « J’ai proposé de prendre quelques gardes à l’hôpital, révèle la fondeuse dans les colonnes du quotidien VG. Je n’ai rien de plus important à faire. »
La Norvégienne a ainsi pu avoir un aperçu de l’engagement de tous les personnels du domaine médical face à cette crise sanitaire. « Je suis vraiment impressionnée par le travail de tout le monde, raconte-t-elle. Des personnes qui lavent les locaux à ceux qui font les lits, les repas… Tout le monde est vraiment investi face au virus. On ne se rend souvent pas compte de tous ceux que ça implique pour la moindre petite tâche. »
Jacobsen ne sait pas encore si elle continuera sa carrière au plus haut niveau ou si elle privilégiera, pour de bon, ses études de médecine. « Il y a plus que le ski de fond dans la vie, conclut-elle. Et je crois que cette pandémie nous le rappelle. »


  • …tout comme Lundby

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Maren Lundby (NOR) –  Tumashov /NordicFocus.

Mais Jacobsen n’est pas la seule à s’engager dans la lutte contre le virus. Maren Lundby avait déjà offert ses services sur ses réseaux sociaux, proposant d’aider ses concitoyens à faire leurs courses. « Je m’attendais à être contactée mais je n’ai eu aucune demande », révèle la sauteuse à ski dans les colonnes de Dagbladet. Ses journées se résument donc à son entraînement, des visioconférences avec son entraîneur ainsi que du temps devant la TV, à rattraper ses séries en retard.
« Mais je me suis mise sur une application, révèle-t-elle. Ça s’appelle Goodify et ça permet de savoir qui aider et comment dans cette situation. » Lundby espère ainsi pouvoir aider ses compatriotes habitant près de chez elle en faisant des courses ou en allant à la pharmacie. « Je suis habituée à éviter de tomber malade, comme tous les athlètes mais désormais, j’ai aussi peur de propager les maladies et c’est ce qu’il faut absolument éviter », conclut la Norvégienne.

 


  • Klæbo et Johaug racontent leur confinement

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Instagram Johannes Hoesflot Klæbo

Comme les athlètes français, les Norvégiens sont en confinement même si les règles sont moins strictes dans le grand nord. Johannes Høsflot Klæbo et Therese Johaug ont raconté leur confinement aux médias norvégiens.
« La vie quotidienne est devenue différente, raconte Klæbo dans une interview pour TV2. J’ai beaucoup de chance, j’ai pu m’entraîner un peu dehors. En fait, je ne fais que m’entraîner, me préparer et réfléchir au bilan de cet hiver et à ce que je dois faire pour la saison prochaine. J’ai hâte de remettre un dossard sur une ligne de départ mais je suis conscient d’une chose : le ski, ce n’est que du divertissement, c’est tout petit face à ce qui se passe. »
Le jeune fondeur de 23 ans tient en effet à donner le bon exemple, à rappeler qu’il faut tous être unis face au virus et respecter les règles de confinement. « La situation est difficile, inconnue mais le monde entier la vit, dit-il. Tout le monde doit faire de son mieux pour les autres. C’est en étant uni qu’on réussira à s’en sortir. Je crois que cet esprit d’équipe est fort en Norvège et je crois que cette crise ne fera que le renforcer. C’est important. »

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Instagram Therese Johaug

Therese Johaug, interviewée par Dagbladet, tient un discours similaire à son coéquipier. « J’ai vu que certains s’entraînaient dans des lieux publics, sans protection ou mesure barrière, révèle Johaug. Je crois que les gens devraient plus écouter les mesures gouvernementales et se confiner. C’est vraiment important qu’un maximum de monde se sente concerné si l’on veut stopper cette pandémie. Il s’agit de faire ce qui est le mieux pour le bien de tous et pas pour le bien de chacun, de façon égoïste. C’est difficile pour tout le monde, rappelle-t-elle. Mais à la fin, c’est la meilleure solution. »

La fondeuse envoie un message d’espoir par le biais des médias, assurant qu’il y aura un lendemain et qu’il faut juste tenir plus longtemps pour qu’il soit beau et meilleur qu’en temps de pandémie.
Concernant son entraînement, la Norvégienne ne s’inquiète pas. « Oui, je ferai moins de séjours en altitude mais ce n’est pas le plus important, déclare-t-elle. Je peux aussi très bien m’entraîner à la maison. Ce n’est pas optimal mais qui s’en préoccupe avec la situation actuelle ? » Johaug conclut en rappelant une nouvelle fois que, dans cette situation, les sports de haut niveau ne sont pas la principale préoccupation.


  • Forfang à la TV chinoise

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Johann Andre Forfang (NOR) –  Tumashov/NordicFocus.

Durant une semaine, une équipe de télévision chinoise a suivi le sauteur à ski Johann Andre Forfang pour un documentaire diffusé fin mars. « En fait, ils m’ont contacté il y a un an, explique le Norvégien. Mais c’était une adresse mail chinoise alors j’ai cru que c’était un spam et je n’ai pas donné suite. Mais j’ai reçu deux, trois mails alors j’ai cherché à savoir ce qu’ils voulaient et j’ai donc signé un accord avec la CCTV. »
Une équipe de tournage a donc suivi Forfang lors des championnats nationaux à Midtstubakken avant l’hiver puis chez lui, à Tromsø.

Résultat : un documentaire de 25 minutes qui aurait été vu par plus de 400 millions de Chinois et qui fait partie d’une série nommée « Winter Sports Roadmap ». Le but de cette série est de créer l’engouement de la population chinoise pour les Jeux olympiques d’hiver 2022 qui se dérouleront à Pékin.

« Je suis heureux de participer à un projet si cool, réagit Forfang. Quant à ma possible popularité là-bas, nous verrons bien s’ils se souviennent de moi… Mais j’attends surtout de pouvoir participer aux prochains JO. »


  • Un nouveau travail pour Northug

A Pâques, la plupart des Norvégiens (comme les Français) mangent du chocolat. Mais Petter Northug Jr. n’est pas la plupart des Norvégiens. L’enfant terrible du ski de fond a donc décidé de s’adonner à d’autres activités en ce week-end pascal. Il a ainsi posé pour un sculpteur norvégien : Tore Bjørn Skjølsvik. « J’ai de la chance, rit Northug au micro de TV2. Contrairement aux autres habitants d’Oslo, je peux utiliser mes skis en ce week-end de Pâques ! »

Le fondeur retraité pose en effet pour sa statue avec sa tenue de skieur. Le but de Skjølsvik ? « Je veux pouvoir montrer le moment de la victoire d’un athlète, explique-t-il. Et Petter est l’un de nos plus grands héros sportifs. C’est logique de lui demander d’être mon modèle. »
Le sculpteur norvégien a déjà réalisé les statues du fondeur Oddvar Brå, de la coureuse Ingrid Kristiansen et des footballeurs John Arne Riise et Ole Gunnar Solskjær. « C’est un peu devenu ma spécialité de sculpter des athlètes, sourit Skjølsvik. J’adore le défi de rendre l’essence des sportifs, le mouvement. »
Northug, lui, est ravi de cette opportunité. « Je trouve ça extrêmement cool, dit-il. Oui, j’étais un athlète controversé mais je crois que c’est le seul moyen qu’on se souvienne de toi. Beaucoup ont eu des carrières fabuleuses mais sont tombés dans l’oubli. Et l’inverse est vrai : si je n’avais été que l’objet de controverses, sans résultat, on ne s’en souviendrait pas non plus. »

Le sculpteur est d’accord : « Petter, c’est le spectacle, c’est l’opposition au pouvoir et l’indépendance », conclut Skjølsvik.
Et si vous vous ennuyez vous aussi, vous pouvez participer au challenge Northug ! L’objectif : monter les lunettes de sa marque aussi vite que possible. Record du fondeur : 6,5 secondes.

 


  • Retour sur : l’or de Bjørnalden en 2014

En 2014, avant les Jeux olympiques de Sochi, personne n’aurait parié sur Ole Einar Bjørndalen pour aller chercher un titre. Mais le roi du biathlon n’avait pas dit son dernier mot. A 40 ans, le Norvégien s’est imposé sur le sprint olympique et a ajouté une huitième médaille d’or à son palmarès. Pour la NRK, 6 ans après, il revient sur ce dernier sacre.
« Les gens me demandaient sérieusement pourquoi je n’arrêtais pas le biathlon puisque j’avais 40 ans, que je ne gagnais plus mais que j’avais déjà tout gagné, explique Bjørndalen. Mais en fait, ce que les gens ne savaient pas, c’est que je m’étais préparé exactement comme avant les Jeux de Salt Lake City en 2002 cette année-là et j’étais donc aussi bien entraîné. »

A 40 ans, le Norvégien a donc entrepris un entraînement en altitude tout aussi difficile que celui qu’il avait choisi à 27 ans. « Il a gagné parce qu’il était le mieux préparé », analyse Torgeir Bjørn, expert NRK. Après avoir quitté l’équipe nationale l’été précédant les JO, Bjørndalen a fait chemin seul pour avoir le choix de son entraînement : une décision qui l’a beaucoup aidé dans sa quête de titre olympique.
« Je savais que sur cette piste, en altitude, je devais surtout être rapide dans les deux derniers tours, raconte le biathlète. Alors oui, au premier tour, je n’ai que le 11e temps à ski. Et quand j’ai fait une faute… Je ne pensais pas pouvoir gagner avec un 9/10, pas à mon âge. Et pourtant… » La légende de la discipline n’a rien lâché et a même jeté son pied à l’arrivée, gagnant de précieux dixièmes pour s’imposer avec 1,3 seconde d’avance sur Landertinger.
« Ce que j’en retiens, c’est que je n’ai jamais abandonné, même si tous les autres auraient abandonné pour moi », conclut Bjørndalen.

 

Photo : Nordic Focus

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